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sont éternellement vassales du donataire. Detemps à autre, l’Harfour est obligé de porterquelque chose au Papou . Quand même l’Har-four perdrait l’outil, il serait encore sujet à laredevance ; mais si l’outil se brise ou s’use audos, le Papou est obligé d’en fournir un autre :à défaut, la taxe cesse. Ce qui explique ce sin-gulier usage, c’est le prix extraordinaire que lesHarfours attachent aux outils en fer et l’impos-sibilité où ils se trouvent de s’en procurer sansle concours des Papous , maîtres du littoral.Malgré cette raison , il est difficile de croire cevasselage bien sérieux, quand on songe à lafrayeur que témoigne un Papou aux approchesdes cases des Ilarfours,
Les métis, qui forment la troisième variété in-digène, sont des individus de petite taille, tra-pus, vigoureux, au visage osseux, carré, plat,avec des traits anguleux, des pommettes saillan-tes, une bouche grande, des lèvres épaisses,un nez épaté, mais souvent pointu. Ils sontconfondus avec les Papous et vivent aveceux. A leur peau moins foncée, à leurs cheveuxplus droits, à leur coiffure en forme de turban,on peut deviner une origine malaise ; telle estdu moins l’opinion de M. d’Urville, qui les con-sidère comme le résultat de croisemens plus oumoins anciens entre Malais et Papous. Dans cettevariété, se trouvent les Koranos, les Capitans,les Rajahs , eten général, tous ceux qui semblentexercer une autorité quelconque sur les indi-gènes. La plupart parlent le malais plus oumoinscouramment.
Les environs du havre de Doreï et les vil-lages qui le bordent ne comptent guère plus dequinze cents âmes de population. Les armes deces naturels sont la flèche, la lance, un bouclierétroit et long, un couperet d’acier nommé aussiparang, qui sert encore à des usages domes-tiques. Leur nourriture consiste en pain de sa-gou, chair de tortue, poisson, coquillages, fruitsracines et légumes. Les Papous n’emploientpoint le four en terre comme les Polynésiens ,mais ils pratiquent un foyer en plein air sur le-quel ils disposent des grillages en bambou pourfaire cuire leurs alimens. Ce moyen s’emploiesurtout pour préparer les tortues et les poissons.
Les Papous ne connaissent point le kava,mais ils mâchent le bétel. Us emploient le ta-touage par punction, quoique les dessins pa-raissent peu sur leur peau foncée. La plupart sontnus ; les chefs seuls portent des nattes en feuillesde bananier teintes de couleurs éclatantes etbordées de franges découpées avec tant d’art,qu’on dirait des garnitures de dentelles. Leurs
ornemens favoris sont des bracelets, des an-neaux, des peignes qui se dressent sur leurtête d’une manière étrange, des pendans en co-quillages, en écaille de tortue ou bien encore enargent, quand ils parviennent à s’en procurer.;Ils fabriquent encore une foule de petits cof-frets de toutes les formes en paille de bananierou de pandanus. Leurs instrumens de musiquesont : le tamtam, garni à l’une des extrémitésd’une peau de lézard , une guimbarde faite avecune lame de bambou, la flûte de Pan et la trom-pette marine avec un gros murex percé.
La tribu qui habite les environs de ce havren’élève qu’un petit nombre de volailles et decochons ; mais les forêts voisines renfermentbeaucoup de ces animaux à l’état sauvage. D’a-près les remarques de M. d’Urville, ce serait làle plus grand quadrupède connu des Papous ;les autres sont : le chien, le kangarou d’Àrrou,•le phalanger et une espèce de péramèle nou-velle. Le casoar existe dans quelques localitésvisitées.
La langue des Papous n’est guère qu’un idiomeparlé depuis Waigiou jusqu’à Doreï, idiome quidiffère autant du malais que des dialectes desHarfours. Par le peu que l’on en connaît, ellen’a rien de désagréable ni de dur dans la pro-nonciation ; elle est même douce et harmonieusedans la bouche des femmes. Il est rare qu’onentende chez ces peuplades les cris discordanset rauques qui caractérisent les tribus sauvages.
Alarmés par les tentatives de colonisation an-glaise sur la côte australienne, et craignant pourles Moluques le voisinage de ces navigateurs en-treprenans, les Hollandais essayèrent, en 1828,de les précéder sur les côtes de la Nouvelle-Gui née , et de s’y établir aux environs du cap Walsh.Ils y bâtirent donc un fort sur les bords d’unerivière considérable qui reçut le nom de Dourga ,et dont le voyage de Kolfous nous a donné lecroquis ( Pl. XXII — 4 ). Depuis lors, tout ceque l’on sait de cette fondation, c’est que lesnouveaux occupans ont été décimés par l’insa-lubrité du climat. Le fort existe sans doute en-core aujourd’hui ; mais la garnison est bien ré-duite.
La Louisiade , à l’E. de la Nouvelle-Guinee ,est un groupe d’iles importantes, hautes et peu-plées d’une race de sauvages, mais farouches,crépus, comme ceux de la Nouvelle-Bretagne etde la Nouvelle-Irlande. Le premier, en 1768,Bougainville aperçut ces terres. Apres avoirserré la bande méridionale, pendant cent lieuesenviron, jusqu’à une grande baie ouverte qu’ilnomma le Cul-de-sac de VOrangerie, il revint