6 P+ QEOGRAPHIË MODERNE Part. II. DE L’ASIE.
tites rivières de la Province de ‘ïoraja l’ontrouve de la poudre d’or en quantité , &souvent des lingots d’or dans les Vallées,par où les ravines d’eaux se sont écoulées.
Mais avec tous ces avantages il y a ausside grandes incommoditez. 11 croit dans lesmontagnes de cette Ile une infinité d’ner-bes venimeuses ; il n’y a pas mêinejufqu’àdes arbres, qui n’aient du venin. 11 yena une espèce, qu’on appelle Ipu & Upa,dont l’écorce incisée donne un suc gras &laiteux, qui est un poison le plus pront &le plus violent qu’il y ait au monde. IIsuffit de toucher ou de sentir ces diverspostons pour en mourir; aussi n’emploie-t on pour les recueillir, que des criminelscondamnez à la mort. II y a dans les fo-rêts une quantité prodigieuse de Singes,qui font fort dangereux, fur tout pour lesfemmes , à qui ils font mille indignitez.Mais ils ont pour ennemis mortels, cer-tains gros Serpens, qui leur font la guerrenuit & jour, entre lesquels il’s’en trouved’une st prodigieuse grandeur, qu’ils ava-lent un singe tout d’un coup. Lorsque ceslinges font poursuivis, ils lâchent souventparmi leurs excremens des pierres de be-zoar,qui í'e forment dans leur estomac. En-fin la rivière, dont j’ai parlé, nourrit desSirenes d’une grandeur prodigieuse, dontles hageoires de devant font taillées en for-me de main, & des Crocodiles, qui font fortà craindre.
Mœurs, Les babitans de cette Ile font grands &robustes, laborieux, & capables de soute-nir toute sorte de fatigues, & d’aprendretoute forte d’Arts & de Sciences. Leurteint est un bazané clair ; ils ont lé nezplat & écrasé, ce qui passe parmi eux pourune grande beauté, que les nourrices pren-nent grand foin de procurer aux enfans.Us lbnt fort propres dans leurs habits, ce-pendant ils ne portent ni bas, ni souliers.C’est chez eux une propreté indispensable,que de se teindre les ongles en rouge,&de lescouper une ou deux fois la semaine, parcequ’ils s’imaginent que le Diable se cachedessous, quand ils font longs. Us fontaussi fort curieux de peindre leurs dents,tantôt en noir, tantôt en verd, & le plussouvent en rouge. 11 y en a même qui seles font arracher, pour en porter d’or,d’argent, ou de tombac. Us font bons a-
mis, mais naturellement emportez. Lesfemmes y font fort chastes, mais les hom-mes, qui y font fort jaloux, sontauffifortlibertins ; & tandis qu’ils ne permettentrien à leurs femmes, ils se permettent toutà eux mêmes. Leur manière de décocherleurs fléchés est fort remarquable. Us enmettent une dans une Sarbacane d’ébene,
& ils la souflent avec tant d’adrelle & deforce, qu’ils la font porter juíqu’à 8o. &ioo. pas, & si juste qustls ne manquent ja-mais leur but. U n’y a point de Tailleursparmi eux; ce font les filles qui font tousles habits, tant pour elles que pour les hom-mes. 11 est vrai aussi qu’il n’y a pas grand’façon à leurs habits.
rour ce qui regarde le Gouvernement menc#de cette Ile , elle étoit autrefois partagéeentre íìx ou sept petits Rois; aujourd’hui Division,il n’y en a plus que deux, savoir celui deCeUbes, au Nord; & celui de Macaffar auMidi.
/I. LeRoiaume deCELEBES, tire sonnom de fa Capitale, qui est située aubordde la mer , au fond d’un Golfe. Elle estfort marchande, aiant un bon port, quiest fort fréquenté par les Hollandais , quifont les maîtres du commerce de toutel’Ile.
Les autres villes remarquables de ce Roi-aume font TURATE, CAYALI, TE-TOLI fur la côte Occidentale ; BO-HOL, & MANADO,&c. fur la Septen-trionale.
II. Le Roiaumede MacaJJdr occupe IeMacaífti.Midi de l’Ile, & est long de no. lieues,
& large de 8o. 11 n’étoit pas íì grand au-trefois , mais les derniers Rois l’ont ag-grandi par la Conquête de trois petitsRoiaumes, qui en font aujourd’hui desProvinces: savoir, Mandar, ou Maadar ,Toraja, & Souguis. Le Roiaume est héré-ditaire, mais il passe aux frères du Roi, àl’exclusion de ses Enfans.
MACASSAR ou MANCASSAR m»?®*la Capitale du Roiaume, est située aucoin Cai>u ’du Sud-Ouèst de I lie , a l’embouchurede la grande rivière. Elle est mal bâtie,mais forte, & a un bon port. Les Hollan-dais y sontMaitres, &ilsy tiennent le Roifous leur dépendance, & ce font eux quio tic fortifié la ville. Ils y portent desCottons de Surate, des étoiles de Çoro>nan-
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