4S4 GEOGRAPHIE MODERNE. Part. I. DE L’EUROPE.
tout l’équipage du Vaisleau, le mirent enpièces, & en firent deux petits bateauxdécouverts, avec lesquels ils se mirenten Mer, & firent tout le trajet jusqu’àKola-, ou ctant arrivez ils suspendirentleurs deux bateaux dans le Magazin desMarchands, pour monument de leurvo-iage & de leurs peines.
II. Le Quartier áes’Terskoi, a 1 * 0 -
rient, a ...
WARSIGA, bourg ou village fur laMer Blanche ; presque vis-à-vis òl Archan-ge!
III. Le Quartier des Bellamoreskoi à l’O-> cident de la Mer Blanche a
KANDALAX & OMBAYdeuxbourgs fur cette Mer.
N B. Les Hollandais appellent cette MerWìtte Zee, & les Moscovites , Belta-more ;& ces deux noms ont la même significa-tion, & veulent dire Mer Blanche. Ainsiles Bellamoreskoi lotit les peuples de la MerBlanche.
Tels font les Etats de la Couronne deMoscovie dans l’ Europe. Ceux qu’elle possé-dé en Asie sont d’une étendue incompara-blement plus grande. Un les verra dansle Livre suivant.
CHAP. XIX.
La Petite Tartarie ,ou
Tartarie Europiexne.
renm YAn distingue deux sortes de Tartarie ,j’une en Asie y & l’autre en Europe : 6 c& parce que la prémiere est vint fois plusgrande que la íèqonde, c’est pour cetteraison qu’on donne à la dernière l’epithetede Petite. .
situation. On comprend fous le nom de PetiteTar-tarie , tous ces païs qui font autour de laMer Noire eu Europe., depuis l’embouchu-re du Z)«»jusqu’à celle du Danube. Aiantla Moscovie, au Nord, avec la Pologne , &la Moldavie à l’Occident.
Moeurs- Les peuples qui l’nabitent font venus deXaGraxdeTartarie , & ont les mêmes mœurs<x ia même Religion que leurs voisins lesTartares de \'Ajìe. Ce font des peuplesinal-faits, de taille médiocre , bafanez,
brutaux, barbares, cruels, qui habitent laplupart dans des Tentes, & qui vivent dece qu’ils pillent fur leurs voisins ; faisantsouvent des courses fur les peuples Chré-tiens , qui font autour d’eux. Comme ilsne font la guerre qu’à cheval, & qu’ils ontde très bons chevaux, propres à faire delongues courses, ils font leurs expéditionsavec une extrême vitesse, tellement qu’ilest presque impossible de se mettre bien engarde contr’eux, (à moins qu’on sle soitdans des villes,) ni de les atteindre quandils fuient. Par la même raison ils ne va-lent rien ni pour défendre ni pour assiégerdes Places, ni pour combattre de pié ser-ine, dans une bataille rangée: toute leurforce consiste dans leur adreste & dans lespiez de leurs chevaux , aussi les a-t on ap-peliez les Chiens courant des Turcs. Quandils tombent fur un païs, ils en levent &emmenent tout, gens & bêtes,à la réservédes vieilles gens qu’ils tuent, & ils ven-dent leurs prises aux Turcs: C’est là leurprincipal commerce; c’est de là que vien-nent tant d’Esclaves qu’on vend ïConstan-tinople. La nourriture ordinaire de cesTartares est le lait aigri, le sang & la chairde,leurs Chevaux, fur tout celle des jeu-nes chevaux,qu’ils préfèrent au bœufs, &qu’ils mangent à demi crue, l’uiant unpeu mortifié fous la selle en courant.
Ils lont Mahométans de Réligio», ôc Rcligìou.vassaux & Alliez des Turcs. Ils tirent tri-but des CircaJJes de leur voisinage.
Ces peuples, furent autrefois dépendans hìíi 0 - &des Monarques de la Grande Tartane jus- còum'e-qu’à la mort de Tamerlan , arrivée l’an 1404. niem .Alors ils se choisirent un Chef de la Mai-son Keraï, dont les descendans occupentencore aujourdhui leThrone de cette Na-tion avec le titre de Kan, Les Turcs, quiles craignent ;s’emparérent déjà l’an 1452.de la ville de Cassa , qui est fur la côte O-rientale, de la t'reíquile de la Crimée , &de tout le teste de cette côte; Mais ils nevinrent à bout de mettre les Tartares dansLur dépendance, que l’an 1584. fous lerégné d ‘‘Amurath 111. ce qui se fit aux con-ditions suivantes :
1. Que quand le Sultan iroit en person-ne en campagne, se Kan des Tartares l’ac-compagneroit avec cent mille hommes;niais quand ce ne servit que se Grand Vi-zir.