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[Tome second.]
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OCEANIE. NOUVELLE-GUINÉE .

sont éternellement vassales du donataire. Detemps à autre, lHarfour est obligé de porterquelque chose au Papou . Quand même lHar-four perdrait loutil, il serait encore sujet à laredevance ; mais si loutil se brise ou suse audos, le Papou est obligé den fournir un autre :à défaut, la taxe cesse. Ce qui explique ce sin-gulier usage, cest le prix extraordinaire que lesHarfours attachent aux outils en fer et limpos-sibilité ils se trouvent de sen procurer sansle concours des Papous , maîtres du littoral.Malgré cette raison , il est difficile de croire cevasselage bien sérieux, quand on songe à lafrayeur que témoigne un Papou aux approchesdes cases des Ilarfours,

Les métis, qui forment la troisième variété in-digène, sont des individus de petite taille, tra-pus, vigoureux, au visage osseux, carré, plat,avec des traits anguleux, des pommettes saillan-tes, une bouche grande, des lèvres épaisses,un nez épaté, mais souvent pointu. Ils sontconfondus avec les Papous et vivent aveceux. A leur peau moins foncée, à leurs cheveuxplus droits, à leur coiffure en forme de turban,on peut deviner une origine malaise ; telle estdu moins lopinion de M. dUrville, qui les con-sidère comme le résultat de croisemens plus oumoins anciens entre Malais et Papous. Dans cettevariété, se trouvent les Koranos, les Capitans,les Rajahs , eten général, tous ceux qui semblentexercer une autorité quelconque sur les indi-gènes. La plupart parlent le malais plus oumoinscouramment.

Les environs du havre de Doreï et les vil-lages qui le bordent ne comptent guère plus dequinze cents âmes de population. Les armes deces naturels sont la flèche, la lance, un bouclierétroit et long, un couperet dacier nommé aussiparang, qui sert encore à des usages domes-tiques. Leur nourriture consiste en pain de sa-gou, chair de tortue, poisson, coquillages, fruitsracines et légumes. Les Papous nemploientpoint le four en terre comme les Polynésiens ,mais ils pratiquent un foyer en plein air sur le-quel ils disposent des grillages en bambou pourfaire cuire leurs alimens. Ce moyen semploiesurtout pour préparer les tortues et les poissons.

Les Papous ne connaissent point le kava,mais ils mâchent le bétel. Us emploient le ta-touage par punction, quoique les dessins pa-raissent peu sur leur peau foncée. La plupart sontnus ; les chefs seuls portent des nattes en feuillesde bananier teintes de couleurs éclatantes etbordées de franges découpées avec tant dart,quon dirait des garnitures de dentelles. Leurs

ornemens favoris sont des bracelets, des an-neaux, des peignes qui se dressent sur leurtête dune manière étrange, des pendans en co-quillages, en écaille de tortue ou bien encore enargent, quand ils parviennent à sen procurer.;Ils fabriquent encore une foule de petits cof-frets de toutes les formes en paille de bananierou de pandanus. Leurs instrumens de musiquesont : le tamtam, garni à lune des extrémitésdune peau de lézard , une guimbarde faite avecune lame de bambou, la flûte de Pan et la trom-pette marine avec un gros murex percé.

La tribu qui habite les environs de ce havrenélève quun petit nombre de volailles et decochons ; mais les forêts voisines renfermentbeaucoup de ces animaux à létat sauvage. Da-près les remarques de M. dUrville, ce seraitle plus grand quadrupède connu des Papous ;les autres sont : le chien, le kangarou dÀrrou,le phalanger et une espèce de péramèle nou-velle. Le casoar existe dans quelques localitésvisitées.

La langue des Papous nest guère quun idiomeparlé depuis Waigiou jusquà Doreï, idiome quidiffère autant du malais que des dialectes desHarfours. Par le peu que lon en connaît, ellena rien de désagréable ni de dur dans la pro-nonciation ; elle est même douce et harmonieusedans la bouche des femmes. Il est rare quonentende chez ces peuplades les cris discordanset rauques qui caractérisent les tribus sauvages.

Alarmés par les tentatives de colonisation an-glaise sur la côte australienne, et craignant pourles Moluques le voisinage de ces navigateurs en-treprenans, les Hollandais essayèrent, en 1828,de les précéder sur les côtes de la Nouvelle-Gui­ née , et de sy établir aux environs du cap Walsh.Ils y bâtirent donc un fort sur les bords dunerivière considérable qui reçut le nom de Dourga ,et dont le voyage de Kolfous nous a donné lecroquis ( Pl. XXII 4 ). Depuis lors, tout ceque lon sait de cette fondation, cest que lesnouveaux occupans ont été décimés par linsa-lubrité du climat. Le fort existe sans doute en-core aujourdhui ; mais la garnison est bien ré-duite.

La Louisiade , à lE. de la Nouvelle-Guinee ,est un groupe diles importantes, hautes et peu-plées dune race de sauvages, mais farouches,crépus, comme ceux de la Nouvelle-Bretagne etde la Nouvelle-Irlande. Le premier, en 1768,Bougainville aperçut ces terres. Apres avoirserré la bande méridionale, pendant cent lieuesenviron, jusquà une grande baie ouverte quilnomma le Cul-de-sac de VOrangerie, il revint