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720 GEOGRAPHIE MODERNE. Part. IIÍ. DE L "AFRIQUE.
i. Le Mont Atlas, qui est une longuechaîne de montagnes, qui s’étend depuisla Mer Occidentale jufqu’à V Egypte , bordanttoute Ja Barbarie, à 60.70. & 80 lieues dela Mer. 11 est extremement haut, & facime est toujours couverte de neige , &presque toujours de nuages. Les Grecs,selon leur bonne coutume , ont contébien des fables touchant cette montagne,mais il n’est pas nécessaire d’en salir lepa-pier.
11. Les Montagnes de la Lune, font uneautre chaîne de montagnes, qui s’étendentdepuis VAbystme íoxt avant au iVlidi.les font extremement hautes, &, de mê-me que A Atlas , toujours couvertes deneige. Jurva^
m. La S+éma Etonna, ou MontagneLionne borde les côtes de la Haute Guinée,On prétend que ce nom lui vient, de ceque les premiers Portugais qui firent voi-le le long de la Guinée , entendirent unbruit horrible, qui venait de cette monta-gne, semblable au rugissement d’unlion.
IV. Toute la Cafrerie ou la pointe Mé-ridionale áe l 'Afriqueed couverte de hau-tes montagnes, dont les plus remarqua-bles fout celles qui forment leCapdetí»»-ne Espérance , nommées la Montagne de laTable, la Montagne d u Diable , & la Monta-gne des Lions. La première tire son nom,de son terrain uni ; & de fes bords escar-pez. Elle est li haute, qu'il faut unjour entier pour y monter ; Quand lesnuées la couvrent, c’est un ligne infailli-ble qu’il y aura bientôt une tempête. LaMontagne d u Diable & celle des Lions fonttout joignant la précédente. Celle là aé-té ainlì appellée , parce que c’est de sonsein & d’entre fes deux pointes , que par-tent ces vents furieux, qui causent les hor-ribles tempêtes, qui l’on éprouve dans ceCap. Celle-ci est ainlì nommée, ou par-ce qu’elle paroit de loin avoir la figured’un Lion ; ou parce qu’elle abonde ences sortes d’anitnaux.
, XII. Les fleuves les plus fameux del 'Afrique font le Nil & le Niger.
1. Le Nil est le plus considérable desdeux. Toute ['Antiquité en a ignoré lessources, tellement qu’elles avoient passéeu Proverbe , pour déiìgner uae ehote d’u-ne obscurité impénétrable. Et peut être
que cela venoit,de ce qu’oti lescherchoîttrop loin; à 10. ou 12 degrez de latitudeMéridionale; au lieu qu’elles sont à 200.lieues plus en deçà, fous le 10.ou 12. de-gré de latitude Septentrionale. Ce n’estdonc que dans le Siécle dernier, qu’on adécouvert, que le Nil fort de la Provincede Goyam dans 1 ' Abijfinie. On voít furune haute montagne de cette Province-làdeux creux profonds, comme deux puitsperdus, à quelques pas l’un d'e l'autre, &au pié de la montagne deux sources, quiy répondent,&qui iont le commencementdu Nil. 11 traverse d’abord un grand Lac,de la Province ùambea , coule au Midi &puis au Nord; traverse toute h Nubie-, &lé précipite embas des rochers fort hautspour entrer en Egypte-, enfin il fe jette dansla Mer par sept bouches, dont les deuxplus éloignées à l’Oecident & à l’Orient,forment une Ile, que les Anciens Grecsont appellée Delta , à cause de fa figuretriangulaire, semblable à celle d’un 4 Grec.Toutes les années au mois de Juin, cefleuve fe déborde en Egypte, & inonde gé-néralement tout le pais, à la hauteur de16. coudées, plus ou moins-», & y produitpar là une merveilleuse fertilité, par le li-mon gras & le nitre qu’il charrie dans leseaux, & qu’tl dépose fur les terres. Ona longtems ignoré la cause de ces débor-demens. Quelques Auteurs Anciens &Modernes les ont attribuez à la violencedes vents de Nord, qui soufflant de la Mer,repoussent les eaux du AWcontre leur sour-ce. Ces vents peuvent íâns doute con-tribuer quelque chose à la production decet effet,comme Pont remarqué quelquesVoiageurs, qui ont navigué fur le Nil enremontant ; mais ils ne (auroient seuls pro-duire cet effet. Aujourd’hui donc on nedoute plus que cela ne vienne des grosses& abondantes pluies , qui tombent íurVEthiopie, dans les mois de Juin, de Juil-let, d’Aojt & de Septembre, & qui gros-sissent tellement le Nil, qu’elles le con-traignent de íortir de son lit,
2. Le Niger, ou selon d’autres, Nijar,est le second fleuve de VAfrique, considé-rable & P ar ía largeur & par fa longueurde son cours. On est encore incertaintouchant son origine. II y a des gens, quiprétendent être bien informez, qui diseur
que