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VOYAGE PITTORESQUE
Une autre disait que, vingt générations aupara-vant , le dieu Haii avait apporté dans cet archi-pel des cochons et de la volaille. Il se montravers la partie orientale de l’île, dans la baieIlata-Outoua, y creusa une source pour avoirde l’eau , et se reposa sous un arbre qu’on nom-ma haii, et qui dès-lors fut tabou. On ne saitrien de plus de ce dieu. Seulement, comme lesnaturels avaient donné au cochon le nom dePouarka, on pourrait supposer que ce Haii étaitun navigateur espagnol du seizième siècle.
Ce fut encore un dieu nommé Teo , qui leurapporta le cocotier de l’île Outoupou , il y along-temps de cela. Du reste, la conviction s’étaitaccréditée parmi les insulaires que d’autres îlesexistaient à certaine distance des leurs. Ce faitleur avait été révélé par leurs dieux. A diversesreprises, ils essayèrent d’aller à la découverteavec leurs pirogues, et le grand-père de Keata-Nouï partit un jour ainsi pour ne plus revenir.Deux qns avant Porter, un chef de tribu, Te-maha-Taïpi, craignant le sort de la guerre, avaitfait préparer plusieurs grandes doubles piro-gues , se confiant en cas de revers à cette flot-tille pour le porter lui et sa peuplade sur des îlesinconnues. Les hostilités finies, on retira lesembarcations à terre, et on les plaça sous deshangars pour en user dans une éventualité ana-logue.
Wilson, cet Anglais que Porter trouva établiàNouka-Hiva, rendit compte de ce fait que, du-rant son séjour, plus de huit cents insulairesétaient partis dans leurs pirogues pour aller à ladécouverte de terres éloignées. Pas un seul n’é-tait revenu, si ce n’est l’équipage d’une piroguequi, ne voulant pas pousser plus loin, resta quel-que temps à Hiaou, et en fut ramené par leschasseurs de phaétons.
Ces migrations étaient une manie à laquelleles tahouas (prêtres) ne semblaient pas resterétrangers. Quatre jours après le départ des pi-rogues, lancées ainsi à l’aventure , les tahouasse glissaient en cachette dans les cases de latribu décimée par l’aventureuse expédition, et làd’une voix perçante ils annonçaient à leurs com-pagnons restés sur les lieux, que les voyageursvenaient d’aborder à une île fertile en cochons,volaille, forêts d’arbres à pain, cocotiers et autresressources précieuses ; puis, montrant du doigt laterre promise, ils invitaient les autres à les allerrejoindre. Sur la foi de ces révélations, d’autrespartaient, se confiant aux flots sur de frêles bar-ques. Sans doute, dans le nombre, quelques-unes ont abordé aux îles de l’Océanie, les ontpeuplées, les ont exploitées ; mais combien de
malheureux ont péri dans ccs traversées basa®deuses ; combien de victimes de la faim, de asoif et de la tempête, ont trouvé la mort, au he udu pays de leurs rêves.
De tous les navigateui’s anciens et moderne 5 »le capitaine Waldegrave est le seul qui n’ah p 1 'loué l’extérieur et le physique des insulaires, h® 5autres s’accordent à les placer au premier i’ ar,ndans la race polynésienne , les femmes surtout»dont Krusenstern lui-même, auteur peu enth 0 "^siaste, fait le plus gracieux portrait. Dissolue 5 .coquettes, elles ont les qualités de ces deux 1fauts : la grâce, le soin de leurs personnes,ont, suivant cet auteur , le visage plutôt r 0 * 1qu’ovale, les yeux grands et expressifs, les d f ’’magnifiques, les cheveux naturellement bouch’ 5 /enfin le teint plus clair que dans les autres ar®pels polynésiens (Pl. LXII — 1). Il faut ajoU te ^que leur taille est sans harmonie, et que le 1 ' 1pieds manquent de grâce.
Suivant Porter , qui a eu le temps et l’oc c ‘ asion de les observer , les hommes sont braV® 5 ’généreux, probes , affables , fins , spirituel 5 ^intelligens. La crainte que le capitaine amène ^
c&’
inspirait à ces peuplades était sans doute p 1quelque chose dans ces beaux dehors ; ^
l’anthropophagie implique toujours des a PPtits sanguinaires que la frayeur modifiait ale r *_mais qui devaient prendre leur revanche à 1°casion. La passion du vol, indélébile che z gOcéaniens, n’était aussi que-comprimée.gure des naturels ne manque ni d’expre 55 'ni de régularité; la variété de leurs corn 11 f}leurs tatouages si divers, leurs vêtemens et l e ^ ejoyaux leur donnent un aspect curieux et étr aau premier abord (Pl. LXI — 4): cost l,,1, ] , jpour la guerre , avec leurs hausse-cols, I e !' „bandeaux, leurs casques de plumes; o»_ rparés pour la danse et maniant leur éventaipyriforme avec l’adresse d’une Espagnole»^,ont toujours un caractère plus naïf, pl' 15 \ v j,vage , plus primitif que les habitans dem 1 'Usés d’Hawaii (Pl. LX1II — 2). | 9 .
Ces naturels sont sujets à une foule dedies, les affections du poumon et du foie»dropisie, qu’ils attribuent à des fruits taD ^outre mesure ; aux rhumatismes, et à une 5de lèpre qui rend les membres difforme 5,éruptions cutanées, les abcès, les ophta ,sont des infirmités communes dans l’areL’ophtalmie est regardée par eux comme jsultat d’un sortilège. C’est un ennemiprocuré un peu dè votre salive, l’a en
dans un paquet de feuilles, et entourée d’unetaine façon. Si vous ne parvenez pas à trou