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[Tome second.]
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OCEANIE.ILES TONGA .

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mens de pyrotechnie. Cette scène se passait aubord de la mer, sous des arbres , devant quatreou cinq mille spectateurs. Quand la nuit vint,des torches placées de distance en distancesuppléèrent au jour et protégèrent la fête.

Ce fut pourtant au milieu de ces témoignageséclatans daffection que se trama un complothorrible , complot que le hasard fit avorter, etque nous naurions jamais connu si Mariner n enavait eu plus tard la révélation. Finau et les chefsdHapaï devaient, sil faut en croire le narrateur,assassiner, dans ce bou-mei ( danse de nuit) , lecapitaine Cook et les officiers présens , puissurprendre les navires. Aucun des chefs netrouvait lacte ni inopportun ni barbare ; maisles uns pensaient que la nuit était plus fa-vorable pour le complot; les autres, et Finau àleur tête, quil valait mieux agir en plein jour.Cette scission fit manquer le guet-apens. Le baleut lieu, mais aucune catastrophe ne le suivit.

Cependant lheure approchait le rusé Fi-nau allait être dépouillé de sa souverainetédemprunt. Il courut la chance dun premieréchec dans lapparition du chef Latou-Liboulou,que Cook avait pris dans le voyage précédentpour le roi de ces lies. Comme chef religieux,Latou-Liboulou était supérieur à Finau; mais aulieu daffronter la difficulté, ce dernier léluda ;quand Latou reparut à bord, plus idiot, pluslourd que jamais, il feignit de ne pas le voir, etlimbécile egui nv prit point garde.

Mais le véritable touï-tonga, le chef de cesîles, allait paraître en personne. Cétait PoulahoFata-Faï. Prévenu de son arrivée prochaine, Fi-nau voulut éviter la première rencontre ; il par-tit pour Yavao, et, comme Cook parlait dallerreconnaître cette île, le chef len détourna enlassurant quil ny existait aucun mouillage.Tout cela nétait chez lui que calcul et rouerie.

Cependant Poulaho arriva aux îles Hapaïquand Cook se trouvait en rade de Houa-Leva.On lannonça à bord pour le souverain positifet suprême de Tonga . Cook, incrédule dabord,nen accueillit pas moins bien le nouveau pré-tendant. Cétait un homme de petite taille,dune corpulence extrême, âgé de quarante ansenviron. Il avait les cheveux lisses, la physio-nomie heureuse, lair intelligent, grave et posé(Pc. 1U 2). Il monta lestement à bord, exa-mina le vaisseau avec attention, adressa a Cookdes questions fort judicieuses 1 , et insista poursavoir quels motifs lavaient amené sur ces îles.Après quelques politesses échangées sur le pont,Cook invita le roi à descendre dans la chambre ;mais alors les naturels de lescorte intervinrent ;

ils déclarèrent que leur roi était sacré, tabou,et quon ne pouvait pas marcher sur sa tête. Onaplanit la difficulté; on défendit aux matelotsdaller vers larrière. Poulaho dailleurs fut plusaccommodant que sa cour ; il descendit malgrélétiquette, dîna avec Cook, mangea et but avecréserve, et insista pour quon vît bien en lui lesouverain réel de Tonga . En effet, il fut bientôtimpossible de sy méprendre. A terre personnene parlait devant Poulaho ; quand un courtisanentrait ou sortait de sa demeure, il plaçait sa têtesous le pied du monarque : aucun ne paraissaitexempt de cette marque de déférence.

La chose fut bien mieux confirmée une se-maine après, quand Cook fut revenu sur Na-mouka, le roi le suivit dans sa pirogue.se trouvait alors Finau, lorgueilleux Finau, leprétendu roi, le conspirateur dHapaï, fort em-barrassé de la manière dont il pourrait arrangeret faire excuser ses petits mensonges. Poulahosétant rencontré avec lui à bord des vaisseauxanglais , il parut confus et décontenancé, puisaprès quelques mots chuchotés à loreille deson souverain, il parut plus rassuré et plus calme.Cependant, dès ce jour même, sa déchéancefut constatée ; il ne put sasseoir à la table ducapitaine avec Poulaho, et quand il partit, ilfut obligé de se résigner au moë-moë vis-à-vis dutouï-tonga. Cétait Poulaho qui était vraimentle chef de ces îles. Du reste, les erreurs étaientfaeiles du temps de Cook, à une époque lor-ganisation politique et sociale de la contrée of-frait des obscurités et des contradictions sansnombre. La question même na été bien réelle-ment éclaircie que par le travail récent du capi-taine dUrville, qui a résumé toutes les obser-vations antérieures en les éclairant par ses ob-servations personnelles.

A la tête de la société tonga se trouvait placéde temps immémorial le touï-tonga, dont le nommême ( louï , seigneur) classait et constatait lerang. Ce touï-tonga avait un caractère saint et re-ligieux dont linfluence rayonnait dans larchipelet hors de larehipel, par exemple aux îles Niou-ha, et dans les groupes Hamoa et Viti. Quoiqueson autorité temporelle fût moins absolue, tout sefaisait en son nom, et nul egui, si puissantquil fût, neût pu se soustraire à lhommagedu moë-moë. De grands honneurs, de grandsprivilèges se rattachaient à la personne de cepontife ; il était exempt du tatouage et de la cir-concision ; quand on parlait de lui, il fallait userdune langue spéciale ; on avait un cérémonialparticulier pour son mariage, ses funérailles etson deuil. Enfin, dans une fête solennelle nom-