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Tome premier.
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VOYAGE PITTORESQUE

actuel, Taumou-Arii, redoutant le sort des deuxrois vaincus, s’empressa de reconnaître la sou-veraineté du vainqueur de Tahi-Teri et de' Ïa-Eo.

Dès le moment où Tamea-Mea n’eut plus derivaux, il songea à se montrer digne du rôleabsolu qu’il avait ambitionné. L’aspect des na-vires européens, le frottement de notre civilisa-tion, lui avaient fait désirer d’initier ses peuplesaux bienfaits des connaissances étrangères. Peuà peu, il comprit la force des liens commerciaux,les avantages mutuels qui en résultent pour lesnations; il prit une idée assez exacte du droitnaturel qui doit présider aux échanges ; il com-prit l’utilité des transactions, il les encourageaet chercha à les multiplier. Grâce à lui, lesnaturels surent bientôt ce qu’était l’argentet ce qu’étaient les marchandises. Les aventu-riers anglais et américains paraissaient fort ja-loux d’emporter des îles Hawaii du bois de sandalqui croissait en abondance sur les montagnes;les indigènes se prêtèrent à des coupes régu-lières, enchantés d’obtenir en retour des armes,du fer et des verroteries. Leroi lui-même, cher-chant dans ces rapports un élément de puis*sance, fit des acquisitions de bâlimens et decanons; il acheta et arma des navires dont ilcomposa une petite escadre de guerre ; et 1gchose alla si vite qu’en 1804 , un inventaireportait les forces du roi d’Hawaii à vingt-unepetites goélettes, construites sur le gabaritde la Britannia ; sloops de guerre armés de pier-riers et presque tous commandés par des Euro-péens. L’arsenal contenait en outre six centsmousquets , huit canons de 4 , un de 6, ciuqde 3 , quarante pierriers et six mortiers. Pourune puissance naguère sauvage, c’était marcherà pas de géant.

Tamea-Mea ne procéda pas à cette transfor-mation avec les allures de despotisme que donnepresque toujours un pouvoir sans contrôle commele sien. Il ne força pas ses sujets à se civiliser; il lespersuada, il les entraîna par son exemple. Tous les. Européens qui le visitèrent à cette époque font leplus complet éloge de son caractère, de ses mesu-res paternelles et sages, de son règne bienfaisantet doux. Entre vingt traits de lui, Turnbull, quile visita en 1802 , en cite un qui caractérise biensa prudence et sa sévérité envers lui-même. Ta-mea-Mea , vers ce temps, s’étai't livré à l’abusdes liqueurs fortes, l’un de ces vices qui abru-tissent et commandent en maîtres. Quand ilavait bu immodérément, il n’était plus le mêmehomme : on le trouvait violent et colère, lui af-fectueux et bon d’habitude. Les deux Anglais

Young et Davis avaient eu à se plaindre

sieurs fois des résultats de cette intempéranc e >

et un jour, soit sérieusement, soit pour do a

ner une leçon au roi, ils déclarèrent que

ne pouvait pas durer ainsi et qu’ils allai eI)t

partir. « Partir ! leur dit le roi, mais pou«"

quoi donc? Que vous manque- 1 -il ici? N’a Ÿe2

vous pas tout ce que vous désirez ? N’êtes- V ° u5

pas mes amis , mes ministres , les prend 6 ' 5

après moi dans le royaume? — Sans dou te ’

répondirent les Anglais ; mais vous vous ab a)1

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plus, et nos vies sont en danger quand

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donnez à l’usage des spiritueux, et alorschangez de manières, vous ne vous comma* 1 '

êtes ivre. Nous ne voulons pas mourir d’un <

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de votre palioa. Si vous continuez à boire,

partons. ■— Eh bien! je ne boirai plus! » ^l’excellent roi. Dès-lors, en effet, il régla sa ajournalière de rhum, et ne la dépassa ja nl -,C’est à cet incident peut-être que l’archipel. tde l’avoir conservé long-temps sain d’esp'^de corps ; le rhum l’eût abruti et tué avant 1jTurnbull cite encore un autre trait ^prouve avec quel dévouement aveugle Ta" 1 ^Mea était obéi par ses sujets. C’était dai' 5 ^,premières années de son règne, quand ,,rine était pauvre et naissante. Il avait suppl* 6 ,jcapitaine de navire, mouillé dans la rade»aventurier sans doute, assez mauvais pin* 5 ® 1 j f

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de lui céder une de ses enclumes , et cd 11 ’croyant rendre impossible la réalisation

deau, lui avait dit : « Volontiers , si vous ‘jj^jtirez de l’eau. » Il la laissa tomber sur u» ^de corail par quinze brasses d’eau. Ause fâcher, Tamea-Mea songea à profiter de 1 0en exécutant ses conditions. 11 appela seS ^,jets qui tous accoururent avec leurs P** 0 ?-,^Mais comment s’y prendre? Comment ?, e ,ilOn ne devinerait jamais ce qu’ils imag‘ ,)e Jede mieux. Tour à tour, une quaranta*plongeurs descendirent au fond de l a J/et traînèrent la masse de fer vers le fi va » j 6 bchose se passait à un mille de distanc 6 ,iefl c< ;plage la plus prochaine. Eh bien! la p a "p^jjdde ces hommes en vint à bout. Sur u11 j e ui - Ginégal, avec quinze brasses d’eau sUI .j s ^-ortêtes, dans un élément non respirable* { Jrmenèrent là-bas cette enclume qu’onvrait, reparaissant de temps à autred’eau pour prendre un peu d’air et de v *^ f js'plongeant de nouveau pour accomph 1 , ^ fâ 1croyable entreprise. Quel peuple civih serésigné à cette lâche ! ■

Fort de cette influence sur ses sujet® » ^

Mea ne négligeait aucune occasion d p

DO.