7pi GEOGRAPHIE MODERNE. Part. III. DE L’AFRIQUE.
Meroé île. on lit Strabon avec attention,!]faut
convenir que c’estdans la Nubie qn'on doitchercher ]a fameuse Ile de Meroé, lì célé-bré dans l’Antiquíré; joint à cela, que se-lon !e calcul de £^«5 elle étoit située fousle ió degré de latitude. Cette Ile étoitla ProvinceEoiale, & l’on y voioit Napatala ville Capitale, où residoient ordinaire-ment les Reines du pars, (car ílsn’avoientpas des Rois, mais des Reines;) & cesReines portoient toutes le nom deC«r»àe,comme les premiers R ois d 'Egypte celui dePharaon, & les derniers celui de Ptolomée.Il yen eut vue, qui vers le terris de la nais-sance de Jesus-Chriíl , fit parler de soncourage,& osaíaire laguerreau t Romains,dans la Haute Egypte Mais mal lui enprit. Les Romains an trérent dans son Roiau-me,Iui prirent deux villes Pselchah Prem-nis, & passèrent ensuite dans file de Me-roe', & se rendirent Maîtres de Napata laCapitale ; & la contraignirent de demanderhumblement la paix à ['Empereur Auguste.L’Eunuque de la Reine Candace, dont ilçst parlé au 8. des Actes, étoit Officier decette Reine, ou d’une autre, qui lui avoitsuccédé.
Meroé ne Cette Ile deMers/ne paroit plus aujour-“ â'hui. Non seulement les noms anciensd'hai. font changez, mais les choses même ontchangé de face, tellement qu’on ne voitaucune Ile parfaite dans la Nubie. Il y abien des endroits où le Nil fait de grandscontours,& d’autres où le AS/& d’autres ri-vières ensemble renferment un espace con-sidérable du pais ; & l’on peut regarder cesendroits là comme des Presqu’îles, maisil ne s’y trouve aucune Ile entière. M.LudoJfá ans son Histoire d ’Ethiopie conje-cture que l’un des bras du NU a été délié-,ché depuis quelquesSiécles,ou par la lon-gueur du temps, ou par quelque tremble-ment de terre, ce qui fait qu’il n’y a plusd’IIe. La même chose est-arrivée à d’au-tr.es rivières. .D’ailleurs puisque des septbouches áu NU, par lesquelles il sejet-toit autrefois dans la-Méditerranée, il yen a aujourd’hui cinq débouchées; ce quiest arrivé à ces cinq Canaux dans ?Egypte,peut bien être arrivé à un l'eul dans laNubie,
Ail re(îe les Géographes Modernes don-
nent le nom de Guégueré, au pais qui tientla place de Pile de Meroé.
6 . L’air y est extrêmement chaud; & leAír, scterroir généralement aride , quoi qu’il Tect01usoit arrosé par un assez bon nombre degrosses rivières. Le long de ces rivières le
pais est fertile; mais à í’Orient ce sont dehautes montagnes stériles & désertes, peu-plées de Lions , de Tigres , & d’autres ani-maux farouches, & à l’Occídent ce sontdes Déserts sablonneux & brulans ; oùl’on peut faire 100. lieues fans trouver dcPeau.
Les endroits qui font cultivez, étant ar-rosez par le débordement du Nil, sont fer-tiles en toutes choses,particulièrementetibons fruits, & en pâturages. On y a enabondance de l’or,de la Civette,du Musc,de l’yvoire , du bois deSaudal ,& du sucre.
Mais les Nubiens ne savent pas la bonnemaniéré de préparer le lucre & le laissentdans fa noirceur. On y a des Chameaux,des Elephans & des Chevaux,qui font fortbeaux, & qui se vendent chèrement. Ony a aussi, dit-on, particulièrement une e-spéce de poison si violent ,qu’un seul grainpeut tuer dix hommes -.aussi coute-t-il centducats Ponce. On le vend aux Etrangers,en leur faisant prêter serment de ne s’enservir jamais dans le pais.
7. Les habitans font extrêmement Noir s, Hjhiríns& s’habillent ordinairement de toile decot-Sr leurston. 11s font robustes,courageux, & alíèzi( socur * &adroits. Ils s’apliquent au trafic & au labourage. II y en a plusieurs qui vont cher-cher fortune en Egypte, comme étant un
pais meilleur que lé leur. Les uns s’y é-tablislenr, & embrassent le Mahometilme.
Les autres, aiant un peu garni leur gous-ser, s’en retournent dans leur pais pourjouïr paisiblement chez eux de cequ’ilsomamasté- On en trouve grand nombre dansJe Grand Caìro Capitale de P Egypte.
8. Ils ont cté autrefois Chrétiens, de lagéiMou.même maniéré que le sont aujourd’hui lesMyjsins, & il n’y a pas longtems qu’ils Pé-toient encore, hlmacin dans son Histoire
des Sarrazins, nous parle d’un Roi, nom-mé Cyrenius, qui votant lés Chrétiens mal-traitez en Egyp te par les Sarrazins, menacontr’eux enEgypte une armée de cent milleChevaux noirs, montez d’autant de Cava-liers
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