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[Tome second.]
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OCEANIE. ILES JUOLUQUES.

que pour des crins de chevaux. Enfin, les jeunesfruits du sagouer, préparés avec du sucre, fontune confiture excellente.

Plus loin, nous vîmes un sagoutier quexploi-tait un indigène. Cet arbre, épais dun demi-mètre, avait été abattu depuis peu, et ouvertdans toute sa longueur. Le sagou était déjà re-tiré en partie. Ce palmier fournit à peu près au-tant de sagou dans le haut de sa tige que prèsde sa racine. Son tronc est rempli dune fé-cule qui est traversée, dans toute la longueurdu tronc, de fibres ligneuses. Quand on aretiré le sagou de larbre, on le broie, puison le renferme dans des sacs faits dune espècede canevas, formé des pétioles du cocotier. Onjette sur ces sacs, à plusieurs reprises, de leauqui entraîne la fécule, tandis que cette espècede tamis retient en partie les fibres ligneuses.Leau, chargée de fécule, est reçue dans desauges successives, jusquà ce que toute la partieligneuse ait été purgée.

Dautres végétaux curieux attirèrent notreattention. Nous remarquâmes tour à tour Yeleo-carpus monogynus , couvert jusque dans sesbranches inférieures de fleurs élégamment dé-coupées ; plusieurs plantes de la famille des or-chidées ; des araelis, désignées sous le nom decussonia thyrsi/lora ; une bégonia, remarquablepar la petitesse de ses parties; des bouquets en-tiers (lagave vivtpara; des mélaslomes à troisnervures principales; le canarium commune ,- lenam-nam des Malais ( cynometra caiiliflora) , dontle goût acide approche de celui dune pomme àcidre; le palmier nipa, dont les folioles serventà recouvrir les cases; le scœvola lobeha, arbustequi aime les grèves; Vheritiera; le laurus culda-ban , qui fournit une huile aromatique très-re-cherchée; lacanthe à feuilles de houx; Yery-l/irtna corallodendron; le pandanus odoralissima,dont les fruits sphériques font ployer les bran-ches; Yeugenia malauensis, l averrhoa carambolaau fruit acide ; Vanima muricala ; le jatropha car-cas, qui forme de bonnes palissades; leroucou ;le bel arbuste abroma angusta ,- puis, dans quel-ques jardins, le bois de la Chine , la carmantbinepanachée et le tournesol bigarré, plantes toutesremarquables par la beauté de leurs fleurs et deleurs feuillages.

Parmi les animaux, nous remarquâmes un lé-zard volant, joli animal qui, étendant ses deuxmembres en forme dailes, se soutient dans I airpendant quelques instaiis ; le lacerta amboinen-sis , animal aux couleurs changeantes comme lecaméléon, et passant parfois du vert au brunfoncé; le papilio Agamemnon , aux ailes magni-

fiques; enfin, le cancer caminus, espèce décre-visse très-commune dans les rivières qui bai-gnent la campagne.

Les naturels qui peuplent les environs dAm-boine sont des Malais mélangés sans douteavec les premiers indigènes. Nous entrâmesdans une de leurs cases, composée simplementde tiges de bambou rapprochées les unes desautres, et recouvertes de feuilles de sagontier.Trois femmes se trouvaient dans celte pauvredemeure, et leur premier mouvement , à uoLreaspect, fut un sentiment deffroi. Nous deman-dâmes à acheter quelques objets ; mais on nenous répondit dabord que par des refus cons-lans. TradaJ tradal rien! rien! disaient cesfemmes; et sans doute, cette défiance de leurpart venait de la mauvaise réputation que lesEuropéens sétaient faite dans ces villages. Apeine , en effet, eûmes-nous offert quelquesbagatelles à la maîtresse du logis, que nous ob-tînmes au-delà de ce que nous avions demandé.On nous servit des patates, des ignames, avec duvin de sagouer légèrement fermenté. Des troisfemmes qui étaient, une seule était déjà dunâge mûr ; cétait la maîtresse du logis : les deuxautres, ses enfans sans doute, étaient jeunes,joiies, bien prises dans leur taille, à demi-nues,et laissant deviner une grande perfection deformes. Elles navaient, en effet, quune simplechemise, tombant jusquà mi-jambe, et fixeeautour des reins par une ceinturé. Quant auxhommes qui survinrent, un simple caleçon,semblable au langouli des nègres, servait à ca-cher leurs parties naturelles. Ils sont doux,sobres, industrieux, quoique indoiens. Leurscases sont presque tout entières le produit dusagoulier. La toiture, comme les parois, étaitgarnie des folioles de cet arbre. Les deuxcôtés du toit étaient inclinés dun angle de qua-raule-ciuq degrés, et une partie formait, verslentrée de la case, un petit hangar, destiné àprendre le Irais et à serrer les alimens. A lin-térieur, pour tous lits, on ne voyait que destreillages en bâtons écartés de trois pouces lunde lautre. Au-dessous étaient déposés une por-tion des ustensiles du ménage, consistant en troispots de terre de leur fabrique, quelques bou-teilles achetées aux Européens, des cuillèrestaillées dans de grandes coquilles qui sont com-munes à Amboine, une pioche, et un couteaude la forme dun couperet.

En quittant celte case pour retourner veisAmboine, nous vîmes au pied de la monta-gne deux phalangers courant avec la plusgrande rapidité. Plus loin, nos guides nous mon*