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[Tome second.]
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OCEANIE. AUSTRALIE .

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ne peut manquer de lui donner un jour unegrande importance.

CHAPITRE XXXII.

AUSTRALIE. - NOUVELLE-GALLES DU SUD .

Le 23 au soir, le Kanguroo quitta le port Wes-tern. II passait, le jour suivant, entre le promon-toire Wilson, masse énorme de granit, qui ter-mine lAustralie vers le S., et lîle Redoiulo, côneimposant par sa forme, sa hauteur et son isole-ment, escarpé à sa base et couvert dune bellevégétation. Dans les jours qui suivirent, on pro-longea, à douze ou quinze lieues de distance ,cette plage sablonneuse qui sétend depuis Ram-Head jusquau promontoire de Wilson. Déjà ,lon peut apercevoir, à vingt lieues de distance,la chaîne des monts Warragong, qui dominetoute cette partie de la côte, et que les Anglais nomment Alpes australiennes ou Montagnes-Blanches. On rangea dassez près le cap Ilowe ,plage de sable sans verdure et sans eau; puisplus loin, le mont Dromadaire , plus remarqua-ble par sa forme que par sa hauteur, qui nestguère que de cinq cents toises au-dessus du ni-veau de la mer. La plage est une montueusebande de sables ; mais à lintérieur lœil décou-vre de riantes pelouses, ombragées par de beauxarbres. U était rave, toutefois, que nous pussionsvoir nettement la terre. Le plus souvent, desbrumes intenses ou des tourbillons de fumée,provenant des incendies habituels à tous lesAustraliens qui brûlent les fougères de leursplages, nous eu dérobaient totalement laspectet la configuration.

Le 30 au malin, en montant sur le pont, jefus surpris de trouver le Kangaroo à lentréedune passe assez étroite, bordée de chaquecoté par des falaises escarpées, noirâtres et tris-tes au regard. Sur la gauche, se dressait unphare élégant et élevé, qui aurait trahi à lins-tant même la civilisation anglaise, quand mêmeun pilote monté à bord et dirigeant le navireneût pas mieux encore rappelé les coutumesdEurope, transportées sur la côte australienne (Pl. XXXVI !) Quand nouseûmes dépassé cechenal, nous vîmes souvrir et sagrandir devantnous un immense bassin, Capable de contenirà la fois toutes les flottes du monde. Ces bordssont agréablement accidentés de criques, de ca-lartgues et de pointes. Cest un magnifique lacsalé. Sur la droite, le sol est en majeure partiesans cultures : il offre quelques bouquets dar-bustes et un vêtement de fougères élevées. Maissur la gauche se déroule toute une colonisation

agricole ; des villages, des maisons de plai-sance, des métairies, le tout avec un aspect dai-sance et de richesse. Au milieu de ce mobile pa-norama, se trouve la ville et le port ou anse deSydney-Cove(Pi,. XXXVII1)., est une villevraiment européenne, plus européenne quetout ce que javais pu voir dans les mers delInde . Vaisseaux, forts, magasins, rues etmaisons, tout rappelle lAuglelerre. On croiraitêtre mouillé dans un petit port de la Manche.En quarante ans, la construction de cette ville aété conçue et réalisée dans un pays antipode. Ily a quarante ans, on ne voyait pas ici pierre surpierre ; tout était solitude et barbarie.

A peine lancre» fut-elle au fond , que je dé-barquai avec, mon bagage. Powell mindiquadans George-Street un hôtel je fus bien traité,el dont les prix étaient à peu près les mêmes queceux dun hôtel de second ordre à Londres .Les domestiques qui me servaient, les hom-mes de peine qui faisaient mes commissions,étaient tous des condamnés pour vol ou pourdautres crimes en Angleterre ; et pourtant,pendant mon séjour, je pus massurer que lesdélits ne sont pas plus fréquens à Port-Jackson que dans nos contrées les plus civilisées delEurope . Le dépaysement, une longue traver-sée , une vie nouvelle à se faire sur une terreinconnue et à demi-sauvage, tout contribue àramener les criminels à une meilleure ententede leurs intérêts, et à leur prouver que la mo-ralité est aussi un bon calcul.

Quelques heures de promenade dans Sydney meurent bientôt fait connaître celle ville, dontla plus grande merveille est son existence.Comme la plupart des maisons y sont éparpil-lées, isolées entre cour el jardin, elle occupe unespace immense. Les maisons ny ont guèreplus dun ou deux étages. Les rues sont, pourla plupart, bien alignées, dune belle largeur etassez bien tenues. Comme elles ne sont pointpavées, la poussière y est quelquefois incom-mode : la houe y est rare, grâce à la séche-resse à peu près constante du climat. La prin-cipale rue de Sydney , George-SLreet, a prèsdun mille de longueur ; elle est coupée parintervalles à angles droits par des rues trans-versales, tandis que dautres rues courent dansun sens parallèle (Pl. XXXVII2), Leau dontusent les habitans provient de puits ou citer-nes creusés dans le roc. La ville nest traver-sée que par un mince ruisseau, qui prend sasource dans un marais voisin, et dont les eauxsont bientôt infectées par les immondices detoute nature.