7 8o GEOGRAPHIE MODERNE. Part. III. DE L’AFRIQUE.
noît qne deux Saisons, l’Hiver & l’Eté.L’Hiver ne différé guère de l’Eté,que parles longues & violentes pluies, qui y tom-bent depuis le mois d’AvriTjusqu’e-n Aout:du relie la chaleur y est à peu près la mê-me tout du long de Tannée.
Terroir. - 4. Le terroir n’y est pas égal par tout.En certains endroits il y a des Déserts degrande étendue ; en d’autres ía terre estfertile, & produit diverses (ortes de fruits,particulièrement des bananes, dont les ha-bitans font du pain, des cannes de sucre ,& des palmiers, d’où ils tirent du vin.Quaiîtez Les peuples du païs, lesquels 011110m-8c Mours me Axziques , ou Anzuains , sont noirs,ouau!i ût robustes , vigoureux , mais cruels & an-thropophages, ou mangeurs d’homme.s.
Dans MONSOL Capitale du païs ontient boucherie ouverte de chair humaine:&cce n'est point faute d’autre viande, q u'onfait cela, car on n’y manque tiî de bétail,ni de provisions ; mais par un taffinemencbarbare de délicatesse. Tous les jours,pour l’entretien du Roi & de fa Cour, ontue 200. nommes , dont une partie fontdes criminels , & l’autre des esclaves detribut. On apprête la chair de ces malheu-reux , pour la bouche du Roi, tout com-me du bœuf & du mouton. 11 est aisé dejuger par là que ces peuples font Païens.
Ce Roi est fort puissant, St il a douzeRois pour Vaslaux,
ï/gmées. Dans certains Déserts de ce païs-là ontrouve des peuples de Nains blancs, quicombattent pour la défense de leurs trou-peaux, contre des oiseaux d’une grandeurextraordinaire, qui viennent enlever leursmoutons. Ce font faus doute ceux dontles anciens ont voulu parler, quand ils ontdit qu’il y a dans le fond del 'Afrique, desPygixe'es qui combattoient contre les Grues.On a iongtems traité cela de fable ; maisles Relations des voiageurs nous ont apris.qu’il y avoir du vrai dans ce récit.
On trouve aussi dans le même païs &dans celui de Loango ì qui est au voisinage,\me certaine race d’hommes blancs, quele Roi de boango entretient par curiositéaussi bien que des Nains; ce qui doit pa-roitre bien surprenant dans un païs , oùles habitais font généralement noirs com-me I 3 ^es hommes blancs ont les
phcyeiiî blonds- les yeux bleus, le visage
& le corps si blanc, qu’on les prendroitde'loin, pour des Anglais ou des Hotlandois ;mais lors qu’on s’aproche d’eux on s’ap-perçoit de la difference. Ce n’est pointune blancheur vive que celle de leur teint,mais pâle & livide, comme celle d’un lé-preux, ou d’un corps mort. Leurs yeuxfont languissans & foibles aujour ; mais ilsont la vue forte & les yeux brillans à laclarté de la Lune. LesNegres regardentces hommes blancs comme des monstres,& ne leur permettent pas de multiplier. <Isviennent d’un père & d’une mère Nègres;ce qui est, à mon gré, un mystère de Phy-sique, bien difficile à pénétrer.
C H A P. XIII.
DE L’ETHiOPIE , engèvéral,
& m particulier DE L’ABYSSINIE.
N fous avons parcouru les deux coins deT Afrique, qui font à TOccident & auMidi; il reste à voir le troisième qui est auNord, & qui comprend T Ethiopie & \’E-gypte . L ’Ethiopie fera la matiéere de troisChapitres.
Le nom à'Ethiopie ne íigssifie pas lamé- Nomme chose chez tous les Auteurs. Les uns,îmitaus les Anciens , comprennent fousce Nom, tous les païs dont les habitanssont absolument noirs,du moins ceux quifont depuis le fleuve Niger jusqu’au tourde {'Equateur : & dans ce sens ils distin-guent T Ethiopie en Extérieure N Intérieure;donnant le nom d ’Ethiopie Extérieure à laNigritie , 6t aux Etats voisins,au Midi; &le nom à'Ethiopie intérieure , à ces païs que
Q aiures aypcucm yiupiciiicm (ment Ethiopie , lavoir l 'Abyffwie &. la Nu-bie. D’autres comprennent sous ce nomà'Ethiopie non feulement les deux Roiau-mes dont je viens de parler, mais aussi ] epaïs desGW/e.r, laCôte à'A jan & celled’/í-beche. jNous le prendrons ici dans ce der-nier sens, qui nous paroit le plus raison-nable,aussi bienque le plus commode pourla Méthode Nous traiterons donc sousle noir) à'Ethiopie:
i. L’AbytJinie.
n- Le pai s de$GW/e.r, & les côtes d’A~jdfZ & G ÂbêçkCi
six.