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[Tome second.]
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OCEANIE.-ILES TONGA.

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soumise a mon pouvoir. Le roi dAngleterre nemérite pas la puissance quil possède. Maître detant de grands vaisseaux, pourquoi souffre-t-ilque de petites îles comme Tonga insultent con-tinuellement ses sujets par des actes de trahison ?Si jétais à sa place, enverrais-je dun ton pai-sible demander des cochons et des ignames ?Non; jarriverais avec le front de la bataille etavec le tonnerre de Bololane (Grande-Bretagne) ;je leur apprendrais qui mérite d etre le maître.Les hommes dun esprit entreprenant devraientseuls posséder des canons ; ceux- devraientgouverner le monde, et ceux qui se laissent in-sulter sans en tirer vengeance sont faits pourêtre leurs vassaux. »

Investi du pouvoir, le jeune Finau ne dé-mentit point ses débuts. Il renvoya les guerriersdans leurs domaines, et donna une impulsionnouvelle à lagriculture et aux métiers utiles. Illit rétablir la citadelle de Felle-Toa, pour ras-surer le pays contre les agressions des îles voi-sines, et se défendit contre toutes les visites desnaturels de Hapaï et de Tonga-Tabou. A peineautorisa-t-il une seule fois, dans lannée, le chefde Hapaï, Toubo-Toa, à venir, à loccasion dungrand natchi, accomplir ses devoirs religieux surla tombe du dernier hou. Encore se prépara-t-ilà cet incident de manière à déjouer toutes lessurprises. Il poussa les précautions jusquà re-noncer au tribut annuel que voulait lui payerToubo-Toa, comme au successeur de Finau I er .D'abord il navait pu se refuser à ce qu'unepirogue, une seule, celle de Tonga-Mana,membre de la famille Touï-Tonga, vînt, unefois lan, porter au souverain-pontife loffrandedue à loccasion du natchi ; mais le touï-tongaétant venu à mourir, il profita de cette cir-constance pour abolir celte dignité, et détruireainsi tout prétexte de communication entre lesdeux groupes. Lautorité religieuse avait si peudimportance politique quun simple argumentsuffit pour motiver ce coup-détat. « Puisqueles habitans de Tonga vivent sans touï-tonga,les habitans de Vavao peuvent aussi sen pas-ser. » Ainsi tomba le pontife , et avec lui la cé-rémonie du natchi.

Cette dernière mesure valut à Vavao unepaix profonde. Pendant quon escarmoucliaitsur les autres groupes, on ne songeait dansles États de Finau quà des améliorations paci-fiques. Cette phase de calme et de bonheur du-rait encore, quand Mariner trouva un capitaineeuropéen disposé à le recueillir à bord. Il pritcongé, les larmes aux yeux, de Finau et de tousses bons amis de lîle, et sembarqua sur unT. II.

pêcheur de perles, le Favorite , de Port-Jackson ,capitaine Fisk. Finau, qui avait voulu accompa-gner lAnglais à bord, émerveillé et séduit, de-manda à être du voyage ; mais voulant éviter desmécomptes au jeune roi, le capitaine se refusa àlemmener. Ou alla seulement cingler entreHaano et Lefouga pour recueillir les derniershommes du Port-au-Prince .

Au départ de Mariner, cest-à-dire en 1810,sarrête lhistoire précise et authentique de cetarchipel. Il paraît seulement quaprès des lutteslongues et sanglantes, la guerre civile cessa parsuite de la lassitude de tous les partis. Tonga-Tabou fut alors divisée entre divers chefs , quirestèrent indépendans en respectant leurs droitsréciproques. Ilata se maintint chef de Hifo ;Tarkaï, chef de Bea, laissa, à sa mort, ce districtà son frère Tahofa, brave et rusé comme lui; lepère de Palou, dont le nom est ignoré, sins-talla dans le district de Moua, domaine des an-ciens Fata-Faïs, en ne laissant aux successeursde cette ancienne famille, Vea-Tchi et la Ta-maha, que de simples droits honorifiques. DansNioukou-Lafa végéta le successeur de lancienneet puissante famille des Toubos. Enfin le touï-tonga lui-même, que Finau avait dépossédé en-fant encore, ce dieu chassé de son Olympe,renversé de son piédestal, Lafili-Tonga, exilé àVavao, vécut désormais inconnu, presque ou-blié, et réduit à un petit domaine patrimonial.Quant à Finau II, il mourut peu de temps aprèsle départ de Mariner, sans quon ait pu savoirencore quel a été son successeur.

Dans cette période dannées, peu de navirestouchèrent sur cet archipel. Trois désastresaccomplis et une foule de tentatives à grandpeine déjouées avaient fait regarder cette terrecomme fatale pour les arméniens européens . Ilslévitaient ou ne labordaient quen tremblant.Enfin, en 182.2, des missionnaires se montrè-rent plus hardis. Le zèle évangélique donnalexemple dune intrépide initiative à la timiditécommerciale. La société de Wesley se décida àenvoyer une mission dans cet archipel. MM. Wal-ter Lawry, sa femme, et deux artisans, Tilly etTyndall , arrivèrent à Tonga-Taboulé 16 août,sur le San-Michaël. Accueillis favorablement parle chef Palou, ils sétablirent à Moua, et purenty construire une habitation agréable et saine surles bords de la mer (Pl. IX 4). A peine ins-tallés, ils soccupèrent daméliorations agricoleset denseignemens religieux. Mais un séjour dequatorze mois navait guère avancé la doublebesogne, quand la santé de madame Lawry exi-gea un changement de climat. Le missionnaire

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