Band 
Tome premier.
Seite
282
JPEG-Download
 

282

VOYAGE PITTORESQUE

déchu sous le rapport physique. Us sont robus-tes , bien faits , et d assez haute taille ; plus oumoins bruns , ils ont tous, en général, des traitsréguliers, des yeux noirs expressifs. Avec unetenue meilleure et plus de propreté , ils fe-raient vraiment une assez belie race d’hommes.Leur costume est un mélange de modes euro-péennes , hindoues et chinoises. Les femmessont hien au-dessous d’eux : une peau jaune,un nez épaté, une bouche énorme et gâtéepar l’usage de la pipe , des yeux ternes, unfront déprimé , des cheveux crépus , une taillemassive et des formes fatiguées, telles sont lesmélisses de Macao . Quand partout ailleurs, auSénégal, à l’Ile-de-France , au Bengale, auxAnlilles, les femmes de couleur se sont fait uneréputation de grâce coquette et d’irrésistiblesattraits , celles de Macao sont restées de repous-santes et maussades créatures: elles n’out prisque les défauts d’une race qui a quelques qua-lités. Malgré la vie murée à laquelle ou les assu-jettit, elles trouvent l’occasion de faire preuvede mœurs fort dissolues. Quand elles parcourentles rues de Macao , le visage à demi voilé par lamantille transparente, avec leurs pantoufles demaroquin marqueté, leur chemise serrée partin pagne, elles produisent un certain effet surles nouveaux venus, grâce à ce costume piquantet contrasté. Les plus jolies parmi' ces femmes,les plus nombreuses surtout, sont celles quisont issues de Chinoises et d’Européens : on lesnomme Chinoises porlugaisécs. Les Chinois ven-dent, fort jeunes, leurs filles à des Portugais , quiles élèvent et les épousent. Ce qui provient deces alliances n’a souvent qu’une existence pré-caire et malheureuse. Les jeunes filles sont des-tinées presque toujours à un commerce libreavec les étrangers, ou d’autres fois elles se ma-rient à des Chinois. A Macao , elles jouissentd’une certaine réputation parmi les fumeursd’opium : seules, dit-on, elles savent le prépa-rer en doses convenables. Couchés sur leurs di-vans , et mollement étendus sur le dos , les fu-meurs n’ont que la peine d’aspirer la substanceparle court tuyau qu’on leur présente. A la mé-tisse le soin dérouler le grain d’opium, de l’in-troduire avec une aiguille d’argent dans l’orificede la noix , d’approcher la flamme de la matièreàrinstantconsumée, delà renouveler ainsi grainpar grain, jusqu’à ce que la dose soporative soitabsorbée. Alors, pour le voluptueux fumeur,commence l’extase de l’ame et l’engourdissementdu corps. Ce froid soporatif, qui endort les sensde l’homme, pousse en même temps les idées aucerveau, les exalte, les revêt de formes confn-

Jjjjt

ses et poétiques. L’abus de ce narcotique con ^à la langueur et à l’abrutissement ; mais tel es 1 ^charmeattachéàson usage,que lorsqu’on a o° ^une fois du calme lascif qu’il procure, de ce jjgoureux. état qui n’est ni la veille ni le soinn> eldevient impossible de renoncer à ces indefi 11 '*’blés jouissances. Le coût il’une denrée fort cl t

la perte de la santé et de la raison , rien u e P gSttcombattre ce goût passionné : c’est une i vJsomnolente dont on n’use pas impunément'^Un médecin Irançais qui habitait Macao récemment voulu faire l’expérience perso"de ce narcotique; il en avait pris la dose lap' U * ||S :ble, et voici ce qu’il racontait de ses sens» 1 ' |.« Quelques inslans après, mes esprits stèrent; la sensation de plaisir que j’éproU^* ^sembla dépendre d’une sorte d’expensim 1 P glf sraie de tout mon être physique et moral ’facultés me paraissaient immensément e :dies, et tous les objets augmentés demon imagination n agissait que sur l eS pp'extérieurs pour les transformer en imap e j,, ia i"tastiques et ravissantes. Mon extase état 1 ^memie d’un rêve éveillé. Je me hâtais d e ^ [t ,-egner ma demeure, craignant de coin

quelque extravagance. A peine sentais-J e „j(pieds toucher la terre ; je croyais glisser I e ^jldes rues, poussé par cet agent invisibl®’ ^i!me semblait que tout mon sang était tr ®**^en un fluide é.Lhéré qui le rendait plus l e ^pii*l’air. Dès que je fus rentré chez moi. j® s \$au lit, et durant toute la nuit les vis 1 ® le* 1 'plus étranges assaillirent mon cerveau- ( (û i>‘demain, pâle, abattu, souffrant, je 11vais plus qu’un violent mal de tête. » ^|ii** e

Les habitans de la Cochinchine et de Je 5consomment l’opium non pas à la ms"Turcs, en le mâchant, mais à la faconde*en le fumant; seulement la fumée Iie c e^,pas chez eux ces frénésies furieuse®^ (jtf 1soif de meurtre, cet égarement tne* 0 [et fl ! 5jettent le Sumalrien et le Javanais dan 1^avec un cris à la main; tout se bornepremiers à quelques élans convulsifs aI * qjj a ,place, à une excitation contemplati ve ‘que c’était le résultat d’une dissemblance JiflM c’e* 11 -

pérament; il faut croire plutôt qup

il*

a5 e O

• q“

rence des doses, ou tout au moin ,combinaison de ces deux motifs, b e g pD 1 *,cède , la frénésie suit ; après un a 11moins prolongé, ce dernier symp 1 ® 1116l’autre et l’absorbe. . s 0 ' 1 i,i«

, ,; ne ilX> ne

L’opium est un suc gommo-resn ^ j a ib Uj-extrait du pavot somnifère. H cr0lt a t»fisieurs contrées de l’Asie , niais s ur