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VOYAGE PITTORESQUE
se présentèrent pour recueillir la successionportugaise. Il faut croire qu’ils n’obtinrent cettefaveur qu’en reniant, à plusieurs reprises, leurscroyances chrétiennes, en repoussant toute assi-milation religieuse avec les Européens que lesempereurs japonais venaient de proscrire. Quelsque soient les gages qu’on les forçât de don-ner, ils eurent gain de cause; on les toléra, d’a-bord à Firando, puis dans l’île de Désima ; ilspartagèrent désormais avec les Chinois le mo-nopole du commerce maritime dans les ports duJapon . Leur première ambassade remonte à1611, année où ils se trouvèrent à Yedo eurivalité avec une légation espagnole, légationfastueuse et hautaine, vêtue de brocard et develours, qui, par ses prétentions, ses insolenceset son attitude, se fit chasser de la capitale japo-naise.
En 1637, nouvelle ambassade de la Hollande,à la têle de laquelle se trouvait Wagnaër. Cetenvoyé, par un concours de circonstances aumoins bizarre, n’arriva à Yedo que pour êtretémoin d’un incendie qui dévora cette ville,et consuma jusqu’au palais de l’empereur. L’am-bassadeur Imljik y passa à son tour en 1661,avec un casoar pour présent. « Garde* votreoiseau, lui dit-on, il mange plus qu’il ne vaut. »
De cette ambassade, nous arrivons à celle deKœmpfer, qui eut lieu vers 1690. Kœmpfer estun des hommes qui ont rendu à la science géo-graphique le plus de services, services inappré-ciables à une époque où l’ignorance et le fana-tisme dénaturaient toutes les notions recueilliesdans des contrées lointaines. Il a fait, sur leJapon , un ouvrage qui, incomplet sous beau-coup de rapports, est encore le document leplus détaillé, le plus exact, le plus judicieux, quenous ayons sur ce bel archipel.
La relation de son ambassade, écrite par lui-même, a toute la naïveté et tout le charme d’unlivre de notes tracées sous l’impression du mo-ment. Reçu en audience par le séougoun, voicice qu’il raconte de cette cérémonie :
« L’empereur lui-même était dans un lieu siobscur que nous aurions eu de la peine à l’aper-cevoir, si sa voix ne l’eût fait découvrir ; il par-lait néanmoins si bas qu’il semblait vouloirgarder l’incognito. Les princesses du sang etles dames de la cour étaient vis-à-vis de nous,derrière d’autres jalousies. Je m’aperçus qu’onavait mis des cornets de papier entre les cannespour élargir les ouvertures, et donner plus defacilité aux curieuses. Je comptai environ trentede ces cornets, ce qui me fit penser que lesdames étaient en même nombre.
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» Makino-fiingo, conducteur de l’ambassa 1était assis seul sur une natte élevée, danslieu découvert, à notre droite , c’est-à-dir ecôté de l’empereur. A notre gauche, dansautre compartiment, étaient assis les conseil^d’état du premier et du second ordre. Larie derrière nous était remplie des princip 8officiers de la cour et des gentilshommes d echambre impériale. Une autre galerie quiduisait au compartiment de l’empereur eoccupée par les enfans des princes, par les p 8 »de Sa Majesté, et par quelques prêtres T 11 ^cachaient le visage pour nous observer.était la disposition du théâtre où nous de'' 1jouer notre rôle. ^
» Notre premier interprète s’assit un p eU (dessus de nous , pour entendre plus facifé^jles demandes et les réponses ; et nous P 1 ^}place à sa gauche, tous à la file, aprèsêtre avancés, en nous traînant et nous P 1ternant du côté des jalousies de l'empereur-^,» Alors Bingo nous dit, de la part de cenarque, qu’il nous voyait volontiers. I- 1111 jjtprête qui nous répéta ce compliment, re p[eaussi la réponse de notre ambassadeur- ^consistait dans un très-humble remerciei» ela bonté que l’empereur avait eue de n 0 ^ gcorder la liberté du commerce. L’interp'prosternait chaque explication, et parla' 1 j$haut pour être entendu de l’empereur»tout ce qui sortait de la bouche du mo» ^passait par celle de Bingo, comme si srôles eussent été trop précieuses et trop sa 0 [frpour être reçues immédiatement par d eSciers inférieurs. aü 1
» Apres les premiers comphmens, 1 “ . c a 'suivit ce cérémonial devint une véri tamédie. , ofl
» On nous fit mille questions ridicu ^’. oildemanda l’âge, le nom, de chacun de n ^(inous fit écrire cela sur un morceau [a j‘ rqui fut passé à l’empereur par un trou jji'lousie. On fit essuyer à l’ambassadeur f 0 iiiterrogatoire politique et géographique aà moi un interrogatoire médical. , s ’é ta,t» Quand ce fut fini, le prince, 3 11 * ^cl 1 *tenu jusqu’alors assez loin de nous » svers notre droite, et s’assit derriei e ^j 0 r5 ^sies aussi près de nous que P oss *^ e ” ell t A 0 '!imagina de se donner un divertisse» 1 ^ ff èi eU
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veau ; et c’était de nous faire marcher» >■?asseoir, lever, devant lui, tour a to ^ pujon ferait pour un cheval que l’on es Jencore il nous fallut, pourcompl aJ1 ^japonaise, nous complimenter les u