i5
qués comme un chant prophétique auxefforts lointains des missionnaires del’Évangile :
Visam Britannos hospitibus feros,
Et lætum equino sanguine Concanum ;Visam pharetratos Gelonos ,
Et Scythicum inviolatus amnem.
ttçm., lîb. III , od. 4-Je verrai le Gelon sauvage,
Les Bretons inhospitaliers,
Et ces peuples qui, pour breuvage,
K'ont que le sang de leurs coursiers.
Tract, de Daku
Ainsi, par l’influence de la sagesseet de la charité, Rome a conservé l’as-cendant que lui avaient acquis d’abordsa valeur et sa magnanimité ; la préé-minence qu’elle a conservée dans toutesles périodes de sa vie, a réalisé cetteparole fabuleuse de son fondateur. «Vadire aux Romains que les dieux veulentque ma Rome soit la reine de l’univers !
■— La ville des villes, — le temple del’équité , — le port où les nations trou-veront leur salut ! — Abi, nuncia Ro-manis , cælesles ità velle ut mea Romacaput orbis lerrarum sit! (Tite-Live ,i, 16. )
Telles étaient les pensées qui traver-saient mon âme, tandis que je m’avan-çais au milieu de la campagne de Rome .Maintenant la ville éternelle s’élargis-sait devant moi : elle offrait successi-vement à mes yeux ses tours , ses cou-poles , ses longues lignes de palais,jusqu’au moment où le dôme du Vati can , écrasant par sa magnificence tousles édifices qui l’environnent, eût com- ■piété ce tableau avec une majesté tou-jours croissante.
■Bientôt l’obscurité le couvrit de sesvoi es ; je dépassai Torre di Mezza via,ernier port avant d’arriver à Rome .
a nU ' étai ^ es plus sombres, lorsquej arrivai à la porte de Saint-Jean-de-atran, je pu s néanmoins distinguerdans 1 ombre les murs élevés du Co-lysée.
Lorsqu’aux ’ premiers transportsd’une sensibilité vivement émue a suc-cédé une disposition plus calme, quandl’observation vient remplacer l’émo-tion , voici la physionomie générale queRome présenteauvoyageur : «Quoiquecette belle cité, vue intérieurement,offre T aspect de la plupart des autresvilles européennes, elle conserve cepen-dant un caractère particulier. Aucuneautre n’offre un pareil mélange d’archi-tecture et de ruines, depuis le Panthéond’Agrippa jusqu’aux murailles de Béli saire , depuis les monumens apportésd’Alexandrie jusqu’au dôme élevé dansles airs par Michel-Ange . La beautédes femmes est aussi un trait distinctifde Rome , qui n’échappe pas à l’obser-valion du voyageur. Une singularitéde cette ville, ce sont les troupeaux dechèvres, et surtout ces attelages degrands bœufs aux cornes énormes,couchés aux pieds des obélisques égyp-tiens, parmi les débris du Forum etsous les arcs où ils passaient autrefoisdans les triomphes des généraux vain-queurs.
A tous les bruits ordinaires desgrandes cités, se mêle ici le bruit deseaux que l’on entend de toutes parts,comme si l’on était auprès des fon-taines de Blandusie ou d’Égerie. Duhaut des collines renfermées dans l’en-ceinte de Rome , ou à l’extrémité deplusieurs rues, vous apercevez la cam-pagne en perspective, ce qui mêle laville et les champs d’une manièrepittoresque. En hiver, les toits sontcouverts d’herbe comme les toits dechaume de nos paysans. Ces diversescirconstances contribuent à donner aRome je ne sais quoi de rustique quiva bien à son histoire. Ses premiersdictateurs conduisaient la charrue.Elle dut l’empire du monde à deslaboureurs, et le plus grand de ses