Chap. II. DE LA BARBARIE.
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de 1 ''Europe, qui y font leur commerce àl’abri des traitez de paix, & fous la prote-ction des Consuls, que la France & Y An-gleterre y tiennent ordinairement.
7. La ville & le païs portent le nom deRoiaume, parce qu’autrefois il y a eu desRois. Mais iis appartiennent depuis long-tems à une République Aristocratique, quisubsiste sous la protection du Grand beig-
Rcecnce. neur ' Begence est composée d’unChef, (nommé Dey, c’est à dire Seigneur)& d’un Conseil qu’ils appellent Divan ; c.d. Seigneurie. La charge du Dey est éle-ctive, aufli bien que celle des Conseillers,& elle resiemble à celle du Doge de Genes;& ce font les Conseillers, qui le choisis-sent. Le Grand Seigneur y tient une Ba-cha, non pas pour commander à la Ville,mais ponr tirer le tribut qu’on lui paie, Stpour veiller à la conservation de ses In-térêts.
8. Le terroir de 7 ripoli est fort stérile,ce ne font presque que des Sables mouvans.Au reste il ne faut pas confondre cetteville, arec cette autre Tripoli qui est enSyrie.
9. Capes située à l’emboucbure de la ri-vière du métne nom, autrefois est
fur le rivage de la petite Syrie. C’est laplus considérable du païs , après Tripoli.Elle a un grand & bon port, où les Vais-seaux sont fort àl’abri; le lieu étant dedifficile accès, à cause des bancs de fable,dont le Golfe est parsemé. Le port estdéfendu par une Citadelle. Le Dey y tientun Gouverneur.
Les autres villes font ZOARA , à l’Oc-cident fur la côte, L EBEDA aussi fur lerivage de laMer, anciennement LEPT1SMAGNA, au milieu des côtes, SAR-MANA, HAMROZ dans le païs &c.Mais elles sont peu considérables.
On compte encore la petite Ile de Zer-bi, à l’entrée de la petite Syrte, pour êtredans ce Roiaume. On l’appelloit autre-fois Lotophagitis.
Section III.
Le Roiaume de TUNIS.
1. A l’Ocdident du Roiaume dcTripoli ,la Terre s’avance tellement auNord,qu’il
semble qu’elle veuille aller se joindre avecl ’Europe ; desorte que depuis l e Cap Bonn,jusqu’à la pointe la plus Occidentale dcla Sicile,\[ n’y a qu’un trajet d’environ20.lieues, & d’environ 2f. jusqu’à l’extréiriitéde la Sardaigne; ce qui peut íervir à fairecomprendre , comment étoit possible cequ’on raconte d’un ancien Sicilien , qui a-voit la vue si bonne, que du PromontoireLilibée il découvroit ks Flottes, qui fai-íoient voile de Carthage.
%. C’est là qu’est le Roiaume de Tunis,borné au Nord & à l’Orient par la Mer,au Midi par le Mont Atlas , & au Couchantpar celui d’Alger. 11 est long & étroit:
Sa longueur du Nord au Sud, est de centlieues, St fa largeur de quarante.
' 3 Ce païs est fameux dans l’HistoireHistoireAncienne. C’est là que fut autrefois Cire- Ancienne.thage, cette puilíante République, fondéepar la Reine Didon,tk par une Colonie dePhe’niciens\ laquelle fut longtems la riva-le de Rome, & enfin après trois guerressanglantes, après avoir fait trembler lesRomains par les exploits à' Annibal, tombaenfin fous les armes dc cette fiers Nation,environ zyo ans, avant la naissance dcJésus Christ. Les Romains la rebâtirentensuite, & y mirent une Colonie de leursCitoiens. ‘ Tertullien , & S . Cyprien, quien a été Evêque, lui firent beaucoup d’hon-neur parmi les Chrétiens dans le 111. Sié-cle de Jésus-Christ. Aujourd’hui elle n’estplus qu’un monceau de ruines. Elle étoitextrêmement forte; on peut en lire la de- _scriptíon dans Strabon* ancien Géographe.* LlV ' l 3 <
4, Le Roiaume de Tunis comprend ceque les Anciens ont corrnu fous le nomd’Afrique, (pris dans son sens le plus res-serré ,) & de Byzacene.
f. 11 est arrosé dequelquesrivières, dont,,. -, ,deux entr’autres, font assez considérables; ' eieSj 'le Guaâilbarbar à l’Occident, fait les bor-nes du païs, & le sépare de celui à'Alger.
II va tellement serpentant, que si on vou-loir le suivre dans ses tours & détours, onle pasteroit zyfois dans l’espace de 4 lieues.
Le Magrady qui est le B agradas des an-ciens, arroíe le milieu du païs.
6 . L’air de ce pais-là est allez temperé ^ct saiu : mats le terroir y est fort inégal.Terroir.
A l’Orient ct au Nord il est généralementaride & stérile, mais à l’Occident >1 estZzz z très-