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L’ile du Sud est traversée dans toute sa lon-gueur par une chaîne de montagnes fort élevées,dont les cimes sont couronnées de neiges. Prèsdu cap Campbell, se distingue la masse isolée dumont Tako. Dans l’ile septentrionale , unechaîne de montagnes assez élevées paraît aussirégner parallèlement à la côte de l’Est et formerle prolongement de la chaîne de Tawaï-Pouna-raou. De ce système général, il faut détacherl’énorme pic du mont Pouke-Aupapa ou Eg-mont, le mont Oudou-Ilaria au centre de l’ile ,le majestueux Ikou-Rangui, près du cap Est, lemont Edgecumbe, enfin le mont Ohoura, moinsremarquable par sa hauteur que par son isole-ment au milieu de dunes de sables.
Parmi les bassins, il faut citer le lac Roto-Doua , situé vers le centre d’Ika-na-Mawi, quiaurait, suivant quelques rapports, vingt-cinqbrasses de profondeur et cinquante ou soixante■milles de circuit. Plusieurs rivières l’alimentent,et une source d’eau chaude se rencontre surses bords. La petite île Mokoia, ayant trois millesd’étendue , s’élève dans le milieu. Dans le can-ton de Waï-BIate est le lac Maupere, beaucoupplus petit, mais poissonneux et couvert de ca-nards sauvages et autres oiseaux fluviadles. Surla carte de Mac-O’Donnell, on voit figurer dansl’intérieur de Tawaï-Pounamou trois grands lacs,mais on ignore d’après quelle autorité.
Quant aux cours d’eau , ils sont encore peuconnus. Sur l’île du Sud , la carte déjà citée enprésente un assez considérable qui Se décharge-rait dans une baie profonde située devant le dé-troit de Foveaux. Dans lka-na-Mawi, on con-naît déjà le Shouki-Anga, le Waï-Roa, le Waï-Tamata, le Waï Kato et le Waï-Pa. Ces deuxderniers prennent leur source près du centrede l’île.
Les seuls quadrupèdes connus sur cette terreavant sa découverte étaient le chien et une sortede rat plus petite que celle d’Eurôpe . Cook y in-troduisit les cochons, et les missionnaires yont apporté plusieurs des animaux domestiquesd’Europe , qui y réussiront très-bien, si les na-turels veulent le supporter. Les mammifèresamphibies étaient plus variés : les phoques ap-partenant à l’espèce P. ursina abondaient sur cesgotes , surtout dans le S. : les baleines et lesmarsouins sillonnaient les mers qui baignent lescôtes de la Nouvelle-Zélande .
Dans l’ordre des reptiles, les recherches desnaturalistes n’ont fait connaître qu’un petit lé-zard très-inoffensif. Pourtant les indigènes ontdes notions relatives à l’existence de serpensdangereux et de lézards monstrueux suscepti-
blés de dévorer des enfans. Les contrées inté-rieures recèleraient-elles, en effet, des serpenset des crocodiles, ou bien n’est-ce là qu’un contepopulaire?
La famille des oiseaux a offert un plus richetribut à l’histoire naturelle, et les bois de laNouvelle-Zélande ont accru les catalogues desornithologistes de plusieurs espèces nouvelles.Telles sont le perroquet-nestor, le philédon àcravate, deux ou trois sortes de colombes, uncarougc à caroncules , le glaucops cendré. Uneespèce fort remarquable est une sorte de casoarnain, que les naturalistes ont désigné sous le nomgénérique d ’apterix. Quant aux indigènes, ils lenomment kiwi , et son plumage sert à fabriquerdes nattes très-estimées. On dit au capitained’Urville que cette espèce est commune sur lesflancs du mont Ikou-Rangui, et qu’on en fait lachasse aux flambeaux avec des chiens. Le per-roquel-nestor, nommé dans le pays kaka, et lephilédon à cravate, nommé (ouï, étaient les seulsoiseaux qu’on eût tenté d’apprivoiser, l’un poursa familiarité, l’autre pour lui apprendre à par-ler et à siffler. Aujourd’hui , quelques famillesnourrissent des poules, et le chant du coq plaîtbeaucoup à ces sauvages ainsi que son altitudebelliqueuse.
La tribu des insectes est pauvre en grandesespèces. Quelques papillons nocturnes et untrès-petit nombre de coléoptères ont été recueil-lis sur celte grande terre; mais on y voit desfourmis, de petites sauterelles, des araignées etdes mouches. Les moustiques , les mouches desable et les mouches bleues de la viande sont lesseuls insectes importuns et malfaisans. Les mille-pieds se trouvent, dit-on, seulemept sur les îlesManawa-Tawi, et non pas sur la grande terre.
Sur les rivages delà Nouvelle-Zélande , viventdiverses sortes de coquilles marines, dans lesgenres turritelle , fuseau, murex, struthiolaire,moule, haliotide, paten, monodonte, telline, on-chidie. Les ampullaires foisonnent sur les rivesfangeuses des torrens. Il y a beaucoup de crus-tacés, surtout le long de Tawaï-Pounamou; carles habilansont été nommés, pour ce motif, Kaï-Kohoura, ou qiangeurs d’écrevisses, par ceux del’autre ile. Les sauvages plongent dans la mer ,du fond de laquelle ils détachent ces crustacésavec leurs pieds.
Nous n’énumérerons pas ici tous les poissonsqui se trouvent dans les baies et les canaux deccs îles, et dont plusieurs fournissent une chairexquise. Qu’il suffise de nommer les genresspare, scombre, serran, trigle, raie, labroïde ,etc., représentés chacun par une ou plu«