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[Tome second.]
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VOYAGE PITTORESQUE AUTOUR DU MONDE,

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de mourir, de ne pas faire le moindre mouve-ment pour sa défense, mais de se sauver eux-mêmes : ils prirent effectivement la fuite, tandisque le rajah rendait son cris (poignard); et, dèsquils furent hors du fort, ils montèrent à borddu koro-koro et séchappèrent. Peut-être lesHollandais laissèrent-ils volontairement ces In-diens échapper. Le rajah est encore aujourdhuiprisonnier au Cap, on le garde très-étroite-ment. »

Comme on le présume, cette trahison infâmenarrangea pas les affaires des Hollandais à Sal-lawatty et dans les pays papous. Depuis cetteépoque, ces peuples ont continué, comme repré-sailles, leurs excursions et leurs pillages. Peu detemps avant le passage de M. dUrville à Bou-rou, en 1824, cette île avait été attaquée; aussi,les Malais ne parlaient-ils des Papous quecommcde tigres altérés de sang. Bien au monde nétaitplus redoutable à leur;- yeux que ces peupladesfarouches, et ils ne pouvaient concevoir com-ment les Français de la Coquille avaient pu trai-ter amicalement avec eux.

Le détroit de Pitt ou Saggewein sépare Salla-waty de Battant a, texre haute, de vingt-sixmilles de long sur six de large. Sa pointe O. estle capMabo, célèbre dans les récits des premiersnavigateurs, qui le prenaient pour lextrémité dela Nouvelle-Guinée . Près de ce cap, est une baie lon peut se procurer du bois et de leau, ense tenant en garde contre une tribu farouche dePapous. Position, 0° 60 lat. S. 128° 20 long.E. (Milieu).

Le détroit de Gamen ou de Dampier, reconnupar ce navigateur en 1700, et semé de jrlusieursîles, sépare Ballanta de lîlc Waigiou. Cest par-ce passage que se dirigent les navires qui veu-lent se rendre en Chine à contre-mousson, pas-sage dangereux, que les courans rendent diffi-cile à franchir.

Lîle Waigiou, plus considérable et mieuxconnue que les précédentes, paraît avoir étédécouverte par les premiers navigateurs eu-ropéens qui sétablirent sur les Moluques . Dam-pier fut le premier toutefois qui, en 1700,constata qu elle était séparée de la Nouvelle- Guinée . Bougainville, eu 1768, en prolongea lacôte méridionale; Forrest en 1774, dEntre-casteaux en 1793, Freycinet en 1818, Du-perrey en 1823 et 1825; enfin, dUrville en1827, continuèrent cette reconnaissance, et re-cueillirent divers documens sur cette île. For-rest visita les havres de Fofahak, Rawak etPiapis, tous offrant de bons mouillages, et ilse procura du poisson, du sagou et plusieurs

tortues. Lile entière , au dire des naturels, con-tenait 100,000 habitans, distribués sous diffé-rens chefs, dont le plus puissant prenait le titrede Rajah de Waigiou, et résidait sur une île dela partie méridionale. .

Les compagnons de dEntrecasteaux mouillè-rent à leur tour dans la baie de Boni, ils passè-rent douze jours. Leurs relations avec les Papousfurent très-amicales; chaque jour, on apportait lelong du bord du poisson, des poules, des tor-tues, des cochons, des légumes et des fruits detoute sorte. Les naturels vivaient dans une grandecrainte des Hollandais. On reçut à bord la visitede divers chefs, et, la veille du départ, celui deRawak soupa et coucha à bord de lEspérance.Mais quand il vit quon allait lever lancre il sejeta à leau, tremblant quon ne voulût lenle-ver.Cette crainte, dailleurs, était assezjustifiéepar une foule de rapts commis par les Hollandaisqui, récemment encore, avaient, au milieu dunefête donnée à bord, enlevé le frère même durajah. Cet acte de violence avait amené uneguerre qui durait encore. Ralliés sous les ordresdu plus grand sultan du lieu, et réunis aux guer-riers de Cerarn, les habitans de Waigiou étaientallés épier le passage du gouverneur dAmboine,qui devait longer ces groupes dans une tournéeà travers les Moluques . Avant de sembarquerpour cette expédition, les insulaires avaient misen sûreté leurs femmes et leurs enfans, ce quirendait alors les plages presque désertes.

Sur la fin de 1818 , M. Freycinet séjournaaussi pendant trois semaines dans le petit havrede Rawak, les Papous de Boni et de Kabareïgênaient trafiquer avec les Français . Ces natu-rels se montrèrent aussi timides quon les avaitdits entreprenans et belliqueux. Le PapouSrouane, chef de lîle Boni, gagné par des pré-sens, devint lami et le commensal du capitaine.Les officiers, les naturalistes, parcoururent li-brement la contrée , et M. Quoy put saisir untableau assez complet de la physionomie du pays.

» Dès que le jour parut, dit-il, nous partîmespour Boni,, la veille, nous avions aperçu unassez grand nombre de maisons. Arrivés vis-à-vis de lanse elles sont placées, nous recon-nûmes quune ceinture de brisans nous en dé-fendait lapproche. Ayant fait, sans succès,pour franchir cette barrière, quelques ten-tatives qui faillirent nous être funestes, il futrésolu que nous nous dirigerions vers le côté S.de lîle, la mer plus tranquille nous promet-tait un accès moins périlleux ; mais, des ar-bres qui couvraient les rochers en savançantjusque dans leau bordaient la côte dun rentr