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Tome premier.
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461
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AUTOUR DU MONDE.

46 !

Sf "'Uiiers de guerre fussent immoles sur les au-te k des dieux, et chaque affaire amenait au^al une foule de victimes qui devaient périr5 ° üs la massue des prêtres. Tamea-Mea abolitCcs cruautés barbares et inutiles. Quand le soleilla lune s’éclipsait, tout malheureux que le, as ard avait conduit près d'un lieu taboueCla *t saisi et assommé. Tâmea-Mea ne souffritS ces atroces sacrifices. Il créa une justiceNe et religieuse, douce , tolérante et efficace ;

, ^it en vigueur un code militaire plutôt pra-V qu’écrit ; affecta une solde à ses troupesJ’° u r limiter le pillage, autorisé jusqu’alors par* victoire ; enfin il dompta peu à peu des liom-Jj! 5s qui n’avaient jusqu’alors obéi qu’à des tra-çons sauvages et sanguinaires.

. N choses en étaient là, quand, le 8 maiTamea-Mea mourut. Dans le mois qui pré-son agonie, l’archipel entier avait l’œil fixé^lui, l’oreille tendue pour écouter s’il respi-^ encore. A chaque heure du jour, des cour-ts dépêchés de To-waï-haï se distribuaient

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toutes les directions pour aller porter auxIdéaux les plus lointains des nouvelles de cetteCle précieuse. Des quatre coins de l’ile accou-rut des prêtres, deé devins, des conjura-. IJr s de mille sortes. Rien n’eut action sur lea ‘> Tamea-Mea comprit son état dès le premieriNent : il manda son fils auprès de lui. « Rio-^ l °> lui dit-il, je te laisse un pays qui doit suffire, 10,1 ambition : tu le conserveras si tu es sage ;

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jj. (jui ni’entourent te seront fidèles a la con.

d ® perdras si tu cherches a t’agrandir. Les

que tu seras juste. Mon fils , ne te presseçNsde punir une faute commise par des étran-! soufîres-en même une seconde ; ne sévis^ a P r ès une troisième attaque. Adieu , porten 1,(15 ux a mes f emmes et ata m ùre. »j, V u and la nouvelle de cette mort se fut ré-^Ue au loin, une consternation immensele pays. Tout le monde pleurait, hom-iJet femmes , s’arrachait les cheveux, se rou->ii s ^us la poussière. Chacun voulut, pour éter-f Ce deuil, se faire sauter «ne ou deux dents,N llCr * ous ^ es an l maux domestiques de laO^ 011 ’ il y en eut qui renversèrent leurs cases.ty'N I e tatouage de la langue , usité en des cas

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les insulaires se firent tatouer le bras

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>i (y Ue grandes lettres en anglais qui disaient :it, ai ° tre grand et bon roi Tama-Mea est mort le 819. » Les fèmmes se criblèrent le corps des et de brûlures ; les hommes, en se rencon-\ 0JU ’ Se Meurtrissaient le visage l’un l’autre ,N, e . Ux t * e ne s’être pas assee défigurés et de° lr pas constaté leur deuil par des marques

extérieures plus significatives. Dans les environsde la résidence royale, à To-waï-hai, à Kaï-Roua, le peuple resta trois jours et trois nuitssur la place publique, occupé seulement à si-gnaler sa douleur, négligeant le boire et lemanger, ne dormant pas , toujours debout, etdéplorant à grands cris le malheur général. Lesenvirons fourmillaient d’insulaires, accourus deloin pour s’assurer du résultat de la catastrophe.Dans tout le reste de l’archipel, la nouvelle agitcomme une secousse électrique. Sans qu’il fûtnécessaire de régler le programme d’un deuilofficiel, on s’interdit à l’heure même tous lesjeux et tous les divertissemens ; on garda sacase, pleurant et se lamentant, ne faisant trêveaux larmes que pour se raconter quelque traitpopulafre de la vie de Tamea-Mea.

Lorsque le jour de l’inhumation fut venu, onbrûla le corps du roi, et ses os, réunis avecsoin, furent logés , pendant quelque temps ,dans le grand moraï de Kaï-Roua , puis, commede coutume, distribués entre les différens chefs.Nulle marque d’affection et de respect pour lesdépouilles des morts n’était supérieure à celle-là.

Le tombeau de Tamea-Mea n’enresta pas moinscomme le monument le plué saint, le plus taboude toutes les îles. Ce tombeau consiste en uncarré de trente pieds, entouré d’une ceinture devarech, avec les angles renforcés et formant unléger rebord. La porte est en bois, haute de quatrepieds et demi, et fermée par un cadenas. Deuxénormes bâtons en croix, placés à deux pasde l’entrée, indiquent que cet asile est tabou.

Tout en laissant le sceptre à son fils Rio-Rio,Tamea-Mea avait distrait de sa couronne lagrande-prêtrise qu’il s’était attribuée; il avaitconfié les choses du culte à Kekoua-oka-lani,son neveu , et aux autres chefs. Rio-Rio , tiré desa longue apathie , était à peine entré en fonc-tions sous le titre de Tamea-Mea II, qu’il devinaun rival et un adversaire ambitieux dans Ke-koua-oka-lani, jeune homme actif et audacieux.

Ce fut vers ce temps que notre marine militairefit sa première apparition dans ces parages. Lacorvette française l'Uranie mouilla dans la baiede To-waï-haï le 8 août 1819. M. Freycinet,qui la commandait, trouva l’île en proie à desourdes discordes. La main puissante de Tamea-Mea n’était plus là pour promener son niveausur toutes les petites rivalités de chefs, et déjàl’on marchandait à son fils, sur des cendreschaudes encore , son autorité héréditaire.L’Anglais Young, octogénaire à cette époque ,supplia le commandant Freycinet d’intervenirdans le débat et de prêcher aux chefs dissidens