Twroir.
Habitant.
Mœurs.
Chap. XIV. LES ILES PHILIPPINES.
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A l’égard de la fertilité du terroir, lesEcrivains ne foin pas d’accord fur ce su-jet. Les anciens en patient, comme d’unpaïs fort fertile, & fort riche- Mais lesNouvelles Relations démentent tout cela,& nous aíïèurent que ces Iles ne font pasà beaucoup près aussi fertiles & aussi riches,qu’on l’a publié; & que même pour cettecause les Espagnols avoient pensé une foisà les abandonner ; & qu’ils ne les gardent,que pour se conserver un pont de com-munication, pour faciliter leur commer-ce, de P Amerique à la Chine & au Japon.Suivant ces relations, on ne trouve dansces Iles aucun des grains & des fruits, quicroisent en Europe, sinon peut être le ris,le millet & les Oranges. Mais on y adivers fruits à'Asie, particulièrement despalmiers, d’où l’on tire une liqueur agré-able, qui tient lieu de vin. C’est ce quien fait la principale richesse. Gn y re-cueille un peu de poivre, de gingembre,de canelle, du miel,de la Cire, & du Co-ton. Le Sucre y est en trcs grande abon-dance, & à grand marché, depuis que lesEspagnols y ont bâti des moulins pour enfaire jdefortequ’on en peut avoir un quin-tal pour quatre francs. On y a quelquesmines d’or & de fer : celles d’or ne retrou-vent que dans file de Mindanao , où ellespourroient raporter beaucoup, íì elles é-toient entre les mains de gens qui sussentles faire valoir. On y trouve, du moinsdans les plus grandes, comme dans celleàe Luçon, diverses efpeces de bêtes sauva-ges, feroces & autres; comme des Ours,des Tigres, des Lions, des Civettes, desCrocodiles, des Perroquets, des Aigles,des Faucons à. à des Serpens d’une gran-deur prodigieuse. En plusieurs lieux leshabitans de la campagne font obligez, defaire lêur demeure fur les arbres, pour íegarentir contre ces bêtes. On trouve furles côtes beaucoup de poisson, à des tor-tues, les plus estimées de l’Orient,à cau-se de la beauté de leurs écailles. Au resteces Iles font fort sujettes auxOuragans,&aux tremblemens de Terre.
Les habitans de ces Iles font de deux
se qu’íls ont une mortelle aversion pourla chair de pourceau. Us font assez trai-tables, & careiíàns envers les Etrangers,mais rusez & adroits pour venir à leursfins avec eux; mais (si nous en croionsun Amem François,) ils haïssent mortelle-ment les Espagnols. Quelques Ecrivainsnous disent qu’íls font d’une humeur pa-cifique, & qu’ils aiment mieux le reposque la guerre. Mais d’autres Auteurs nousdisent précisément le contraire. Qui encroirons- nous? Peut être que dans un sigrand nombre d’Iles, les habitans des uns,font d’une certaine humeur; & ceux desautres, d’une humeur opposée.
Les plus considérables de ces Iles, fontLuçon , ou, Manille', Mindanao', òamar ,ou Tendaye, ou Philippine', Paragea, ouParagoia', Mindora ; Panai, ou Panajotion ;les Negres, Cehu ; Bohol; Leyté ; Panlog ,ou, S Jean &c.
Ferdinand Magellan découvrit ces Ucsl’an 1/20. Elles appartenoient alors à PEm-pereur de la Chine ; Ruï Logez de p'illalo-bos les reconnut ensuite l’an 154t. sous lerégné de Charles V. & Pan 1564. MichelLogez de Legafpé y établit lés Espagnols fousle régné de Philippe lí. par les foins deLouis de Velasco , Vice-Roi du Mexique.Depuis ce tems-là les Espagnols font Maî-tres d’une quarantaine de ces Iles,dont lesprincipales font Luçon, Mindora, Samar,ou Tendaye , & Cehu. Les autres commeMindanao, Panlog ou S, Jean, &c. font àdes Rois, & à des Princes particuliers.
Pour ce qui regarde la Religion , les Religion.Espagnols ont introduit la Catholique Ro-maine, là où ils font Maîtres. Le Roi deMindanao & ses Sujets font Mahométans;tout le r este est Idolâtre.
Ces Iles étant en si grand nombre,il suf-fira de parcourir les principales, & les plusgrandes.
H. t. LUçON, y autres Iles Espagnoles.
L’ile de Luçon . nommée aussi Manilledu 110m de ía Capitale, est la plus Septen-trionale de toutes, comme Mindanao laplus Méridionale. Ces deux Iles font les
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fortes . les Espagnols & ks Originaires. Ces plus grandes de toutes, & forment, pourderniers font bienfaits, aslez spirituels,& ainsi dire, lune , 1 avantgarde. & Painre.
spirituels,
assez blancs pour leur climat, mais sujetsà la lepre ; & c’eít peut être pour cette eau-
Parriére-garde ded’iles.
avantgarde, & l'autre,toute cette multitude
I. LU-