Band 
[Tome troisième - tome quatrième.]
Seite
813
JPEG-Download
 

Chap. XVII. LES ÎLES D’AFRIQUE.

de sucre, du cedre, des cocos, des oran-ges, des citron-s &c. On y trouve en abon-dance des chevaux, des boeufs, des ânes, deschèvres : mais il n’y croît point de vin, &l’on n’y voîd point de lièvres. Osl y re-marque,

Ribeiîa RIBERIA GRANDE , la Capitale decaries toute l’Ue, qui est une-belle ville, gran-de, bien peuplée, & bien fortifiée; avecun très-bon port, défendu par une forte-resse importante. Là résidé le Gouverneur,avecun Evêque, qui est suffragant dc l’Ar-chévêque de Lisbonne. Ce Gouverneurcommande non seulement sur toutes cesIles, mais aussi fur toutes les Placesque les Portugais polTedent dans la Gui-née.

S-DOMINGO est une belle ville, dé-fendue par un Château.

S. JAGO ou S. JAQUES , est unegrande ville , qui a été dès le commence-ment la Capitale de file ; mais commeelle n’est pas bien fortifiée; tellement qu’el-Je a été plusieurs fois prise & pillée, on atransféré ailleurs les Tribunaux.

PORTO RIBEIRA CORREA,PORTO DE CANISOS, & S. MARIEfont trois bons ports.

PRAYE est un bon bourg entre deuxmontagnes, environné de rivières.

IX. L’ile de FEU est ainsi appellée,parue qu’ils’y trouve un Volcan, ou Mon-tagne qui vomit du feu & de la fumée. Al’Occident il y a un grand port, large &profond, qui est couvert par un Château,où l’on tient toujours garnison.

X. L’ilc BRAVA est deserte&inhabi-tée. Cependant elle produit du vin, desfigues, & divers autres bons fruits, & àl’Occident elle a quelques fontaines d’uneeau très-bonne , où les vaisseaux , quipassent, vont ordinairement faire provisiond’eau.

Aii:* i. L’air de ces Iles est chaud & fort mal

3r*

sain ; & depuis le mois de Juin jusqa’à ce-lui d’Octobre il y pleut presque perpétuel-lement avec des orages. QuelquefoisPair est rempli de nuages aussi rouges quedu bois de tanneur.

2. Le terroir u’y est pas le même par tout. TtrKI *Les unes comme celles du Se!, de Bmne-

vuè & de Mai , n’ont que du sel & deschevres sauvages ; tellement que le sel &la peau de ces animaux sont tout le pro-fit qu’on en tire. Les autres produisentdu ris du maïs, des oranges, des citrons,des limons, des figues , des meures, desbananes, des cocos, des grenades & desmelons. On y faitdu vin, du sucre &ducotton; &la récoltés’y fait deux fois fari-née. Les chevresy multiplient tellement,qu’elles font souvent trois ventrées paran, & quelquefois jusqu’à 4, chevreauxd’une ventrée. Le commerce, quis’yfair,consiste en vin, en sel, en chair salée, 5 cen peaux de chevres.

3. Je vois que la plupart des Géogra-phes prétendent que les anciens ont con-nu ces Iles fous le nom de Gorgades". maisaprès avoir examiné l’endroit où*Melaei\parle , la chose me paroit fort douteuse,pour ne rien dire de plus. Quoiqu’il ensoit, ces Iles avoient été inconnues &ignorées, durant plus de mille ans , lort-qu’ Antoine dn Noie , Génois, les décou-vrit l’an I44J. fous les auspices & pour leservice à'Alphonse V. Roi de Portugal.

Elles étoienc alors désertes, & trenteans après ou environ, les Portugais y en-volèrent des Colonies , & ils en font de-meurés en possession.

4. Us y ont introduit leur Réligíon Ca-tholique Romaine: il y a quelques misé-rables Esclaves Negres,'qui n’ont pas gran-de réligíon.

* L il*. Ì- Cap. 3, i I, till.

MA

L11 n

table