çant leurs massacres sur les bords du Shouraki,ils passèrent sur bile Touhoua, dont les habitansétaient depuis long-temps en paix avec les Nga-Pouïs, tuèrent tous les hommes qu’ils purenttrouver, et firent esclaves les femmes et les en-fans, à l’exception d’un petit nombre qui parvintà se sauver durant la nuit à Tauranga , où ilsrépandirent l’alanne. Les Nga-Poufs de la suitede Mango et de Kakalia passèrent ensuite surl’île Motiti (île Plate) où ils commirent lesmêmes excès ; mais tandis qu’ils se régalaient dela chair de leurs victimes, les habitans de Tau-ranga tombèrent sur eux, les massacrèrent tousà leur tour et les dévorèrent. Quand la nouvellede cette catastrophe fut arrivée à la baie desIles, les Nga-Pouïs et leurs alliés jurèrent devenger la mort de leurs compatriotes sur les na-turels de Tauranga . De grands préparatifs deguerre eurent lieu, et une flottille considérablefut armée pour marcher contre les peuples dusud.
Tels furent les préliminaires de la campagnedont il a été question plus haut, et à laquelle lesmissionnaires assistèrent comme spectateurs. Ona vu que cette campagne aboutit à un avorte-ment, et que les Nga-Pouïs rentrèrent chez euxsans avoir pu soumettre les Nate-Avvas , tout enajournant leur vengeance à des temps plus favo-rables.
A celte époque les missionnaires semblaientavoir fait de grands progrès dans l’esprit des na-turels. Un grand nombre assistaient régulière-ment aux offices divins et aux prières. Quel-ques-uns même avaient été baptisés et aidaientles Européens dans leurs travaux. Par malheur,aucun chef influent ne s’était laissé persuader ;et, à part le chef Temarangaï, peu d’entre euxdonnaient de l’espoir pour une conversion.
Le plus grand obstacle à la propagation dela religion nouvelle, c’est l’état social des Nou-veaux-Zélandais , qui fractionne le pays en unefoule de petits Etats, formant comme autant derépubliques gouvernées par des chefs influens.Entre ces diverses tribus régnent sans cesse desguerres opiniâtres et sanglantes qu’éternisent lespréjugés d’honneur militaire et la nécessité de la-ver le sang par le sang. Si une tribu sè faisaitchrétienne, il faudrait qu’elle fut assez puissantepour se faire respecter par les peuplades voisi-nes, soit à l’aide de ses propres forces, soit avecle secours des Européens ; autrement elle seraitpromptement détruite. Quand les partisans queles missionnaires travaillent à se faire autourde leurs établissemens seront assez nombreuxpour former une sorte de garnison ou de garde
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permanente, il est très-probable que ce but seraatteint.
Un autre obstacle au progrès des évangélistes,c’est la présence de gens sans aveu, de convictséchappés des prisons de Port-Jackson , au milieudes naturels. Cette écume sociale, ces hommesde mauvaise vie et de mauvaises moeurs, con-tribuent plutôt à dépraver qu’à améliorer les dis-positions natives des indigènes, et leur conduitea plus d’une fois occasioné des rixes et des com-bats sanglans. Souvent les missionnaires ontsollicité leur expulsion du sol de ces îles, maiscela ne pouvait se faire que du consentementclçs chefs. On attend maintenant les effets de laprésence d’un agent consulaire nommé Busby,que le gouvernement anglais a désigné pour ré-sider à Iq baie des Iles. Peut-être que, tenus enrespect par une autorité politique, les capitainesbaleiniers seront plus réservés dans leur con-duite vis-à-vis des insulaires et n’exposeront plusles colons à de cruelles représailles.
Cinq ou six mois avant notre passage à la baiedes Iles, le bruit ayant couru, on ne sait surquelle autorité, que les Français allaient prendrepossession du territoire de la Nouvelle-Zélande ,treize chefs signèrent alors une pétition au roid’Angleterre, pour qu’il les prît sous sa pro-tection et qu’il empêchât les hommes de latribu de Marion de s’emparer de la contrée.Parmi ces chefs, figuraient les noms déjà cités deTemarangaï, Patou-One, Rewa, Tetore, Ma-tangui, Ware-Ralii, etc. Les missionnaires eu-rent soin de me montrer une copie de celtepièce ridicule. Je souris en la lisant, et je penseque le bruit qui y avait donné heu n’était proba-blement qu’un ruse de ces dignes serviteurs deDieu pour déterminer les chefs de la Nouvelle-Zélande à réclamer officiellement la protectiondu roi d’Angleterre. C’était là une momeriesemblable à celle de Vancouver à Hawaii , à cellede Porter à Nouka-IIivq, à celle de Wallis àTaïli, mais qui aujourd’hui n’a aucune valeur etn’excite qu’un sentiment de pitié.
Voici quelles sont, à l’heure actuelle, lesmissions existantes à la Nouvelle-Zélande : àRangui-IIou, deux missionnaires ; à Kidi-Kidi,trois ; à Paï-Hia, cinq ; à Waï-Mate , six. Tousces missionnaires appartiennent au Çharch Mis-sionary et résident sur les bords de la baie desIles , sauf ceux de Waï-Mate, qui se trouvent àhuit ou dix lieues dans l’intérieur.
Deux missionnaires de la société de Wesleyhabitent à Mangounga sur le fleuve Shouki-Anga, dans l’intérieur des terres. On estimait àtrois cent vingt environ le nombre des jeunes