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[Tome troisième - tome quatrième.]
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Tabasco

Cayic.

8 5 tí GEOGRAPHIE MODERNE Part. IV, DE L’AMERIQUE.

généralement beaucoup plus gros. II yen a qui ont jusqu’à y. & 6 piez de tour.La seve en est blanche, & le cœur rouge;

& l’on se sert beaucoup du cœur pour lateinture. Quelque tems après que cet ar-bre a été coupé, il devient noir; & si onk met dans seau, il lui donne la couleurd’encre ; & l’on s’en sert même quelque-fois pour écrire.

II y a dans ce païs-là, & dans ceux duvoisinage, divers animaux rares & singu-liers ;des Linges fort laids, plus gros qu unlièvre,qui portent une queue de deux piez& demi de long, & qui rodent toujourstrente ou quarante de compagnie par lesbois; une espèce d’ours, qui fe nourrit defourmis; un autre anima! à 4. piez, qu’onnomme le paresseux , qui fe nourrit desfeuilles d'arbres, & qui est si lent à fe re-muer , qu’après avoir mangé toutes lesfeuilles d’un arbre,il met y ou 6 jours à endécendre,poar monter íur un autre, quel-que près qu’il soit.

Ce païs est rempli de fourmis groíTes &petites, de toutes sortes de couleurs, quifont leurs nids fur les grands arbres, lesplaçant au haut du tronc entre les bran-ches. On y voit aussi, des araignées d’unefl prodigieuse grosleur , qu’elles égalentpresque le poing d’un homme. Elles ontdeux dents ouplutôt deuxcomes, longuesd’un pouce & demi ou de deux, & grossesà proportion, noires comme du jaiet, &polies comme du Verre, & pointues au boutcomme une épine. On s’en sert pour cu-rer les dents, & pour nertoier les pipes.Ceux qui voudront s’instruire plus au longfur les raretczde ce païs-là, peuvent con-sulter le Tome 3 dessalages de Dampter , oul’Extrait qu’en a fait M. Bernard, Nouv.Jiep. des Lettres : en Mai iqox.pag. 517.&les suivantes.

§. V. La Province de TABASCO.

La Province de Tabasco est aussi fur leGolfe du Mexique , au Sud-Ouest de laPresquile de Jucatan. Elle est petite, maisriche en blez & en pâturages. Elle est ar-rosée de deux rivières: Tabasco, qui la sé-pare de la Frovince de Guaxaca ; & Grial-va, qui arrose le milieu du païs.'

TABASCO, la Capitale du païs, estpetite, mais fort peuplée.

VITOKIA ou NUESTRA SEGNO-RA DE LA VITORIA, ou NOTREDAME DE LA VICTOIRE, est unegrande ville à deux lieues de la rivière deGrialva. Elle étoit autrefois beaucoup plusgrande & plus peuplée; & quand les Espa-gnols s’en saisirent, l’an iyzo. on y com-ptoit zy. mille familles, & ses habitansl’appelloient Potanchan. Et comme ce futli prémiére ville de la Terreferme de Ì'A-merique, qui fut prise d’assaut, pour cettecause on lui donna le nom de Fiíloire. M aisdepeurqu’elle ne devint enfin déserte, par-ce que la plupart des habitans avoient ététuez ou brûlez, Ferdinand Cortex qui ]’»-voit prise , renvoia quelques prisonniers,

& leur donna ordre de dire au Roi, quts’étoit sauvé, qu’il revint avec ses Sujets,à condition qu’ils ne mangeroient plus dechair humaine, qu’ils abatroient les sem-ples & les Autels de leurs Idoles , qu’issserviroient le vrai Dieu , & qu’ils fe fou-mettroient au Roi d 'Espagne.

H. vt. La Province de TLASCALA.

II nous reste à parler de deux Provinces',qui tiennent toute la largeur du Mexique ,s’étendant de la Mer du Nord à celle duSud.

Celle de Tlascala , la plus considérabledes deux, est à l’Orient de la Province deMexique , & s’avancc au Nord jusqu’à cel-le de Panueo ; aiant à l’Orient celle deGuaxaca. La rivière de los Topes, qui sejette dans la mer dudW,àó. lieuësài’O-ríent d ’Acapnlco-, lui sert de borne du côtédu Mexique. C’est de cette Province quevient la meilleure Cochenille.

TLASCALA , ou TLAXCALLAN, n-Càla Capitale,est une belle ville bâtie sur unehauteur, dont le pié est lavé par la rivièrede Los Topes , au milieu d’une campagned’environ60. milles de circuit. Cette cam-pagne est fort fertile en blé; & c’est ce quia fait donner à cette ville le nom qu’elleporte, qui en langue Indienne, signifie unpain bien fait- Les habitans font la plupartIndiens originaires du païs,

Les autres villes remarquables dans cette

Province íont,

LES ANGES, grande ville au milieu

d’une belle plaine, qui est entourée de mon-tagnes & de coteaux, où l’on nourrit quan-tité