Chap. XVI. L’EGYPTE. g c $
3. La Basse Egypte , nommée autrefoisDelta-, & par les'Turcs Erris.nìa?t mne * ( '-' es tro,s pârtles font subivisées en qua-torze Gouvernemens, y compris celui duBassa, qui est le Gouverneur général dupaïs,& qui a aussi faProvince particulièreautour du Grand Caire.
1 . La Haute Egypte.
La Haute Egypte s’étend depuis Assuanajusqu 'ìSijut. On l’appelloitautrefois The.laide , du nom de Thebes fa Capitale. IInf pleut jamais, & c’est la feule partie deVEgypte, où il y ait des palmiers, qui por-tent du fruit. Elle a de longueur douzejournées de chameaux.
Villes. On y voit les villes suivantes, au borddu2V//;en décendunt ce fleuve: à l’OrientASSUANA , T U O T LOXOR,GHANA, JEHMIN, MINIO & AL-MONA & àrOccídent, ASNA, AR-MAND autrefois HERMONT 1 S,DENDERA, GIRGE', & SAID ouSIJUT.
ASSUANA, ou ASSOUAN, est laSyené des Anciens, située fous le Tropique.11 y a tout près de là une petite Ile, queforme le Nil, où étoit autrefois une villenommée EJephantìna. Cette Ile avoit aussile nom de Syené-, les Turcs, rappellentBilae.
GHANA, C ANA, ou C AANA, an-ciennement COENE , est une fort jolieville. II y a dans ce païs-là un poisson,que les gens du païs appellent Tiajse ouToajse. II est presque rond, mais un peuovale, avec 4. piez sort courts, sembla-bles à des piez d’oie. II est l’ennemi jurédes Crocodiles. Quand il en trouve lesœufs, il les casse tous; il en mange lespetits, & il en fait une grande destruction.II est aussi ennemi des hommes.
Entre GHANA & ASSOUAN, on■ rencontre les ruines d’une grande ville,qui font voir des débris d’une splendeur& d’une magnificence inconcevable. Cesont les ruines de Tancíenne Thebes, nom-mée aussi Diospolis , qui étoit surnomméeìx,aTÔ[A7ruA@", Hecatompylos , ville à cent por-tes, à cause de sa grandeur prodigieuse.
Près d eGhana on voit aussi les rqïnesdeCoptos , autre ville qui a été célébré dansl’autiquité.
DENDERA est la 7e»tyrades Anciens.
Ses habitans se dîstinguoient autrefois d’a-vec le reste de l 'Egypte, par leur aversionpour le Crocodile, que les autres Egyptiensadoroîent, & par leur adresse à toucher& à manier ces animaux, fans en recevoiraucun mal.
GIRGE',ou GIRGIO est aujourd’hui la G:r g'®ville Capitale de la Haute Egypte ; & c’en c,r “’est aussi la plus grande & la plus belle. Ony compte 25. mille habitans; & environ14. à ryoo. Chrétiens Copistes. II s’y trouveaussi quelques Juifs. Elle est à un milledu bord du Nil.
ICHMIN on ACKEMIN presquevis-à-vis de Girge', est une ville médiocredans le voisinage de laquelle on voit unchamp dont la terre est d’un brun rougeâ-tre. On dit que cette couleur lui vient,du sang de 80. mille Martyrs Chrétiens,qui furent mis à mort dans cet endroit.
SIJOUT ou SAID est une fort gran-de ville, qui a donné son nom à cettepar-tie de VEgypte.
A la droite & à la gauche de cette Eto-/àvince , il y a entre les montagnes qui la ^bordent, de vastes déserts, qui furent au-trefois peuplées d’Hermites & de Moinesdès le milieu du III. siécle de J.C. à l’oc-caíïon de la cruelle persécution de Décius.
Ceux qui sont à l’Orient portoient parti-culièrement le nom de Déserts àzThébaide.II s’y trouve aussi quelques pauvres Mona-stères. Ceux qui font à l’Occident, por-toient le nom àé Oasis ou Jnasis. Nousaprenons de Sirabon , que les Egyptiens ap-pellent Auafe, leslieux fertiles ot cultivez,qui étoient environnez de sables, &qni é~toient dans les déserts ; comme des Ilesdans la Mer. II en compte trois, & parce qu’il en dit, je conjecture que ce fontles trois petits païs, qu’on appelle aujour-d’hui Eléocats J’en ai parlé ci-dessus àl’article du Désert de Barca.
Autrefois du temps des Ptokmées, il yavoit dans la Haute Egypte , au bord de laMer Rouge, deux villes célébrés, MYOS-HORMOS & BERENICE, foutes lesMarchandises qui venoient d ’Arabie , &d ’Ethiopie & des Indes par la Mer Rouge , ar-rivoient à l’une de ces deux places, & par-ticulièrement à la prémiére d’où on lesvoituroit àCofZWj&delà on les distribuoit
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