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[Tome second.]
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OCEANIE.JAVA .

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manière à ce que, resserré dans son lit, il cou-lât toujours sur sa barre et n'en laissât aucunepartie exposée à l'action des rayons du soleil.Une belle jetée en bois de teck, môle et débar-cadère à la fois, compléta ces grandes et utilesconstructions. Depuis qu'elles existent, Batavian'est pas plus insalubre qu'aucun autre pointde larchipel malais et du continent de lInde .

La population de Batavia, extrêmement va-riable , a été lobjet de beaucoup dévaluationsfausses pour la plupart. En 1824, un dénombre-ment fait avec la plus grande précision donnale résultat suivant : 3,025 Européens ou des-cendans dEuropéens; 23,108 Javanais ou Ma­ lais ; 14,708 Chinois, 601 Arabes, 12,419esclaves; total, ville et banlieue, 53,861 âmes,la garnison exceptée. La population de la pro-vince entière est divisée en quatre arrondisse-mens ou quartiers.

La population européenne ou créole se com-pose demployés du gouvernement, de négo-cians, dofficiers retraités, rentiers ou proprié-taires , enfin de Portugais , qui à Batavia commedans toute lInde ne sont plus quune racemélisse, dun teint plus cuivré que celui desMalais et parlant un jargon presque inintelli-gible.

Dans son état actuel, Batavia renferme unefoule dédifices publics remarquables. Lan-cienne enceinte en offre plusieurs encore de-bout au milieu des décombres de beaucoup dau,très, vestiges parlans dune magnificence pri-mitive. Tels sont, entre autres, la douane,les magasins de la marine, beaux bâtimens àdeux étages et fort bien conservés; puis, au-delàdes portes, les magnifiques lombongs (entre-pôts en bois) destinés à contenir les récoltes decafé.

De lancien château, démoli sous le généralDaendels , tout ce quon retrouve est une portequi fait face à la ville. Larchitecture de lhôtel-de-vîite, quoique élégante et noble , se res-sent de lépoque ce monument fat cons-truit. Le bâtiment central forme deux grandespièces, occupées autrefois par la haute courde justice, la chambre des orphelins et la direc-tion du change. Aujourdhui ces diverses admi-nistrations ont été transférées au Weltevreden.Les deux ailes de lédifice ont servi de prisonjusquen 1827 ; mais il est à croire quelles ontsuivi depuis la destinée des tribunaux.

La vieille enceinte de Batavia ne compte plusquune seule église, située entre la maison devifle et la porte de lancien château. Celte égliseluthérienne, grande et bien bâtie, ne déparerait

pas une ville dEurope . Le seul temple à lusagede la religion réformée est lancienne église dufaubourg ou Buitenkerk; édifice vieux, peu so-lide , mais dont lintérieur est simple et beau.Léglise des catholiques, au contraire, est petiteet mesquine.

Il ny a aujourdhui à Batavia pour les Euro-péens quun hôpital militaire, celui du Welte-vreden, fort bien organisé et les malades dela ville sont soignés à côté des malades de lagarnison. Pour les indigens chinois et malais, ilexiste un autre hôpital, situé hors de la portedUtrecht . Outre les salles pour les maladesordinaires, on y trouve un quartier pour leslépreux, et un autre pour les fous. Ce vaste éta-blissement peut contenir deux ou trois cents pen-sionnaires. Le Stand Verband est un hôpital se-condaire destiné à recevoir provisoirement lespersonnes blessées. On y pose le premier appa-reil et lon renvoie ensuite les individus à leursfamilles. Cette institution, due au baron Van-der-Capellen, fut provoquée par les accidensgraves qui survenaient chaque jour dans lesrues et qui rendaient utile cette fondation dunlocal spécial, affecté à ces malheurs imprévus.

Un des beaux édifices de la ville est la maisonquoccupe la Société du commerce des Pays-Bas , située dans lancienne enceinte et sur lequai de la riviere. Non loin de, est la Bourse ,petit bâtiment avec une colonnade ouverte,simple et peu orné, quoique de constructionmoderne. Ce qui est bien au-dessus de ce focalmesquin, cest le vaste et superbe bâtiment quele général Daendels a fait construire dans langledu canal de Rijswijk et de Moolcnvliet. Harmonie,tel est le nom de cet édifice vraiment royal.Cest le temple des plaisirs de la vie privée ; des-tiné aux concerts qui se donnent par souscrip-tion et aux bats du gouverneur, il sert aussi'tous les jours aux rendez-vous des bourgeoiset des militaires aisés, qui viennent y causer,jouer au billard, ou lire les journaux. Ce focalest composé, de quatre grandes salles contiguës,dont chacune peut contenir quatre cents per-sonnes. Dans Tes jours dapparat, quand la so-ciété européenne de Batavia sy réunit à la lueurde mille bougies, ces salles offrent un aspectvraiment magique. A côté de l Harmonie, est unédifice destiné à lart et à la science. Cest en-core une des fondations que Batavia doit augénéral Daendels . La société dés arts et dessciences de Batavia a déjà rendu des services aumonde savant. Encouragée dans ses travaux pardes gouverneurs qui eux-mêmes en étaient mem-bres, elle a éclairé bien des questions qui étaient