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[Tome troisième - tome quatrième.]
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fertile.

Abondan-ce d’or.

Commer-

ce.

GEOGR. MOD. Part. III. DE L’AFR. C. VIÍ. LA GUINE'E. 757

raisons de la malignité de l’air du pais;Tune est la grande chaleur du jour, suiviede la grande fraîcheur de la nuit. Ce chan-gement fi pront du chaud au froid, ne peutque causer un grand dérangement dans lescorps, particulièrement en ceux qui n yfont pas accoutumez; de là vient qu’iln’ya presque pas un Européen, qui n’y tombemalade. En second lieu, toute la côteest bordée de hautes montagnes, d’où s’é-leve tous les matins un brouillard épais &puant, qui se répand sur la terre en fi gran-de abondance, qu’il n’est pas possible den’en être pas infecté.

4. Le terroir y est fort fertile; & pro-duit abondamment du ris, du mil,de for-ge, du poivre, du sucre, & diverses for-tes d’exceìlens fruits;particulièrement ce-lui d’uneespece de palmier, dont on tirede l’huile & du vin Le vin est fort déli-cat, quand il est nouveaux, & fi violentqu’il eny vre. Mais ce qu’on y trouve deplus important, & qui y a tant attiré deNations Européennes , c’esl l'abondance defor qu’on en tire. Les Negres tirent for,en partie d u fable de quelques rivières, &de quelques endroits du rivage de la mer;& en partie des Mines, je dis les Negres;car lesEuropéens n’aprochent pointées mi-nes, ne savent point où elles font; & lesNegres ont grand soin de. les leur cacher.Un habile homme qui nous a donné une* description étendue de la Guinée , com-pte qu’en tems de paix les Européens tirenttoutes les années de ce païs-là environ septmille marcs d’or ; savoir la CompagnieHollandoife ifoo. marcs , Y Anglaise 1200.les Vaisseaux Zelandois , qui y vont négo-cier fans permission 1500. Les Anglois quincgocíent íànspermission 1000. ltsBrar.de-houtgeois & les Danois ensemble 1000. lesPortugais & les François ensemble 800.

f. Outre le trafic de for, il s’y fait en-core un très grand commerce de diversesmarchandises, de cire, d’ambre, de co-ton, de cuirs, de chats de mer, & parti-culièrement dedents d’Elephans à d’L sc la-ves. On tire ces choses des Negres, & onleur donne en échange , des toiles, desdraps, des pièces de verre, du fer, de lapoudre à canon & des fu/ils.

* Bofmun, Vtiiag* de Guinée, I70f ,

6. II y a dans ce pais-là quantité d’espè- Aiumaus.ces d’animaux disterens, domestiques,sau-vages. Les moutons y font la moitié pluspetits à plus maigres qu’en Europe ; & ont

du poil au lieu de laiue. II s’y trouve desElephans, des Tigres, des Léopards, desPerroquets, des faons, & deux ou troissortes de Singes. II y a de ces Singes,nommée Barris, qui sont fort adroits, &qu’on exerce , dit-on , à rendre diversservices dans la cuisine, comme à porterde seau, & à tourner la broche; mais ily en a d’autres, qui sont gros & fort mau-vais, & qui, lors qu’ils rencontrent lesNegres dans les bois, les contraignent defe battre avec eux en leur présentant unbâton. Les chiens qu’on porte dans cepaïs-là, changent extremement, & à laz°. ou 4 0 . génération ils n’aboient plus.

Les Negres aiment extremement leur chair,

& quand on leur en porte, on peut les ven-dre assez cher. II s’y trouve grand nombrede reptiles & d’insectes, particulièrementdesSerpens de diverses fortes; il yen a quiontdeux pattes, qui leur fervent à fe dresser& à marcher; il y en a d’autres, qui sontd’une grosseur prodigieuse , & qui avalentdes Cerfs & des hommes tout entiers. IIs’y trouve une quantité prodigieuse de rats& de fourmis. Ces derniérs y font extre-mement mauvaises. Elles entrent jusquesdans les chambres, & contraignent les gensd’en sortir. Nul animal ne peut leur ré-sister. Les rats, quoique legers à la cour-se, ne peuvent leur échaper. Si pendantla nuit elles attaquent un mouton vivant,elles le rongent si bien, que le lendemainil n’en reste que !a carcasse.

La mer fournit le long des côtes quan- »

tité de poissons délicats, & d’un fort boagoût.

7. Les habitait! de la Guinée ont le mê- Qaalîtcr-me teint que ceux de la Nigritie, c’est à &dire entièrement noir ; c’est pourquoi 0 n dcsH » bi 'appelle Negres indifféremment les uns & tans *les autres. Ils sont de belle taille forts

& vigoureux, assez industrieux, mais lâ-ches , pareíîeux, tamcans, S- ignorans Usne lavent n. lire ni écrire; H négligententieremenc 1 éducation de leurs Enfans:les laiííant courir là où ils veulent, dès qu’ilssavent marcher leu ls, fans fe mettre enpei-D d d d d ne