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Tome premier.
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VOYAGE PITTORESQUE

Ua des chefs les plus remarquables de cetteîle était, vers ce temps, le nommé Potatou,que déjà Cook avait connu dans un précédentvoyage. A une taille gigantesque, à une consti-tution d’athlète, Potatou unissait une grâce sin-gulière de traits , une noblesse de maintien, unedouceur de manières surprenante. Il était siprodigieusement construit qu’une de ses cuisseségalait en grosseur le corps du plus fort matelot.Sa femme, Pola-Tehera, ne lui cédait en riensous ce rapport. Sa taille allait presque à sixpieds. Devenue, lors du premier voyage, lasœur de Cook ( Touahine no Tcuti), elle étaitfort jalouse des droits que lui donnait ce titre,et un jour que la sentinelle anglaise voulut luiinterdire l’accès de la chambre du capitaine, ellela colleta sans façon, la jeta par terre et arrivajusqu’à son frère adoptif à qui elle porta sesplaintes.

Cette année-là, Cookfitencore diverses échellesdans l’archipel ; il vit son ami Ori à Wahine, oùle capitaine anglais Furneaux prit à son bordl’insulaire Mai, dont on a dit l’histoire; puis ilpassa à Raïatea, où il connut Oreo, roi de cettepartie de l’île, envoya des officiers àTaliaa, d’oùils ramenèrent un autre naturel qui demandait àsuivre les Anglais , le nommé Hidi-IIidi (OEdi-dée), natif de Bora-Bora et proche parent dePouni.

L’année suivante, au mois d’avril, Cook étaitde nouveau au mouillage de Matavaï, où il trouvaune flottille considérable, destinée à agir contreEïmeo, sous les ordres de Towha, chef deTelaha.11 s’agissait d’établir de vive force dans la royautéde cette île, Motou-Aro, beau-frère du roi Otou ,contre les prétentions rivales de son oncle Ma-liiue, alors investi.

Rien n’était plus curieux que cette flotte. Lesbâtimens de guerre consistaient en grosses dou-bles pirogues de 40, 50 et 60 pieds de longueur,montées chacune par quarante hommes, guer-riers ou rameurs, et en autres doubles piroguesplus petites, au nombre de 170, faisant l’officede transports et montées par huit hommes, termemoyen (Pl. LXX ■—- 1). D’après ce calcul, ces330 bâtimens devaient porter 7,760 hommes.Encore faut-il remarquer que ces embarcationsne semblaient point armées au complet : d’ailleursla flotte n’était armée que par deux districts deTaïti , et Taïarabou n’avait pas fourni de con-tingent. Celte donnée peut servir de base à uncalcul de la population de Taïti à cette époque.

Le vêtement des guerriers était bigarré; ilconsistait en trois grandes pièces d’étofle, trouéesau milieu et se superposant l’une à l’autre. Celle

de dessus, la plus large, était blanche, la se-conde rouge, celle de dessous, la plus courte»brune. Les boucliers et les cuirasses étaient enosier couvert de plumes et de dents de requin.Quelques casques avaient jusqu’à cinq pieds dehauteur. C’était de longs cylindres d’osier, gar-nis par devant d’une sorte de visicre demi-cir-culaire de quatre pieds de large, revêtus deplumes brillantes, vertes et bleues, avec une bor-dure d’autres plumes blanches et de franges enforme de rayons, formées par de longues plumesrouges de la queue d’oiseaux du tropique. Lesprincipaux chefs de la flotte se distinguaient parde longues queues rondes en plumes vertes etjaunes, qui pendaient sur leur dos et rappelaient'à l’instant les pachas turcs. L’amiral Towha enavait cinq, à l’extrémité desquelles flottaientdes cordons de bourre de coco, entremêlés doplumes rouges. Il ne portait point de casque»mais un turban qui lui allait fort bien. C’étaitun homme de soixante ans, grand, vigoureux»d’une physionomie noble et prévenante. Cookne vit point partir cette flotte, et ce fut plus tardque l’on apprit le résultat de cette entreprise*La première attaque fut heureuse ; Motou-A 1 ’ 0fut installé roi ; mais Mahine étant revenu à lacharge, demeura maître derechef, et oblige®le roi de Taïti à un armement et à une descendnouvelle. Celle-là ne fut pas aussi énergiqucnieU 1conduite. L’attitude de Mahine en imposa à l’ a "mirai Towha, qui entra en pourparlers au h etlde combattre, et conclut une transaction. Cd tetransaction, d’abord désapprouvée et criliq uC<Jvivement, fut enfin admise par le roi Otou, etMahine resta possesseur d’Eïmeo.

Mais avant que cette affaire eût suivi scs pb®”ses diverses , Cook accomplit son second et tro*'sième voyage, sans aucun incident bien décisifDésormais, lié avec tous ces chefs, presque ch etaïlien lui-même, il fut visité par eux comme 1,11ami ou comme un supérieur. A Matavaï, d ' ltlleti qui demandait toujours des nouvelles 0son cher Pouta-Veri (Bougainville); Nihoui® 1 ’sœur du roi Otou, qui venait d’épouser s0> *cousin Te-ari-deri; à Wahine, il visita le vi cl1 ^roi Ori ; le roi Oreo à Raïatea, où il lai* sa ,jeune Ilidi-Hidi, ce passager des Anglais , a * ,ble, bon, spirituel, gai, les aimant et aild’eux,

Le troisième voyage de Cook n’eut lieu fi 111777. Il parut avec deux vaisseaux devantpresqu’île de Taïarabou , où régnait encorejeune Walii-Adoua, frère de Walii-Adouapuis il vint à Matavaï, où ou le reçut connue ^vieil habitué , quitta cette rade vers la fi 11