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[Tome troisième - tome quatrième.]
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Chap. VII. LA GUINEE.

Crocodiles Sc des Hippopotames , ou Che-vaux Marins. II s’y trouve aussi un petitDtU-viseh. pQissijn , qui fait trembler ceux qui le tou-chent; c’eft pourquoi les Hoilandois rap-pellent Drillfisch , c’est-à dire , poijjbn àtrembler .

f. Les Forêts & les Campagnes y íontremplies de diverses bêtes feroces, commeTigres, Léopards, Cerfs, Sangliers, Ele-phans, Chevaux, Anes, Chats ctChevres,tous sauvages; Civettes; brebis, qui ontles piez & le poil de chien,- mais la chairfort délicate ; Les perroquets, tortues de. terre. autruches, cigognes, pigeons, per-

drix &c. y font en grande quantité.

Habicans 6. Les habitans du pars de Bénin ne le&kurs cedent point pour l’efprit à aucunedespeu-M*ms. p] es (je j a Nigritie & de la Guinée, Ils fonthumains, civils, hon êtes envers les Étran-gers, & fideles dans le commerce; aiantenaveriìon le vol, le larcin & la fraude. Dureste ils font d’un tempérament extreme-ment porté à la lubricité, & la polygamiey est en usage, comme par toutailleurs.

Ils ont des usages fort particuliers. Hom-mes & femmes, tout y vanû entièrement,même à la Cour du Roi jusqu’à ee qu’ilssoient mariez. Dès là il leur estpermisdeprendre un habit. Les pauvres ne por-tent qu’une piéce de toile, dont ils fe cou-vrent. Les riches en ont deux, & quel-ques uns jusqu’à quatre. II leur est aussidéfendu de porter leurs cheveux, jufqu’àce qu’ils en aient obtenu du Roi la per-mission. 11s circoncisent leurs enfans,gar-çons & filles, 8. ou if. jours , après ] e urnaiíïance. Outre cela ils leur font des in-cisions par tout le Corps, & plus aux fil-les qu’aux garçons. Quand ils fe marient,ils doivent bâtir une maison à leur femme;mais la dépense n’en doit pas être fortgrande; cat tomes les maisons yfontbâtiesde bois & d’argile ; .patce que dans tout lepaïs on ne sautoir trouver une pierrede lagrosseur du poing.

Religion. 7 . Quant à leur Réligion, ils reconnoif-sent bien un Dieu, qui a créé le Ciel & laTerre,& qui les gouverne, mais ils s’ima-ginent qu’ìl n’est pas nécessaire de Ifl ser-vir, parce qu’il est bon de fa Nature, &qu’il ne peut taire quedu bien. En échan-ge ils commissent un Diable ou Esprit ma-lin , auquel ils attribuent beaucoup de

puissance, &qui, selon leur opinion, semêle beaucoup plus que Dieu , du gou-vernement du monde, & croient qu’il fautlui rendre des hommages, & lui offrir dessacrifices, afin de íe le rendre favorable.

C’est pourquoiilslui sacrifient, pour I’ap-p ai fer , non seulement des bêtes , maismême quelquefois des hommes, quand ilprend fantaisie au Roi de l’ordonner. Ilsont un jour de fête, périodique & réglé,comme nôtre Dimanche, qui revient tousles cinq jours. Ils l’observent fort solen-nellement ; ct le celebrent par des sacrifi-ces. Les riches immolent des vaches, desmoutons , & des chevres ; & les pauvresoffrent des chiens, des chats ctdes poules.

Ils comptent 14. mois dans l’année. Lesfemmes y sont fort malheureuses. Lors-qu’un père de famille meurt, fa veûve estesclaveide son fils aine, k ne peut remariermalgré lui.

8. La plus grande partie du païs appar-tient à un seul Prince.

j. BENIN, la Capitale, est unegran* Bi:nín Cjp.de ville, quia plus de cinq lieues de tour.

Elie est située au bord d’une rivière, quife jette dans le Lac de Curamo. Le PalaisRoial est de grand’étenduc, & magnifiqueselon le païs. Le toit est porté par descolomnes de bois, & couvert de plaquesde laiton ou de cuivre jaune, ctl’onyvoidreprésentées les batailles & les actions lesplus glorieuses des Rois & de la Nation.

Cette vil le passe pour la meilleure ct la plusforte, qu’il y ait entre tous les Roiaumesdes Negres ; aiant à l’Orient une bonnemuraille, forte & épaistè avec un marais,ct à l'Occident aussi un marais,

2. CURAMO est une ville considéra-ble fur le Lac de ce nom , au bout de l’Ilequ’il fait, en fe jettant dans la Mer.

3. AREBO est une petite villefort peu-plée. On y a une coutume horriblementbarbare. Quand une femme accouche de'deux enfans , on prend cela pour untrcs-"'^'mauvais présage; on fait mourir la mère

& les enfans, ct on les sacrifie au Diable-qui fe tient, disent ils, prés de là dans unbois. òi le mari a du bien , il racheté lafemme, ct sacrifienneesclave à là place;mais pour les enfans, il ell impossible deles rachetter.

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