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Tome premier.
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VOYAGE PITTORESQUE

réponse de l’adjudant-commandant Binot. Onécrivit à Madras, on parlementa, on entourale petit camp français de forces encore plus me-naçantes, mais rien ne put contraindre le braveofficier à se rendre sans conditions. Deux centshommes assiégés par quinze cents obtinrentencore d’être renvoyés en France sur leur pa-role de ne pas servir contre l’Angleterre pen-dant un an et un jour. Sans doute, dans cetteaffaire, s’il y eut de la part de Binot quelquemérite à se raidir contre une situation déses-pérée, ce fut, de la part du lieutenant-colonelanglais et du commissaire Cullen, un acte desage humanité de respecter les scrupules de cesbraves en leur accordant les honneurs d’unecapitulation. Leurs ordres devaient etre bienplus sévères, car l’apairauté de Londres les ré-primanda l’un et l’autre.

L’escadre de Linois était rentrée à l’Ile-de-France ; elle avait mis à terre son nouveau gou-verneur, le général Decaen. Désormais ellepouvait choisir le rôle qui lui convenait; car samission spéciale était accomplie. La guerre mari-time indiquait naturellement une croisière; l’a-miral s’y décida; il résolut d’aller inquiéter lecommerce anglais dans les parages indiens.Le 8 octobre 1803, Linois sortit donc de Port-Louis avec le Marengo, la Sémillante, la Belle-Poule et la corvette le Berceau, récemment arri-vée. En chemin, l’escadre captura quelquesvaisseaux de la Compagnie, les expédia versl’Ile-de-France , et vint attérir sur Bencoolenavant de donner dans le détroit de la Sonde.Tous les navires anglais qui se trouvaient soitdans cette rade, soit dans le petit port de Sella-bar, furent brûlés ou amarinés. Il résulLa decette expédition un dommage de douze millionspour le commerce britannique. Les propriétésdes naturels furent respectées.

De Bencoolen, Linois cingla pour Batavia oùil jeta l’ancre le 1er décembre 1803. Un mois deséjour dans cette colonie malsaine détermina desfièvres parmi tous ses équipages, et quand il re-mit à la voile, renforcé du brick hollandaisl Aventurier, ses bâlimens comptaient un grandnombre de malades. Passant le détroit de Gas-pard , il était, vers la fin de janvier 1804 , à vueet au vent de l’îlc de Pulo-Aor, à l’entrée desmers de Chine . C’était l’époque où le convoi dela Compagnie sortait de Canton en destinationpour l’Angleterre. Il comptait le surprendre ety faire une belle récolte de prises.

En effet, le 14 février au malin, on signalavingt voiles au vent. Mais trompé par les avisdes neutres, ou se faisant illusion sur la force

des navires en vue, Linois les attaqua nioll e 'ment, et, quand ils lui répondirent avec é ucanon, il s’imagina avoir affaire à des bâtirne" 8de guerre. Tout s’est réuni néanmoins à pr°^’ver que la seule escorte du convoi se composa' 1de vaisseaux de la Compagnie {country-ship s )’armés d’une simple batterie. Quoi qu’il en soihaprès un court engagement, l’amiral frança* 5quitta la partie. Pour le tenir dans ses préoccupations d’infériorité, quelques vaisseaux du conVÇ 1allèrent même jusqu’à lui donner lâchasse ; m a ' scette ironie d’assez bon goût ne se prolongépas long-temps. Le retour de cette riche flotte’que des inspirations plus hardies eussent livre 6à la France, causa en Angleterre la joie la pl uS vive; une victoire éclatante n’aurait pas eu pi" 5de retentissement. Le capitaine anglais reç utdes mains du roi lui-même la croix de l’ord* cdu Bain, et les équipages obtinrent de la Co' 11 'pagnie plusieurs millions de gratifications.

Rentré à l’Ile-de-France, Linois y prépa^' 1une nouvelle croisière, avec le Marengo, Clante et la Sémillante. L’amiral mit à la voikjalla visiter la baie Saint-Augustin dans le caU 3de Mozambique , remonta ensuite vers l’Océa»'Indien, y fit deux prises de haute valeur, poU s5 ‘jusque dans le golfe de Bengale, explora l 1 *rades de Mazulipatnam et de Consanguay >parut enfin devant les comptoirs anglais desigapatnam. Là trois gros navires se trO u

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vaient à l’ancre, dont l’un, le Centurion, étaitvaisseau de guerre ; les deux autres des Mde la Compagnie richement chargés. Souscouleurs anglaises notre escadre approcha i ,nemi, et la bataille commença parles bofd 6 ^de nos frégates. A leur tour le Centurion etbatteries de terre ouvrirent leur feu , p 1 " 5

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Marengo, sur lequel Linois avait son paventra en ligne. Au bout d’une heure de carnade, le Centurion avait coupé son câble ettait laissé dériver vers la côte ; et des deuxseaux marchands sous son escorte, l’un _ cl camariné, l’autre échoué sur la plage. Lino'*voulut pas compléter sa victoire, et les rappanglais la lui contestèrent plus tard. Le reSt < jpi■sa longue navigation dans l’Océan-Indien 0 -,peu d’épisodes saillans-: assez heureux po uf )( «ter la rencontre de forces supérieures, il & jenouvelle campagne , captura des navire 8 ^commerce, croisa vers l’entrée de la Mer-1 ,,et sur les attérages deCeylan, combattit I emodore Townbridge, jeta l’ancre au Cap; ,j«toutes les baies de la côte d’Afrique , p ui y ^,-cquant de vivres et d’agrès , il se décida aroute pour nos ports de France , coupa I