VOYAGE PITTORESQUE
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nombreuse. Une liaison intime semble avoirexisté entre la princesse et le capitaine anglais ,qui délaissa cette Didon après cinq semaines deséjour. Le navigateur nomma l’ile Georges III ,et obtint même de la reine, s'il faut en croire lagravure de sa relation , la cession formelle deTaïti à S. M. Britannique.
L’île était possession anglaise en 1767. En1768, quand Bougainville y passa, elle devintpossession française, puis possession espagnole cinq ans plus tard, grâce à l’Espagnol Boue-chea. Ainsi on se ballottait une puérile et no-minale suzeraineté.
Le vrai roi de Taïti à cette époque, c’était unenfant sous le nom duquel on régnait. Monar-chique, ou à peu près, le gouvernement dupays avait cela de singulier que, dès qu’unfils naissait au roi, ses fonctions changeaientde nature : il n’était plus que régent. Le roi,ou plutôt, selon le terme indigène, Yolou, c’é-tait l’enfant. Quand Wallis passa, Oararao occu-pait la régence pour son fils Temare ; la reine-mère était la princesse Oberea , ou plutôt Pou-ria , la délaissée du capitaine anglais , toute-puissante par la naissance et par la richesse.Quoique femme du régent, cette princesse vi-vait maritalement avec le grand-prêtre de Taïti ,un nommé Tou-Païa, originaire de Raïatea.Deux divisions de l’ile étaient gouvernées pardeux frères, Toutalia et Hapaï, et le vieuxWahi-Adoua administrait la presqu’île de Taïa-Rabou.
Les rangs étaient distribués ainsi au momentoù Bougainville vint mouiller devant le district
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de Hidia, en avril 1768. A part quelques larcins etle meurtre d’un naturel, suite d’un malentendu,rien ne troubla le séjour d’une semaine quenotre navigateur fit sur ce point. Il eut quelquesrapports avec Reti, chef du district de Ilidia,et son récit fait foi qu’il reçut la visite de l’undes triumvirs de l’ile, Toutaha, qui poussa leculte de l’hospitalité jusqu’à lui offrir une deses femmes fort jeune et fort jolie. Toutaha etles hommes de sa famille étaient presque tousdes colosses de six pieds au moins.
C’est à Bougainville que l’on dut le premiertableau de Taïti , tableau frais et enchanteur quifit du bruit en Europe , et qui prépara la curio-sité publique aux merveilleux récits de Cook etde ses compagnons. Les grâces des Taïtiennes,leurs molles complaisances, leur beauté origi-nale, firent bruit en France et en Angleterre.On se prit d’engouement pour les peuples océa-niens, pour" leur hospitalité si commode et sientière, pour leurs vêlemens, pour leurs armes,
pour leurs mœurs. Par une inspiration tant soitpeu anacréontique, Bougainville voulait appelerl’îl e Nouvelle Cylhère; mais il détrôna, sans s’eudouter alors, ce nom de fantaisie, en apportanten France le nom indigène de Taïti , qui a pre -valu depuis pour tout le groupe.
Bougainville avait amené avec lui un Taïtien» ,Outourou, frère du chef Reti. Outourou passaonze mois à Paris , fêté, choyé, promené commeune chose curieuse. Le sauvage se ploya très*bien à notre civilisation : seulement il ne p utjamais parler notre langue. En 1770, le navirele B ris s on le transporta à l’ile-de-F rance, d’oUil devait regagner son île ; mais ayant fait écheH eà Madagascar avec l’infortuné Marion, il y mou'rut de la petite-vérole.
Après le départ de Bougainville , une révolu'tion politique eut lieu à Taïti . L’un des trium*virs, l’ambitieux Toutaha, s’étant ligué avecWahi-Adoua, gouverneur de Taia-Rabou, cher*cha à déposséder de la régence Oammo et I aprincesse Pouria, en portant la couronne dumineur actuel Temare sur la tête d’un autre eU‘fant, Otou. Malgré les sages avis du grand-prêtreToupaïa, l’amant de la reine, on ne fit rien po u ’prévenir le complot, et les conjurés marchèreO 1 'sur Papara, enlevèrent du moraï de ce distri ctles insignes du roi et du grand - prêtre, et l eStransportèrent dans celui d’Ata-Hourou, où s’a c *complirent dès-lors, au moins pour un tenip 5 'les cérémonies solennelles et les sacrifices h u 'mains. Bientôt la puissance nouvelle se conS°‘lida , se fortifia de tous les déserteurs du p aftllégitime. La révolution était consommée. O l ° ürégnait à Pari, son domaine héréditaire , s° u *la tutelle et la régence de Toutaha, quand Co°vint mouiller à Matavaï en 1769, pour obserV elle passage de Vénus sur le disque du soleil.
A peine mouillé, Cook ouvrit des relati 0 * 15avec le rivage. Il visita et fraya le régent T 0 ^taha et Toubouraï-Tamaïdi, chef du district t*Matavaï. Il vit Reti, l’ami de Bougainville echef de Hidia; Teari, fils du vieux Wahi-Ad° u ^chef de Taïa-Rabou. Il se présenta aussi chez ^princesse Oberea ou Pouria, alors déchueeffacée. Cependant un jour elle lui prése 11son fils comme l’héritier présomptif de la c0Ü ^ronne, et Oammo comme régent. La seule psonne qu’il ne put voir, ce fut le roi en excrct ce ’le mineur Otou.
Cook ne rencontra chez les naturels que bi e j^veillauce et dévouement. Quelques vols eUl tlieu , rares, peu importans, mais rudeO 1châtiés. L’ile , du reste, était sûre pour lesplorateurs. Cook la parcourut. Il visita le U 101 '