8^ GEOGRAPHIE MODERNE. Part. III. DE L’AFRIQUE.
y faire provision defruits,dechair,&d’eaudouce, qui y est très-bonne. La montagne,qui occupe la plus grande partie de cetteIle, est toute remplie de Cochons Sauva-ges, iíìus des prémíers Cochons que lesPortugais y menèrent, & qui ont multi-plié merveilleusement.
Durant un long espace de teins, il sem-bloít, que les Nations de V Etirage étoienttacitement convenues de laisler cette Ileen commun, pour l’usage de tous les vais-seaux qui vont aux Indes , & qui en vien-nent. Mais lès Hollandais s’en étant em-parez vers le milieu du Siécle dernier, lesAnglais la leur enlevèrent l’ân l66z. & ilsen^font demeurez Maîtres, f our s’en con-server la possession, ils y ont bâti quelquesForts; car on dit qu’ils aiment extreme-ment cette Ile.
ssu Midi de cette Ile, depuis le 20 de-gré de latitude, jusques fous le Tropiquela Mer paroit en plulìeurs endroits couîareaílè. verte d’ùn herbe, fort dangereuse pour les' ^ " Vaiíleaux, nommée Sargajje La mêmechose se voít aussi.sous le 1 ropíque oppoïé , entre les Iles du Cap Herd & les A-f&es.
CHAP. XVIII.
Iles de l r Afrique , qui font -vis-à-vis dt lacôte Orientale..
/''V n voît untrès grand nombre d’Iles detoute grandeur, vis a vis & le longdes côtes Orientales de PAfnque. Je mecontenterai, de remarquer les principa-les.
I. MADAGASCAR.
r. L’ilc de Madagascar est la plus con-sidérable, Ôt même la plusgrande Ile, qu’ÍIy ait au Monde. Les Portugais qui Pontdécouverte Pan ifoó l’avoient appelléeLaurent , parCe qu’ils louvoient apper-çuë pour la prémiére fois le jour de la fêtede ce Saint; & les François qui vers k mi-lieu du Siécle dernier, y avoicnt fait unétablissement, ont voulu íui donner le nom(s lie Dauphine f'-m ióóy. mais les habit an SPont appellée -Madagascar , e’elì à-dire enleur langue, Lie de ta Lune: & ce nom, à
ce que je vois, Pa emporté fur tous les au-tres.
2. Elle est vis-a-vis des Côtes de Za»-sU\uúonguebar & des Cafres entre le 60. & le 68 Si L«àê>degré de longitude > êt entre le 1 1. & le 26.degré de latitude Méridionale. Elle à 336.lieues françaises en fa longueur, du Nordau Sud, depuis le Cap Natal, juíqu’au Capò\ Marie ,120. dans fa plus grande largeur,
& 800. de circuit. Elle n’est pas par toutégalement éloignée de la Terre ferme.
Dans le milieu de fa longueur, elle n’èstqu’à 60. lieues de la côte de Mozambique ;mais au Noru & au Sud elle s’éloigne dcla Côte d’environ 200. lieucTQuelques Géograpnes ont crû que cetteIle est la Ménuthias des Anciens, mais Hos-Jìus dans les Notes fur Meta prétend, &
(ce me semble) avec raison, que ces Au-teurs se trompent , & que Ménuthias estcette petite lle,qu’on nomme aujourd’nuiZanzibar qui est à y. degstz plus haut auNord,St de beaucoup plus près delaTer-re-ferme.
3, L’air de Madagtffiar est tempéré, doux* Air, &pur & sain, L’ile.est parsemée de mon- relI0 ' £ *tagne> & defoiêts, & arroíée d’un grandnombre de rivières , qui contribuent enmême cems & à la température de Pair, &à la fertilité de la terre. On y voit quel-queterrs des vieillards de 120 ans. Si cetteIle étoit entre les mains d’un peuple indu-strieux & bien uni, ce scroit un vraiPara-dis terrestre. Le terroir y est fertile entoutes choses, & il s’y trouve quantité debons ports. A la réserve du blé, qui n’yvient pas naturellement (mais qui y vien-droit, st on cultivoit la terre) on y trou-ve tout ce qui est nécellaire pour lavie,duris, du miel, du sucre, du safran, desoranges, des citrons, des fruits de quatreou cinq fortes de palmiers des melons ,diverles sortes de légumes. Et pour cequi peut íervír au commerce > on y trou-ve du gingembre,de la soie,du cotton, de.la cire,des pierres précieuses,de Pyvoire,de îa muscade ,de Pebene, de l’ambre gris,du bois de brelii, du laadal rouge, jaune& blanc, enfin des mines d’or & d’argent.
Mais Por de cette Ile ne passe pas pour êtrebien fi" ni bien pur. Les-montagnes &les forêts font remplies de bêtes sauvages-,
comme