OCEANIE. —
pourvue de bons mouillages, elle a été peu visi-tée depuis Cook. Eoa relevait jadis de l’autoritédu touï-tonga; mais depuis que cette puissances’est éteinte, elle obéit à un chef particulier. Lesommet de l’île gît par 21° 25’ de lat. S. et 175»de long. E. A quelques milles au S. O. estun îlot nommé Katao.
Tonga-Tabou , la métropole de l’archipel, estune terre fertile, peu élevée, mais couverte d’uneriche végétation. C’est encore Tasman qui en futle découvreur : il la nomma Amsterdam . Tonga-Tabou a dix-huit milles de l’E. à l’O. sur douzemilles de largeur. Fortement échancrée vers lenord parun vaste lagon, elle affecte laforme d’uncroissant irrégulier. Toute la bande septentrio-nale est, en outre, accompagnée d’un immenserécif, couvert d’îlots verdoyans. Les plus re-marquables sont Atata, Pangaï-Modou, Oneata,Nougou-Nougou, Fafaa, Malinoa, Onevaï, No-gou et Taou. A l’intérieur de ces brisans sontdes ancrages assez sûrs ; mais l’entrée en est dif-ficile et très-dangereuse. Yis-à-vis la passe del’est, et, détachée tout-à-fait de Tonga-Tabou, estune petite île basse nommée Eoa-Tchi, d’unmille ou deux de longueur.
L’eau douce est rare sur cette île toute plate,mais en creusant à une certaine profondeur, onen trouve de potable. La flore du pays est riche ;elle a déjà quelques rapports avec la flore mélané-sienne , et comprend des especes absentes de laPolynésie orientale.
Les principales divisions de l’île étaient jadis:Hifo à l’ouest, Moua au centre, Hagui à l’est, etLego, nom collectif pour tout le sud, partie in-culte et moins habitée. Depuis l’expulsion dutouï-tonga, ces divisions anciennes sont effa-cées. Chaque district a son chef, et ces chefss’entendent entre eux de manière à vivre dansde bonnes relations. La population de l’îlea été diversement estimée. L’Anglais Singletonl’évaluait à 20,000 âmes ; le capitaine d’Urvilleà 15,000; le capitaine Waldegrave à 12,000.Les missionnaires comptaient 4,000 naturelsdans le seul district de Hifo. Ce qui est positif,c’est que Tonga-Tabou peut mettre cinq milleguerriers en campagne. Le mouillage de Pan-gaï-Modou est situé par 21° 8’ de lat. S. et 177»33’ de long. O.
A vingt-cinq milles au nord de Tonga-Tabousont les deux écueils Hounga-Tonga et Hounga-Hapaï, distans l’un de l’autre de deux milles,espèces de phares qui signalent la grande île,aires de vautours inabordables et hautes, héris-sées de broussailles à leur sommet. Comme lesîles volcaniques de Kao et de Tofoua , ces ro-
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ILES TONGA.* 41
chers servent de reconnaissances utiles pourla navigation de ces parages. L’îlot du sud gîtpar 20° 36’ de lat. S. et 177° 44’ de long. O.
Nous voici au groupe Hapaï, long de soixantemilles du N. N. E. au S. S.O., sur une largeur devingt-cinq à trente milles. Ce groupe se composed’îles basses liées entre elles par une chaîne noninterrompue de récifs. Cette foule d’îles recon-naissait autrefois l’autorité du touï-tonga ; cha-cune d’elles a aujourd’hui son roi particulier,avec un gouvernement distinct de celui de lamétropole. Le christianisme y est, dit-on, flo-rissant et en progrès. Ces îles, toutes fécondes etboisées, sont plus ou moins populeuses. On dis-tingue parmi elles :
Lefouga, la principale du groupe, capitale duroyaume de Finau I er , île de six milles du N. N. E.au S. S. O. sur trois milles de large. Position :19° 50’ lat. S., 176° 49’ long. O.
Namouka, découverte en 1643 par Tasman,qui la nomma île Rotterdam . On a vu combienelle était riche en sites ravissans. Elle a dix oudouze milles de circuit. Lat. S. 20° 15’, long. O.177» 19’.
Ensuite viennent Foa, Wiha, Haano, Ninivaet Foutouna, petites îles basses boisées d’uneétendue variable de 4 à 7 milles de circuit. Lereste se compose d’ilots sans importance.
La population du groupe Hapaï ne sauraits’évaluer d’une manière précise ; mais, d’après letableau de l’armée avec laquelle Finau 1er s’em-barqua pour soumettre Tonga-Tabou, on peutla porter à dix mille âmes. Dans ce nombre, tou-tefois, il faut comprendre les localités qui sui-vent :
Tofoua, découverte en 1774 par Cook, qui larevit en 1777 , puis retrouvée par Maurelle en1781, qui la nomma San-Cristoval, enfin par La-pérouse, Bligh et Edwards. C’est une île haute,boisée, peuplée, et couronnée par un volcanactif. L’île fournissait jadis à tout l’archipel lesbasaltes et les obsidiennes que les insulaires aigui-saient en instrumens tranchans. Tofoua était une iterre sacrée, résidence des dieux de la mer.Aussi les naturels pensaient-ils que les requinsrespectaient les individus qui se baignaient surces côtes. Mariner, qui a visité le volcan de l’ile,lui donne trente pieds de diamètre. Ses érup-tions, plus ou moins fréquentes, ont lieu tantôttrois fois par semaine, tantôt deux fois par mois.L’ascension du pic est fort difficile à cause despierres cinéfiées qui en couvrent les flancs.
C’est à Tofoua que Bligh vint aborder' avecson canot, quand la révolte l’eut chassé de sonnavire. Au lieu de lui fournir des vivres, les
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