Band 
[Tome troisième - tome quatrième.]
Seite
855
JPEG-Download
 

Chap. V. DU CANADA.

8ff

tais, avçc un bruit effroiable. C’est cequ’on appelle le Saut de Niagara. Le lacsOntario est lojig de 80. lieues, & large de2s. à 30.

L’eau de tous ces Lacs est bonne a boire,Si la Navigation n's est pas difficile; &dufond dula cllinois, on pept aisément alleren barque l’espace de 400. lieues, par troisLacs de fuite, jufqu’au grand faut ácNiagara.

C’est à P issue de ce Lac Ontario , que leS.Laurent prend la figure d’une rivière enforme, qui couleàl’Orient, Sc va sejetterdans lamerdu Nord, où elle forme un grandGolfe, entre l 'Madie ôc Pile de Terre-neuve.

Cette Rivière en reçoit encore plusieursautres au Nord & au Sud , qui lbnt trèsconsidérables :

A u Nord les rivières des Outaouacs, desTrois-Rivières , de Saguenat &c.

Au Midi la Rivière de Champlain, quifort d’un lac de même nom

La rivière de Saguenai , coule du Nordau Sud dans la Province du même nom;

•& fe jette dans le fleuvede S. L-anrcnt , purune embouchure qui n’cst guer.es moins lar-ge que celle du Danube. En quelques en-droits elle est plus large, & a»200. toises deprofondeur. On y pêche des baleines , cequi fit croire au commencement à quel-ques Mariniers, quec’étoit un Détroit demer , & non pas une rivière , tellementqu’ils y cherchèrent un passage, pour pé-nétrer dans la Chine , mais inutilement.Habitai» Les anciens habitons d u Canada í'om par-

ducanaáa.ragez en plusieurs Nations, de difterentesLangues ; les plus considérables font lesAlgonquins au Nord, les Troquais i POrient,autour dù Lac Ontario ; les liinois à l’Occi -dent & au Midi, & les Murons au milieudes autres.

teWS Tous ces peuples font sauvages, fans au-Mocuss. cune forme de religion, ni de Gouverne-ment, n’aiarirni Luix, .ni Juges, ni Prê-tres. 11s ont naturellement le teint asterclair , mais ris sc le rendent bazané parles graisses dont ils fe frottent. Quel-ques uns même sc peignent le visage dediverses couleurs. 11s font paroitredansleur conduite & dans leur conversationbeaucoup de bon sens &dq.droiture d’ame11sont un grand respect pour les vieillards.

Ils font fort circonspects dans leurs paro-les & dans leurs actions. Ils n’ont pointd’heures reglces pour les repas, &-man-gent quand ils ont faim. lis ne connoi'f-íènt point i'u sage du sel ni des épiceries,& ne peuvent les foufrir: leur manièreor-dinaire d’aprêter la chair, c’est de bouillir& de rôtir. Leur nourriture est ce qu’ilsprennent à lachasteouàlapêche. 11saimentparticulièrement le tabac & la danse; & cé-lèbrent de certaines fêtes,où ils passent desnuits entières à fumer & à dan fer. 11s vivententr’eux fans bruit & fans querelle , parcequ’ils ne connoiífent ni l’ambition ni Pa-vanée, vivant du jour au lendemain fanssc mettre en peine de l’avenir. Ils n’ontpoint Pesage de récriture, mais ils saventexprimer assez indùstrieuíèment leurs pen-sées par des figures hiéroglyphiques. Usíont même fort habiles à faire des Cartesde leur pais & de ceux qu’ils connoiíîënr.Leur année est Lunaire, composée pourìa plupart de douze mors Lunaires Synodi-q u es, & au bout de trente Lunes, ils enlaií’ènt toujours palier une surnuméraire,'qu’ils appellent la Lune perdue. 11s s’ha-billent de peaux d’animaux, & portent descollets & des brasselets. On remarque cet-te particularité dans la Langue des MuronsSi des Iroqmis-, qu’ils n’ont point les lettresLabiales , b. f. m. p. tellement que cespeuples ne peuvent jamais venir à bout deprononcer les mots, où ces lettres entrent.Les armes de ces peuples font Parc & Va.flèche; ilsgarnissent la pointe de leurs flê-cnes de quelque arrête de poisson, au dé-faut du fer. Us ne fon t pas fort courageux',

<St isolent pas sc bazarder cn bataille rail.gée ; quoiqu’íls fassent un grand cas d’uahomme courageux. Les llinois font gensassez doux & humains, qui ne demandentqu’à vivre en paix; mais les Murons & leslroquois , qui fe trouvent les plus proches.voisins des François, lbnt plus inquiets; &déplus Traîtres,cruels & anthropophages.Les Manfois ont eu souvent la guerre aveceux; enfin pourtant ilsont fait la paix en-semble.

Quelques-uns de ces peuples n’ont pointde demeure fixe, & vont errans de lieu enlieu; lis ont des Capitaines qu’ils sc choi-sissent eux-mêmes pour les commander;

& ne font jamais rien lans lés consulter, mais ces Capitaines n’ont que rnonneur

de