OCEANIE
AUSTRALIE,
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Iiois assez épais couvre toutes les autres partiesde la baie.
Quand Flinders fit la découverte de ce point,il remarqua que les arbres alors en végétationparaissaient bien plus chétifs qu’une foule d’au-tres, dont les troncs morts étaient debout, etdont les débris jonchaient le sol. Comme cesgigantesques végétaux semblaient avoir tous périle même jour et par suite d’une incendie gene-ral; comme d’ailleurs rien n’indiquait que leshommes eussent jamais mis le pied sur cetteterre , il en conclut que la foudre ou le frotte-ment accidentel de deux arbres morts pouvaitavoir mis le fou à ces forets. D’après son calculcet accident avait pu arriver de dix à vingt-cinqans auparavant!
L’ile des Kangarous a près de trente lieuesde long sur une dizaine de lieues de large, avecun sol d’une'hauteur médiocre. L’intérieur del’ilé est inconnu : on n’y a point encore dé-couvert d’habilans; Seulement on sait que lesterres du cap Jervis, séparées de i’ile des Kan-garous par un. simple canal de deux ou troislieues, nourrissent la même race d’hommes,chétive et farouche, que celle qui campeau portdu Roi-George . Quelques mois avant notre pas-sage à Nepean-Bav, leur férocité avait causéla mort d’un brave officier anglais , victime deson amour pour la science. Du point dumouil âge où nous étions alors, on pouvait mêmeapercevoir le sommet du mont Lofly, théâtredelà catastrophe. En voici le récit, tel qu’il m’aété fait plus tard à Port-Jackson . Ces nobles dé*vouemens, accomplis sur des terres lointaines,méritent d’avoir des échos qui' les répètent aumonde, afin que les noms des martyrs de lascience soient honorés comme ceux des autresmartyrs.
Le lieutenant Sturt, dont il sera plus tardquestion , venait de reconnaître le cours dufleuve Murray et de découvrir le vaste lac Alexan-driua, qui communique à la baie Encounter prèsdu cap Jervis par un canal impraticable pourles plus petits navires, quoique assez largepourtant. A la suite de cette découverte , Sturtavait soupçonné que ce lac pourrait bien com-muniquer avec le golfe Saint-Vincent par unautre canal plus profond. C’était là un fait im-portant à constater. Il se liait à tout le système decolonisation de l’Australie méridionale et à la na-ture des relations qu’on pouvait entretenir avecle contrées de l’intérieur.
Le capitaine Barker, de retour d’une missionau port du Roi-George , entreprit de résoudrecette grande question géographique. Le 10 avril
1831, il arriva près du cap Jervis, prolongea detrès-près la rive orientale du golfe Saint-Vincentet s’assura qu’il n’y existait point de canal appa-rent dans une étendue assez considérable.
Afin d’être plus sur de ses investigations, le17, le capitaine Barker descendit à terre, ac-compagné de M. Kent, attaché au commissariat,de deux soldats et de son domestique. Ils dé-barquèrent près d’un petit canal, dont l’em-bouchure était obstruée par une barre, et dontle cours , qui n’était que de quatre milles, s’en-foncait jusqu’au pied de la chaîne parallèle à lacote. Le paysage offrait un aspect fertile. Lesbords du chenal se composaient de prairies na-turelles, légèrement boisées et tapissées d’her-bes de toutes espèces. Le sol était un terreaufécond, d’une couleur chocolat, qu’on sup-posa provenir de la décomposition de la pierreà chaux bleuâtre qui se montrait le long delà cote. Au fond du canal, un vallon encaisséde rochers conduisait dans les montagnes. On ytrouva beaucoup d’eau douce, déposée dans lesmares qui s’étaient remplies durant les dernièrespluies. La petite troupe bivouaqua sur ce point.
Le lendemain, le capitaine Barker, escorté deM. Kent et de son domestique, se mit à gravirle mont Loftv, en suivant la crête de la chaîne.Les parties inférieures parurent formées deschiste argileux ; les flancs et les sommets,couverts d’arbres qui atteignaient des dimen-sions extraordinaires. A l’E., la vue était bornéepar d’autres chaînes parallèles à celle que l’onsuivait ; mais à l’O., on avait en vue les bordsràvissans du canal.
Dans le cours de la journée, on passa sur lesbords d’un ravin profond, dont les flancs por-taient un lupis d’herbes gracieux au regard. Asix cents pieds de profondeur roulait, dans lefond de cette gorge, un petit torrent brisé surun lit de rochers. Çà et là, des blocs énormesopposaient comme une digue à son cours, etdans ces endroits l’eau avaiL tellement usé etpoli la pierre, que les veines de quartz rouge etbleu qui la traversaient figuraient des ouvrageseu mosaïque. A quelques milles de ce ravin,nos voyageurs firent leur seconde halte denuit.
Le jour suivant les conduisit à la cime dumont Lofty, à 2,260 pieds environ au-dessus duniveau de la mer et à une distance de onzemilles de la côte. Ce qui les surprit le plus , ausommet de ce mont, ce fut la grosseur desarbres qui le couronnaient. L’un des troncsse trouva avoir plus de quarante pieds de cir-conférence , et ces robustes végétaux ne sent-