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AU TOU Pi DU MONDE.
{Pliait alors, on tenait même deux baleines pare harpon, et les canots chargés de leurs équi-pes suivaient et fatiguaient les animaux cap-htrés. On ne soupçonnait aucun péril, quand,Ver s le milieu du jour, un de ces cétacés, d’une*rille monstrueuse, accourut furibond contre le^vire , comme s’il eût eu à tirer vengeance de^ u i, et heurta violemment l’arrière qui en futProfondément ébranlé. Le brick résista pour-vut; mais une heure s’était passée à peine, quemême animal revint à la charge : donnant del °utes ses forces contre le flanc du bâtiment, ilcreva, et y fit un trou si grand qu’à l’instantriême la cale commença à s’emplir. On arma lestr °is chaloupes, on les pourvut de vivres et^'nstrumens , et les vingt hommes de l’équipages y embarquèrent à la merci du vent et de larier. Dans les premiers jours, l’une des barques,c Wgée de sept hommes, se sépara des autres,on n’en entendit plus parler. Les deux qui res-ki,
ent,
apres
trois semaines d’une navigation
^oifile, mêlée de grains et de calmes , abordè-re, U sur file que vous voyez, sur l’île Elisabeth,0,1 les naufragés ne trouvèrent tjue quelques*uf s d’oiseaux. N’ayant pas de quoi vivre surCet écueil, les barques reprirent le large, lais-Sar » dans l’ile Elisabeth trois hommes qui de-mandèrent à y rester. La situation fut aussi hor-rible pour les uns que pour les autres. Les nau-fragés des chaloupes restèrent bientôt sans vi-bres ; deux hommes moururent d’épuisement,e t les autres mangèrent leurs cadavres. QuandOn eut vaincu une première répugnance et queU faim parla de nouveau , il fut question de sa-crifier quelques individus au salut commun,lotira au sort; il fVappa ie mousse du capi-ta *ne, qui fut tué et dévoré comme un mouton.
sacrifice aléatoire ne se renouvela plus,lîla is un homme mourut et fut mangé. Enfin,a P r es ces hideuses scènes de cannibalisme, les^ eil X canots, séparés l’un de l’autre
°nheur d’être sauvés chacun de - -
hissa à bord des spectres plutôt que des°thmes. Quant aux naufragés restés sur l’ilej 'Sabeth, un vaisseau fut envoyé plus tard poures recueillir. Ils avaient passé trois mois sur cer °cher, vivant des oiseaux qu’ils pouvaientRendre et de quelques tortues de passage. Leabri qu’ils eussent trouvé était des grottesils découvrirent huit squelettes humains. Ces■^heureux racontèrent que leur plus grandepSoisse avait été la privation d’eau douce. Il fal-souvent patienter et tromper la soif pendant^ ou six jours, pour attendre que le ciel1 envoyé quelques gouttes dans le creux des
eurent leson côté.
T. I.
rochers, leur coupe naturelle. Le navire qui lessauva était le Surrey, capitaine Montgommery .Pauvre Pollard! ajouta Pendleton, il n’est guèrefavorisél Voici qu’il vient de perdre un autrenavire sur un écueil des îles Hawaii .
» Pour revenir à l’ile Elisabeth, vous voyezqu’elle a dû être bien explorée par ces pauvresnaufragés. L’ile a un mille de large sur cinq delong ; sa côte, comme vous pouvez le distinguer,est une falaise escarpée de cinquante pieds dehaut et minée par la mer. Le ressac la rendpresque inabordable. L’île est un calcaire ma-dréporique, comme le banc sur lequel elle estassise. C’est une action volcanique qui a dû lacréer. Jusqu’à cent brasses du rivage, on trouvele fond à vingt-cinq brasses ; puis le plomb neporte plus même à une profondeur de deuxcents brasses.
» Voyez-vous ce vêtement de verdure quicouvre l’île comme un tapis ? continua le capi-taine. C’est un fourré assez bas, mais si épais,si impénétrable, qu’il est fort difficile de gravirjusqu’au sommet de ces collines. Cependantl’arbre le plus haut de cette végétation est lepandanus ; le reste se compose d’arbrisseaux,de buissons , de fougères et de plantes rampan-tes. Aucun ne porte des fruits bons à manger. »
Pendant que Pendleton parlait, t O ce anicavait gagné du chemin, et nous étions alors parle travers de l’île où les compagnons de GeorgesPollard avaient tant souffert. La nuit vint et ladéroba ; mais , le jour suivant, une autre terreallait paraître, car dans cet archipel les îles sechevauchent. Quand l’une a fui, une autre sedémasque.
Cette île était Pitcairn , qui a fait récemmentquelque bruit en Europe , petite colonie mixte,paternellement gouvernée par un Anglais nom-mé Smith ou John Adams. Pendleton devaitbeaucoup à cet homme : dans un précédentvoyage, il avait reçu de lui un tel accueil et detels présens en cochons et volailles, qu’il désiraitlui offrir un retour pour cette touchante hos-pitalité. A peine fûmes-nous en panne devantl’île, que la baleinière fuit amenée; Pendletonlui-même s’y embarqua, me faisant signe de lesuivre.
Pitcairn n’avait pas cet aspect morne et dé-solé des deux îlots que nous venions de voir.C’était un petit bijou, une Eden couvert d’unevégétation fraîche et vigoureuse. Plus nousavancions, plus nous découvrions de paysagesvariés, d’effets pittoresques de terrains, debeautés naturelles et saisissantes; mais, au mi-lieu de ce pays si vivant, nulle ame ne se fai-
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