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Tome premier.
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VOYAGE PITTORESQUE

qu’ils avaient dû être beaucoup plus nombreux.Rien ne peut donner l’idée de ces effigies, pro-duit de la plus étrange statuaire. C’étaient desyeux en ellipse , placés en travers de la tète , unnez sans front, un cou très-court, des oreillesénormes, des chçveux raides et droits, desépaules à peine indiquées, et au-dessus de cebuste, un appendice en pierre, sorte de coif-fure égyptienne, du goût le plus singulier,couronne ou chapeau , ornement ou fardeaueu équilibre (Pl. LXIY — lj. Tel était l’en-semble curieux de ces monumens. Les statuesavaient de dix à quinze pieds, quelquefois vingtpieds de long. Souvent le bonnet, formé d’uncylindre en pierre de quatre à cinq pieds dediamètre, faisait à lui seul le tiers de la statue.Quand les Anglais s’approchaient d’une espèced’estrade qui entourait ces effigies, les naturelssemblaient en éprouver quelque peine; ils leurfaisaient signe de s’éloigner. Le nom général deces monumens dédicatoires était Anga-Tabou,et plusieurs d’entre eux avaient des noms par-ticuliers, Tomo-Aï, Tomo Eri , Houhou, Mara~Heina, Oama-riva-TVinapou, sans doute les nomsdes chefs en l’honneur desquels ils avaient étéélevés. Aucun de ces monumens n’était de datemoderne, la décadence de l’ile ayant interditsans doute ces travaux gigantesques aux habi-tans actuels. De simples mausolées en pierreblanchis à la chaux suppléaient à ces érectionsinouumentales.

Dans le long Séjour des Anglais aucune sortede culte et de religion ne fut remarquée, cequi contredit l’observation de Roggeween.

Les seules armes des insulaires étaient descasse-têtes longs ou courts, sculptés à l’un desbouts, et quelques lances garnies à la pointe d’unmorceau de lave.

Du reste le Taïtien qui accompagnait Cook,le sauvage Hidi-Hidi, résuma, dans un mot pro-fond et vrai, l’impression que laissait Waïhou :« Taala maïtaï, Wenotia ino, » dit-il : « les hom-mes bons, la terre mauvaise. » C’est la stérilitéen effet qui avait dû frapper cette île de dé-chéance, car les statues du rivage, et une mai-son que trouva Forster, en pierres larges et par-faitement assemblées, accusaient une civilisationantérieure perdue pour les habilans actuels.

A son tour, lé 9 avril 1786, Lapérouse mouillacomme Cook sur la côte occidentale de Waïhou,et y séjourna vingt-quatre heures. Cette fois ony trouva des femmes en grand nombre, et deshommes si complaisaus à les offrir, que c’étaitune honte. En revanche, il fallut bien vis-à-viscl*un peuple si accommodant tolérer quelques

larcins audacieux. On ne punit que le plus i®'pudent de tous par un coup de fusil charge &plomb.

Les naturalistes de l’expédition complétèrentet éclairèrent dans cette reconnaissance les tra-vaux de leurs devanciers. Le chiffre de la p 0 'pulation fut évalué à 2,000 âmes. Ou constataque les demeures souterraines vues par Cookétaient des habitations, et non des tombeaux»on visita près du mouillage une case de troj scent dix pieds de long (Pl. LX1II — 3), niai'son commune de tout un village; on mesura»on décrivit les statues déjà décrites et mesurées»et un parapet en pierre de trois cent quatr e ‘vingts pieds de long sur trois cent vingt d elarge; on établit définitivement le fait d’une cl ‘vilisalion antérieure, difficile à reporter à ® adate, mais évidente et incontestable. Une obser'vation que nul n’avait faite avant Lapérouse »c’était l’existence d’un cratère d’ancien volcan»dont la forme était celle d’un cône tronqué, etdont la base supérieure avait près de deux mill eSde circonférence. La base inférieure, forroa Jltle fond du cratère et présentant une surfa cemarécageuse, était abaissée à une profondeurhuit cents pieds : du côté de la mer le crat* 1 ' 6était ébréché jusqu’au tiers de sa hauteur. k avallée qui s’étend au pied du volcan, belle etfertile, étaitcouverte de plantations debanani ef1 ’et de mûriers à papier. Sur le bord du cratèr 6était une statue a demi dévorée par le temps-

L’île Waïhou, selon Cook et Lapérouse » aenviron trente-six milles de circuit. Elle est* emée de montagnes qui s’aperçoivent de doU* eà quinze lieues de distance. Les côtes sont sûr**’mais sans ancrage abrité. Cook et LaperoU s ®mouillèrent tous les deux dans une raderaine, ouverte à tous les vents du nord etsud eu passant par l’ouest.

Cette première époque, où l’attitude des b 8 ^ 1tans de Waïhou vis-à-vis des Européensbienveillante et amie, semble cesser après C° 0 ^et Lapérouse. Kotzebue u’eut pas à se l° ud’eux, et ce changement de manières lui p a ^provenir des avanies et des violences qu® P 1 ^sieurs navires aventuriers s’étaient permise®leur égard. Il obtint même quelques détad s a ^_sujet d’une aventure de ce genre provoqué® Ple Nancy de New-London. Ce schooner aVal ’en 1805, trouvé sur YïXeMas àFutro des bannombreuses d’une espèce de phoque, dontfourrures se vendaient de bons prix surmarchés de la Chine ; il voulut utiliser ce ^découverte, et résolut d‘y établir des pêcheu ^Ne pouvant y rester lui-même à cause