OCEANIE. — VÀN1KORO.
brasses, à un mille environ du rivage. C'était le18 juin à midi.
CHAPITRE XY.
VANIK.ORO. - HISTOIRE. - NAUFRAGE DE
LAPEROÜSE.
Vanikoro est désormais une île célèbre dansles annales de la navigation française . Ce fut surses récifs que se perdit Lapéroüse. Long-tempson ignora le lieu où avait fini cette grande des-tinée. De sa lutte avec la mer, il n était paséchappé un seul homme pour nous dire com-ment l'illustre marin avait été vaincu. Les voya-ges récens de Dillon et de d'Urville ont seulséclairci ce point d’histoire. Pour l’établir ici, ilfaut remonter à l’origine de l’expédition.
C’était au temps où Cook venait d’illustrer laGrande-Bretagne par une série de voyages har-diment conçus, habilement exécutés. La France ,mise en demeure par cet exemple qui avait re-tenti en Europe , résolut à son tour de combinerun voyage de circumnavigation sur une grandeéchelle. Le savant Fleurieu en dressa l’itinéraire;Louis XVI , bon géographe lui-même, écrivit desa main des instructions qui pourraient passerpour un chef-d’œuvre, ne fussent-elles pas ve-nues d’un roi. Enfin, comme chef de cette expé-dition, on choisit le capitaine Lapéroüse , déjàcélèbre dans la marine par son expédition contreles établissemens anglais de la baie d’Hudson.On lui donna pour second le capitaine Delangle,son ami, officier fort distingué; des savanset des marins du plus grand mérite furent enoutre appelés à partager les travaux de cetteaventureuse expédition.
Les deux flûtes la Boussole et P Astrolabe fu-sent armées pour ce voyage. Elles appareillè-rent de Brest le 1 er août 1785, mouillèrent tourà tour à Madère, à Ténériffe , à Sainte-Catherinedu Brésil , à la Conception du Chili ; elles visi-tèrent l’île de Pâques , l’île Mawi dans le groupeHawaii , et commencèrent ensuite l’explorationde la côte N. 0. de l’Amérique , travail le plusessentiel de la mission.
Sur ces parages, un premier malheur vintfrapper Lapéroüse . Dans un havre auquel ilavait donné le nom de Port des Français , deuxembarcations s’etant hasai dees sut une barredangereuse, furent englouties avec tout leurmonde. Six officiers et seize matelots périrentdans ce désastre.
Lapéroüse quitta cette côte fatale vers la finde juin 1786, relâcha à Monterey en Californie ,traversa l’Océan-Pacifique , faillit se perdre sur
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deux écueils inconnus qu’il nomma Ile Neclceret Iles Basses françaises, traversa les îles Ma-riannes à la hauteur de l’Assomption , doublales îles Bashee, et mouilla enfin à Macao le 3janvier 1787.
Il resta deux mois dans cette relâche, puisquarante jours à Manille qu’il quitta le 10 avril,piqua au nord, reconnut quelques portionsde la côte japonaise, exécuta son beau travaildans le bras de mer inexploré jusque-là, et qu’ilnomma Manche de Tarlarie, releva toute la pres-qu'île Seghalicn, puis quelques-unes des Kou riles , mouilla enfin dans le port Saint-Pierre etSaint-Paul du Kamtchatka , d’où il expédia parterre le jeune Lesseps avec un double des maté-riaux jusque-là recueillis. Cet interprète étaitle seul homme de l’expédition qui dût revoir laFrance .
Parti du Kamtchatka vers la fin de septembreÎ787, Lapéroüse fit voile vers le sud, coupa laligne le 21 novembre, aperçut, le 9 décembre,l’une des îles Hamoa, où périt le malheureuxDelangle, fit voile pour l’Australie , et mouilla àBotany-Bay le 26 janvier 1788. Par une coïnci-dence assez bizarre, à la même époque, le com-modore Philip se trouvait mouillé près de là ,à Port-Jackson , amenant avec lui les hommesqui devaient former le noyau de la futurecolonie de la Nouvelle - Galles du Sud . Lesdeux connnandans français et anglais firent unéchange de politesses et de bous procédés. Lecommandant Philip se chargea des dépêchesde Lapéroüse, les dernières que l’on ait reçuesde lui. Dans une lettre au ministre de la marine,le capitaine traçait les éventualités de son itiné-raire. 11 avait l’intention, en quittant Botany- Bay , de visiter les îles Tonga , d’explorer en-suite certaines parties de la Nouvelle-Calédonie ,des îles Salomon , de la Louisiade, puis de pas-ser le détroit de Torrès pour atteindre l’Ile-de- France en décembre de la même année. Il comp-tait être de retour en France au mois de juin1789.
Cependant 1789 et 1790 s’écoulèrent sansqu’aucune nouvelle postérieure parvînt dans nosports de mer. Des inquiétudes sérieuses commen-çaient à s’accréditer. La société d’histoire nalu-
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relie prit Fiuitiative, et demanda à F Assembléenationale qu’une expédition fût envoyée à la re-cherche des navires de Lapéroüse. L’Assembléenationale se réunit à ce vœu par son décret du9 février 1791, sanctionné par le roi. Un arme-ment fut résolu.
Les deux grandes flûtes la Recherche et TEs-pérance partirent de Brest le 28 septembre