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VOYAGE PITTORESQUE
ne devînt une rivale dangereuse pour Luçon , etrefusa formellement. Ainsi Mindoro est restéeinculte et improductive pour tout le monde ;résultat qu’on appelle encore aujourd’hui uncalcul politique, comme si le premier et le plusbeau des calculs n’était pas de féconder le sol,ou de le laisser féconder, quand on ne se sent nila force ni le talent de le faire.
Les forets de Mindoro sont remplies de cerfs,dont la viande hachée menu forme, saiee, sé-chée et poivrée, un aliment, le lapa , que lesChinois prisent et achètent. Les rivières deMindoro charient l’or : on récolte dans l’île ducampèche, du coton , du cacao , de la cire; etcomme il y a sur les lieux trop peu de hras , cesont des Luçonnais de Batangas qui traversentle détroit pour ensemencer les terres et pourrécolter leurs produits.
Celte proximité de Mindoro en fait, pour lespirates malais , un poiut de croisière et un en-trepôt. C’est là qu’ils débarquent les prisonniersfaits dans leurs courses; là qu’ils se ravitaillentet se rallient. A ce sujet, on lit dans M. Laplaeeun touchant épisode qui, à l’intérêt dramatique,réunit quelques détails curieux sur des localitéspeu connues :
a J’ai vu à Manille, dit-il, un jeune Fran-çais , qui, par la protection spéciale de l’arche-vêque, avait obtenu la permission de faire ,dans l’intérieur de Luçon , le commerce de l’orque les naturels recueillent dans les lorrens. 11était tombé, avec sa petite fortune et le bateaudans lequel il parcourait la côte orientale, aupouvoir d’un pirate que l’espoir du pillage avaitattiré de ces côtés, et qui bientôt retourna aMindoro , avec le butin fait pendant la course.Notre malheureux compatriote, dev.nu captif,n’avait pas même conservé l’espérance de sortird’esclavage en payant sa rançon, car il avaittout perdu; mais sou courage lui fit recouvrerla liberté. Toute tentative était aussi hardie quepérilleuse, et devait même , suivant toute appa-rence , être suivie de la mort, si le succès ne lacouronnait pas. Le maître du jeune Français était sultan d’une nombreuse bande de Maures(Malais ), habitant, ainsi que leurs familles, àbord des pros qui les transportaient souventd’un point de la côte à un autre, soit pouréchapper à l’ennemi, soit pour chercher unenouvelle résidence plus agréable et une côteplus poissonneuse. Le chef lui-même habitait unegoélette prise sur les Espagnols dans unecourse précédente. C’était dans cet étroit séjourque languissaient les prisonniers, surveillésavec soin, et auxquels les rivages voisins, bas et
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inondés, ne laissaient aucun espoir de ‘ u ^ce côté. Cependant notre Français ava ' tcompagnon d’esclavage un Tagal qu’il s jdévoué et aussi jaloux que lui de retrou j(liber lé. Avec les matériaux les plus néeess® 1 ^dérobés dans le butin des pirates, ils p a, v . 1 \ e \à faire une petite boussole. Plusieurs nl0l frf >i |csulfireut à peine pour terminer un aussi etravail, et pour amasser peu à peu.quelq^^jjjlevisions économisées péniblement sur l a a)) Jquantité des vivres de la journée. Enfin»tout fut près , et pendant une nuit pluvi® ^obscure, les deux captifs enlèvent la P® 1 !^!*barcation amarrée derrière la aroëlette > *° A
de rames vers la haute mer, et se ir °, fiheureusement au jour hors de la p° r ^fileurs ennemis, mais sans eau et ayant fla plus grande partie de leurs provision 5,tenus par l’espérance, ils font route au N 1 ’se rapprocher de Luçon , dont ils a P erC ^ a l^les hautes montagnes dans le lointain- 1 ^1*une chaleur étouffante, ils ramèrent 10 ^jtjournée et la nuit suivante. Le tempsles favoriser : il était beau et calme. Au i 0 ^'côte protectrice ne devait pas être >'
Mais quel fut le désappointement des flpagnons de captivité, quand, au lever
ïeiï, ils eurent la conviction qu’un for 1 c °les avait maîtrisés et les emportait eo c °‘ jfiline direction tout-à-fait opposée à la roui js£ 5devaient suivre! Cependant, quoiq ue lfe c epar la fatigue et la soif, ils luttèrentobstacle jusqu’à la nuit ; mais alors» cde besoin , entièrement découragés, ^* (J J ^pauvres fugitifs se couchèrent dans I e ^ j jl'embarcation et abandonnèrent leur
Providence. Elle veillasur eux ! Aujou ^ plU 9 |
les montagnes de Luçon ne paraissa ,e
il est vrai, que comme des ombres loi*' , J 1 ’
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un courant les portait avec rapidité-que dans leur desespoir ils avaient t aflt ^ d^au risque même de retomber au P 0 ^^^ }maître irrité, leur causait mainteuanj^y-ela plus cruelle : l’esclavage, la mort p®^attendaient. Cependant, à mesure q 11 fe c0^ 1 ^prochaient davantage, le França* 5 ^ ( e$ c ^peu à peu une côte sur laquelle il a j u s> e pplusieurs fois avec les Malais , et d°‘ l1villages, peuplés d’insulaires chret* ^
protection des Espagnols, avaient to^ ^ij ^
que-là repoussé vigoureusement
des pirates. L esperance de sauve „ gjtif 5
bleuâtres ; mais ils aperçurent, à p £
tance, du côté opposé, une côte sur
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leur liberté ranime les forces de n° s