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Tome premier.
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VOYAGE PITTORESQUE

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de francs environ» ou 46 lacs de roupies), re-venu qui a été graduellement diminué depuis.

Ainsi se mutila dans une transaction honteusele bel empire d’Aureng-Zeb, dont les revenusannuels avaient atteint le chiffrede 300,000,000.Si, à cette époque, lord Clive avait voulu pous-ser ses empiétemens jusque dans le pays de Bé-narès, il l’aurait pu ; mais soit modération, soitprudence, il se contenta d’y lever huit millionsde contributions de guerre.

De ce traité data l’organisation des privilègescommerciaux de la Compagnie, privilèges quidevaient ruiner si vite le pays, et profiter si peuaux exploitans. Des monopoles furent établis surles principaux produits, sur le thé, sur le sel, surle tabac, sur le bétel, sur le coton, sur le rizmême. Comme de pareilles innovations froissaientles habitudes et les intérêts des naturels, il fallutsouvent procéder avec l’appui des baïonnettes.A ces mesures odieuses se joignit bientôt unmanque de récoltes, et la famine décima les po-pulations que la guerre avait épargnées. Desauteurs contemporains portent à cinq millionsd’ames le nombre des Hindous que tua la faimdans la seule année de 1770. « On les voyait,dit Raynal, le long des chemins, au milieu denos colonies européennes, pâles, défaits, exté-nués, déchirés par la faim ; les uns couchés parterre et attendant la mort ; les autres se traî-nant avec peine pour chercher quelques alimensautour d’eux et embrassant les pieds des Euro-péens , en les suppliant de les recevoir pouresclaves. » Le Gange fut couvert de cadavres ;les chemins en furent jonchés ! Et pourtant au-cun symptôme de révolte n’éclata parmi ces po-pulations indolentes; elles ne conçurent pas lapensée, même à la veille d’expirer de besoin,d’un pillage de magasins, d’un vol, d’un mas-sacre d’Européens, d’une insurrection générale.

Cette année de désastres porta un coup mortelà la Compagnie; elle se couvrit de dettes, et ilétait même question en 1773-d'en suspendre lespaiemens quand le Parlement vint à son secoursaprès une solennelle enquête.

Des embarras politiques compliquèrent bien-tôt ces embarras financiers. Une guerre ayantéclaté entre la France et la Grande-Bretagne, ilfallut attaquer ou se défendre dans les posses-sions de la côte de Coromandel. La France vain-cue, un nouvel ennemi se présenta : c’était Ily-der-Aly, roi de Mysore , qui tint long-temps enéchec dans le Karnatic toutes les forces anglai-ses; ensuite vint le tour des Maratt.es qui, d’unepart, menaçaient Bombay, de l’autre Madrascl Calcutta . Hydcr-AIy-Khan fut battu; les Ma-

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rat tes furent tenus en échec, tantôt par de®gociations, tantôt par des armées de CïÇW ^Vainement le cabinet de Versailles essaj' a

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depuis, à diverses reprises, de prêter mai®’à ces soulèvemens d’Hindous contre les Anspartout il fut prévenu ou déjoué. ,j ^

Un seul instant, à la mort d’Hyder-Aly » 1 ^

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présenta une occasion favorable à notresauce dans l’Inde . Ce fut quand le fils de ce

Tippoc-Saeb, Tippoo dont la haine pour I e ^anglais fut si profonde et si opiniâtre; ° ul ’ ^fut quand Tippoo se leva en armes et cria ■moi la France ! » qu’on aurait pu agir en 1 ®ment, justifier la confiance d’un loyal allié»ger Pondichéry d’un sac récent, réaliser (la presqu’île Indienne l’organisation puis*®^qu’avait méditée le génie de Dupleix. Ma ,s ^ministres de Louis XV et de Louis XVI )(llrent pas de portée dans le coup,d’œil, il® 5 ^tinrent à des demi-mesures, à de fanfar 0 ®^,,démonstrations. C'est ainsi qu’avorta lasion de Sufïren, cette mission nulle entats, et qu’on a tant et trop vantée, b®nouement de ces essais ruineux fut que I e * ^glais ne perdirent pas dans l’Inde un seul P®de terrain, un seul degré d’influence : coI* 1

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tant leurs ennemis les uns par les autres, T l P*\,iavec les Marattes, les Marattes avec le ° l .du Dekkan, ils acculèrent peu à peu le rû V 1 j.Mysore dans ses dernières positions ; le

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demander un armistice en 118^

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enlevèrent par le traité de 1792 tout le P 3 ^-l’ouest des Gattes, depuis les frontières àc ^vancor jusqu’à la rivière de Rawar; enfi®’1793, quand Tippoo, croyant à la fortune® ^néral français qui avait conquis l’ÉgyP* 6 9 i)quinze jours, voulut lui créer une diversions

sein de l’Asie , rassemblant à la hâte toute®

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forces, ies Anglais , unis aux nababs et aux 1,1

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de la presqu’île, marchèrent vers le Mys° rC ^1tral des deux côtes de Malabar et de Corom a » ell itaillèrent en pièces les troupes envoyée® "rencontre, assiégèrent. Scringapatnam, c3 f ic \$du royaume, tuèrent dans un assaut ,^,1Tippoo et ses officiers les plus dévoués, en 11 ’ 4 ' ,,0de vive force dans la ville, et y trouver en*,^tépargne royale qu’on estima à quatre -millions de francs. Ainsi finit l’un des pi® 9 jJ*maires ennemis qu’eût rencontrés dans t * (e cpuissance anglaise . Dans la distribution |»riloire conquis, le vainqueur se fit l a P 3 g® 1plus belle; il garda les districts de Bang a 0 g lede Scringapatnam, et partagea le reste eJldescendant direct de Tippoo et le niz ar ® ’allié dans celte guerre.