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[Tome troisième - tome quatrième.]
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8oo GEOGRAPHIE MODERNE. Part. III. DE L’AFRIQUE.

Montagnes. 4- Dans toute fa longueur, depuis lesfrontières de Nubie, julqu’au GrandCaire,à la droite & à la gauche du Nil, elle estbordée de hautes montagnes, qui ne laislentqu’un espace fort étroit entre deux. Dansla Haute Egypte il n’y a que quatre lieuesen largeur de pais bien uni; & huit à dixlieues de pais habité : tout le reste du paisqui n’est que montagnes horribles, à l’O-rient & àl’Occident, est inculte & désert.

11 en est à peu près de même de la partiedu milieu, qui s’étend jufqu’au GrandCaì-re, St qu! n’est gueres plus large. Mais de-puis le Grand Caire jufqu’a la lier Mcdi-terranée le pais est plus ouvert & plus spa-cieux , mais bordé de déserts de part & d’au-tre. Depuis Alexandrie juíqu’à Damìetteon compte environ óo. lieues. Les mon-tagnes qui font à l’Ûrient du Nil s’appel-loient autrefois Arabiques , & celles quifont à ion Occident, Libyques. Entre les .prémieres & la Mer Rouge il y a de vastesdéserts, & un pais généralement sec, stéri-le & brûlant, & il n’y a que très-peu deplaces habitées fur les bords de cette mer.Nil, & son j-, L’jEçypíen’a qu’une seule rivière, quiest le Nil; mais il en vaut lui seul plusieursutile. autres; puilque c est M! qui chaque annéepar ses débordemens reglez & périodiques,porte la fertilité dans toute VEgypte, ^quiseroit sans cela stérile, & aride. 11 vientde la Nubie, & entre dans l’ Egypte au des-sus á'Affuana ; ou, pour mieux dire, il n’yentre pas, mais il s’y précipite, tombantd’une montagne, qui a plus de 200 píezdehaut ; avec un bruit horrible. Ses eauxtombent de cette montagne par plusieursouvertures, mais le seul endroit remarqua-ble est une belle nape d’eau , de 30, piezde largeur, qui forme en tombant une espe-ce d’arcade, par dessous laquelle onpour-roit patïer faus se mouiller. Les Barbu-rìns qui passent de 'Nubie en Egypte , y de-scendent avec des radeaux , lans se faireaucun mal ; & l’on void par Strabon queleurs Ancêtres saisissent deja la même cho-se il y a 17CO. ans. Delà il coule toutdroit au Nord, jusqu’au dessous du GrandCaire , où il se partage en deux branches,par lesquelles il se décharge dans la Medi-terrance . Comme ces deux branches duNd s éloignent considérablement l’une del’auite, elles toc ment une Ile d’une éten-

due considérable, qssè les anciens ont ap-pelléc Delta, du nom de la Lettre Grec-que A à laquelle elle ne ressemble pas mal.Cette Ile peut avoir 40. lieues de longueur, '& 30.de largeur. Anciennement le NU Tedéchargeoit dans la Mer par sept grandsCanaux, outre un grand nombre de petits;mais le tems en a fait disparoitre cinq.Toutes les années vers le milieu de Juince fleuve fort de scs bords, & inonde tou-te l’ Egypte. Cela dure environ 40. jours;après quoi il rentre peu à peu dans son lir,& au bout de2..mois, plus ou moins se-lon la diversité des lieux, la terre est'des-séchée , & l’on peut semer. C'est par cesdébordemens qu’il fertilise toute l’ Egypte,lui servant tout à la fois & de pluie pourl’hnmecter, & de graisse pour l'échauffer,par le Nitre que ses eaux charrient. Maispour faire la fertilité nécessaire, il faut qu’ilne couvre la terre qu’à une certaine hau-teur ; qu’on avoit autrefois réduite à la me-sure de 14 jusqu’à 16. coudées. S’il de-meuroit au dessous de cette mesure, ou s’illa pássoit, on s’attendoit 2 la famine, oudu moins à la disette. Les terres font tel-lement fertilisées par le limon qu’il y lais-se, que les habítanssont quelquefois obli-gez d’y jetter du fable pour en temperer !afécondité. Au reste on dit que les eaux dece fleuve, font fi legeres & Il bonnes, quequand en Eté l’on en boiroit un seau, el-les ne feroient point de mal. On ne larend point par les urines , mais elle trait,spire par les sueurs.

6 . Mais la même cause qui fait tant debien à YEgypte, y fait aussi bien du mal paraccident. L’air y est sort chaud ; & le li-mon, que le Nil alaiílé sur la terre, étantéenauffé violemment, non feulement pro-duit des Nuées d’iníectes , qui font fortincommodes , mais déplus exhale des va-peurs malignes, qui infectent l’air. telle-ment qu’ílest généralementassez mal-sainexcepté au bord de la mer, du côté à'Ale-xandrie; ce qui joint à la malpropreté deshabitans y produit souvent la peste; ct l'ondit qu’elle y revient de 7. e q 7. ans. 11 ypleut ordinairement depuis le mois de De-cembre jusqu à la fin deFevrier; & lapinsagréable saison est depuis Novembre jus-qu’au milieu d Avril. Mais cela ne se doitentendre que des deux parties Inférieures