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[Tome troisième - tome quatrième.]
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Chap. XVII. LES ILES D’AFRIQUE. g 0

cause de fa tête blanche, qui brûle mer-veilleusement lorsque les raions du Soleil. donnent deílus.

iitoirc. Q n âit que trois Espagnols aram eu la cu-riosité de monter jufqu’au plus haut sorn-rnet de cette montagne, y moururent furJe champ, y aiunt trouvé un air trop subtilpour les poumons des hommes; à peu prèscomme les poissons , qui accoutumez àl’élement grossier de Peau , ne peuventp)us vivre , dès qu’on les tire dans nôtreair.

IV. L’Jle de FER est la plus Occiden-tale de toutes ; & c’eíl pour cette Causeque les Géographes Modernes lotit enfinconvenus, ;epense, d’y foire passer lepré-mier Méridien , à l’imirarion de quelquesAnciens.

Elle a 8. à j o. lieues de long, 4. ou r.circuit. large, & 20. à 24. de circuitN o, n. On dit qu’eile clt appelIce Ile de fer,parce qu’il semble que le Ciel & ìaTerre ysont de fer Sc (f acier. Le Ciel y dunnetrès-peu de pluie , & le terroir y est extrême-ment durôt sec; & néanmoins leSag'e Au-teur de la Nature y a si bien pourvu à tout,que cette Ile est aussi fertile qu’aucunedesautres.

ArWemet- Mais ce qn'il y a de plus digne deremar-veiiieux. est cet arbre merveilleux, uniqueen

son espèce, qui fournit d’eau toute l’íle,tant pour les-hommes que pour les bêtes.Cet arbre, que les habitans appellent Came,Gnroc, ou Arbre Saint, unique en Ion espèce,est gros & large de branches; son tronc a en-viron 12. piez de tour; lés réussies fom unpeu plus grosses que celle» des noiers, dctoujours vertes ; il porte un fruit, sem-blable à un gland, qui a un noiáu d’ungoílraromatique, doux & piquant. Cet arbreest perpétueileipent couvert d’un Nuage,qui l’humecte par tout, ensortê que l’cauen distille goutte à goutte par les branches,

& par les feuilles, en telle quantité qu’onen peur emplir30. tonneaux parjour. Cer-te eau est extrêmement fraîche,.claire T fortbonne à boire & fort faine. Elle tombedans deux balïms-’de -pierre que les Insulai-res ont bâtis pour la recevoir. Le nuagequi couvre cet arbre ne ledissipe pas; Cu-lement dans les grandes chaleurs de l'Etéil se diminue un peu; mais en échange la, mer envoie une vapeur épaisse, i^ui íejet-

te fur l’arbre, & qui supplée à ce man-quement.

On void dans cette île, uneville, avccquelques.bourgs & villages.

La vìiC s’appelle HlERRO. On y aune belle Eglise avec un Couvent de Cor-deliers.

V. L’Ilede la PALME estau Nord-Eslde la précédente, & d’uue grandeur à peuprès égale.

Le terroir y est fort fertile, auslì est el-Terroirle très-peaplée. Elle est aussi très-bien for- Femle -tifiée, tellement qu’il setoit fort difficiled’y faire une descente comie le gré deshabitans.

S.CROZ DE LA PALMA est leprincipal lieu de l’ile.

VI. L’íle deGOMER A est eneorepluspetite que les deux précédentes, ótn’ariende particulier. Elle est entre les Iles def er & de Temriffe.

VU. L’He de LANCEROTTE ou deLANCELLOTTE, est fous le 6- Mé-ridien , & fous le 29. degré de latitude. El-le a environ 12. lieues de long, 8. ou 9.de large : & environ 40. de circuit. Elleest très-fertile.

Au Nord de cette Ile, on en void deuxou trois autres petites, qui font aussi assezfertiles, GRATIOSA, ALAGRANçA,

&c,

1. L'air de ces Iles est fort chaud, aussi

la moisson s’y Lit elle dans les mois de l- ‘Mars dt d’Avril. Le terroir produit enabondance du froment, del’orge, du mil-let, des figues, des oranges, des citrons,des grenades & divers autres bons fruits,,du sucre & du vin excellent, qu’on trans-porte par toute VEurope. Des Anglais etl-tt’autres èn chargent plusieurs milliers detonneaux chaqftie aimée.-IIy'croitaussi despalmiers, des dragouniers, arbres qui pro-duisent cette gomme médecinale , qu’ottnomme sang de dragon. On y trouve desbœufs, quantité de boucs & de chèvres desânes sauvages, & toute forte d’oiseaux: par-ticulièrement ces jolis serins, dont on aaporté lq race en Europe. Et ce qu’ìl y kde meilleur a mon g>c; on n’y rencontreaucun infecte m animal vénimeux.

2. Le commerce qui s’y fait consiste commer-principalenrient en vin, en lucre, engom-ce-rnes , en sang de dragon , & en oriíesie.

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