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[Tome second.]
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VOYAGE PITTORESQUE AUTOUR DU MONDE.

page de cette frêle embarcation et son patrondebout sur barrière. On se bêla, on fit connais-sance. Le chef vitien nétait rien moins que leneveu du puissant Orivo, cliefdTmbao, le mêmeToumboua-Nalcoro que le capitaine dUrvillerecueillit à son bord et qui fut pendant quel-ques jours le passager de ïAstrolabe. Toumboua-

mÊlÈÈÊSm

Nakoro fut pour nous ce quil avait été pourM. dUrville, un homme beaucoup plus dis-tingué quaucun de sa race. Pendant Une heureenviron quil passa à bord, il garda un maintiendécent, une graviiénoble et naturelle ; ses ma-nières, ses discours ne donnaient pas un dé-menti à sa physionomie intelligente. Cet air af-fable , ces formes daristocrate vitien , sem-blaient se relever encore par la pauvreté ducostume ; Toumboua-Nakoro navait quune vestede matelot assez râpée, et un maro qui lui lais-sait nu presque tout le corps (Pl. XI4 ).

Toumboua-Nakoro, monté à bord de lOcéa-nie , sy aboucha avec le capitaine. Il dit quilvenait de percevoir à Mouala les tributs dus àson oncle Orivo, et quen ce moment il se ren-dait à Nhao. Questionné au sujet de cette île etdes autres terres de larchipel, il donna quel-ques renseignemens assez confus, parla de sonséjour antérieur sur un navire dont le pavillonétait blanc (VAstrolabe sans doute); se montrafort empressé enfin à satisfaire à nos moindresdemandes. Dès la première ouverture de Pend-leton, il se chargea avec joie des deux pilotesvitiens pris à Laguemba ; cétaient dailleurs deshommes de sa tribu et quil connaissait fort bien.Lun deuX surtout tenait à une famille distin-guée , et son absence de sa patrie, pendant unplus long temps, exposerait ses femmes à êtreimmolées au bout dun certain délai. Une fois àImbao, if serait facile de les faire passer surLaguemba, ou tout au moins davertir leur fa-mille quils navaient point péri, et quils allaient

revenir. A la suite de cet entretien, les deuxpassagers descendirent dans la pirogue, avecToumboua-Nakoro, qui continua sa route en-chanté de quelques présens quil avait reçus.

Au moment cet épisode finit, lOceanic setrouvait à une petite distance de Mouala. Cetteîle, vue de loin, nous parut une terre fécondeet riante, dont les grèves étalaient une vertebordure de cocotiers. Un large brisant qui larevêt dans sa partie occidentale devait sansdoute offrir quelque bon mouillage , si toutefoisil existe des passes entre ses coraux.

La brise ayant fraîchi au S. E., nous ne pû-mes pas pousser plus loin cette reconnaissanceà la voile. Le sloop vit dabord se perdre auxbords de lhorizon les pitons de Totoua et deMotogou ; puis Mouala disparut à son tour ausoleil couchant; mais le lendemain une autreterre se présentait de nouveau devant nos bos-soirs. Cétait Kandabon, île beaucoup plus con-sidérable que les précédentes, mais si mon-tueuse et si accidentée, quil paraît impossibleque sa population soit bien considérable. Versla pointe S. O. se dressait un piton majestueuxaux flancs abruptes, à la cime émoussée. Cecône, haut de 600 toises environ, était couvertde végétation jusquau sommet; et çà et, ausein des ravines ouvertes, paraissaient de char-mantes vallées tapissées de cocotiers, de bana-niers et dautres arbres à fruits (Pl. XII2).

De Kandabon, nous tirâmes sur Yatou-Lele ,en évitant les récifs qui avoisinent cette île, etdont la découverte toute récente appartient aucapitaine dUrville. LOceanic longea la côte occi-dentale de cette terre à deux milles de distance.Yatou-Lele semblait de fertile et populeuse;des milliers dinsulaires étaient accourus sur laplage ; ils gambadaient à laspect du sloop etsuivaient ses évolutions avec une infatigable cu-riosité.

Enfin, après ce long tâtonnement dans lar-chipel vitien, le 4 juin au point du jour, nousnous trouvions à moins de deux lieues de lagrande île de Yiti-Levou. Depuis Hawaii , nulleterre aussi importante navait arrêté mes re-gards. Encore Yiti-Levou, avec ses terrassesétagées depuis la grève jusquà ses pitons inté-rieurs, Viti-Levou, verdoyante, belle, couvertede fruits et de fleurs, avait-elle un aspect plussoüriant que la volcanique Hawaii avec ses-chiremens et sa surface tourmentée. Cet aspectlointain qui prévient tant en faveur de cette îlevitienne est du reste la seule donnée géogra-phique que Ton ait sur son compte. LAstrolabeelle-même qui reconnut cet archipel mieux quon