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[1] (1836) Rome, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par D.-D. Farjasse
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DE TERRAC1NE A ROME .

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qués comme un chant prophétique auxefforts lointains des missionnaires delÉvangile :

Visam Britannos hospitibus feros,

Et lætum equino sanguine Concanum ;Visam pharetratos Gelonos ,

Et Scythicum inviolatus amnem.

ttçm., lîb. III , od. 4-Je verrai le Gelon sauvage,

Les Bretons inhospitaliers,

Et ces peuples qui, pour breuvage,

K'ont que le sang de leurs coursiers.

Tract, de Daku

Ainsi, par linfluence de la sagesseet de la charité, Rome a conservé las-cendant que lui avaient acquis dabordsa valeur et sa magnanimité ; la préé-minence quelle a conservée dans toutesles périodes de sa vie, a réalisé cetteparole fabuleuse de son fondateur. «Vadire aux Romains que les dieux veulentque ma Rome soit la reine de lunivers !

La ville des villes, le temple deléquité , le port les nations trou-veront leur salut ! Abi, nuncia Ro-manis , cælesles ità velle ut mea Romacaput orbis lerrarum sit! (Tite-Live ,i, 16. )

Telles étaient les pensées qui traver-saient mon âme, tandis que je mavan-çais au milieu de la campagne de Rome .Maintenant la ville éternelle sélargis-sait devant moi : elle offrait successi-vement à mes yeux ses tours , ses cou-poles , ses longues lignes de palais,jusquau moment le dôme du Vati­ can , écrasant par sa magnificence tousles édifices qui lenvironnent, eût com-piété ce tableau avec une majesté tou-jours croissante.

Bientôt lobscurité le couvrit de sesvoi es ; je dépassai Torre di Mezza via,ernier port avant darriver à Rome .

a nU ' étai ^ es plus sombres, lorsquej arrivai à la porte de Saint-Jean-de-atran, je pu s néanmoins distinguerdans 1 ombre les murs élevés du Co-lysée.

Lorsquaux premiers transportsdune sensibilité vivement émue a suc-cédé une disposition plus calme, quandlobservation vient remplacer lémo-tion , voici la physionomie générale queRome présenteauvoyageur : «Quoiquecette belle cité, vue intérieurement,offre T aspect de la plupart des autresvilles européennes, elle conserve cepen-dant un caractère particulier. Aucuneautre noffre un pareil mélange darchi-tecture et de ruines, depuis le PanthéondAgrippa jusquaux murailles de Béli­ saire , depuis les monumens apportésdAlexandrie jusquau dôme élevé dansles airs par Michel-Ange . La beautédes femmes est aussi un trait distinctifde Rome , qui néchappe pas à lobser-valion du voyageur. Une singularitéde cette ville, ce sont les troupeaux dechèvres, et surtout ces attelages degrands bœufs aux cornes énormes,couchés aux pieds des obélisques égyp-tiens, parmi les débris du Forum etsous les arcs ils passaient autrefoisdans les triomphes des généraux vain-queurs.

A tous les bruits ordinaires desgrandes cités, se mêle ici le bruit deseaux que lon entend de toutes parts,comme si lon était auprès des fon-taines de Blandusie ou dÉgerie. Duhaut des collines renfermées dans len-ceinte de Rome , ou à lextrémité deplusieurs rues, vous apercevez la cam-pagne en perspective, ce qui mêle laville et les champs dune manièrepittoresque. En hiver, les toits sontcouverts dherbe comme les toits dechaume de nos paysans. Ces diversescirconstances contribuent à donner aRome je ne sais quoi de rustique quiva bien à son histoire. Ses premiersdictateurs conduisaient la charrue.Elle dut lempire du monde à deslaboureurs, et le plus grand de ses