Chap. V. DU CANADA. 8)-?
La rivière de Mìjsijsipì y prend sa source,bien avant au Nord, (car on ne l’a pas en-core trouvée,) & coulant tout droit duNord au Sud, elle vaarroíer la Floride.
M. le Baron de la Hontan nous aprenddans ses Relations, qu'il en a découvertune autre à l’Occídent du Mijftjsipi,i St quií'e jette dans cette dernière. II lui donneJe nom de Rivière morte ou Rivière longue.L’eau de cette rivière est dégoûtante. sesbords font affreux, & le poisson qu’on yprend sent la vase. Mais d’autre côté cetterivière est la plus droite, & la plus calmequi soit au Monde ;& fort navigable, pou-vant porter jusqu’à des barques de 50. ton-neaux. II dit qu’i! a navígé contre le cou-rant de cette rivière, durant iz. jours , ti-rant toujours à l’Occidenti& qu’il a trou-vé fur ses bords, plusieurs Nations Sau-vages, inconnues aux Européens , qui ontde la douceur & de l’humanité, & qui re-çoivent bien les Etrangers. Les prémiersson t les Eokoros , puis EJfanapés , & enfinles Gnacjitares.
Les EJfanapés occupent cinquante lieuësde pais le long de la Rivière longue , & leurChef demeure au centre du pais dans unvillage, qui pour fa grandeur, mériteroitle nom de ville. Ils croient une espècede métempsycose; supposant que les ainespassent d’un corps à un autre.
Les Gnacjitares ne font pas éloigner duNouveau Mexique , & connoissent \zs Espa-gnols ás cepaïs-là.Ilsont un Roi qui exerceun empire absolu sur eux.
Ce Voiageur ajoute qu’il a vû chez leRoi des Gnacjitares quatre Esclaves de laNation des Mozambecs , qui étoient vécus,qui portoient la barbe touffue & les che-veux coupez au dessous de l’oreille. Quele pais des Mozambecs est le long d’une ri-vière, qui tire fa source d’une chaîne demontagnes , où la Rivière longue prendaussi la sienne- Que ces peuples habitenten de bonnes villes murées', situées fur ungrand Lac salé, à 1’embouchure de leurrivière, qui coule toujours vers le Sud :Que cette Nation des Mozambecs est grande&puisla»te; Qu’on y travaille en étoffes delaine, qu’on y fabrique des haches de cui-vre & des autres ouvrages; Qu’ils font gou-vernez par un Prince, qui exerce fur euxune autorité absolue.
Le feu Roi deFrance a donné, Pan 1714.à un Banquier François nommé Crozat , lepouvoir d’envoier des Colonies dans laLouisiane , &d’y faire le commerce lui seul.
II. La partie Septentrionale du Canada.
.Au Septentrion des pais du Canada , quejeviens de décrire,il y a encore une gran-de étendue de pais, qui s’avance auNordjusqu’à la Baie & au Détroit de Hudfon ;mais qui n’a rien de fort capable d’attirerles Etrangers, étant froid & stérile. LesEuropéens ne Pont découvert que par ha-zard, en cherchant quelque pastage pouraller à la Chine, cependant ils ont donnéquelques noms aux principales parties dece païs-Ià.
r. Le Labrador , ou Laborador , est U Hgrand pais au Nord de la Nouvelle France ,borné à POccident par la Baie de Hudfon,au Nord par le Détroit du même nom,&à l’Onent par la Mer, qui le sépare de laGmenlande.
Jue terroir y ett ítérïle: ce pendant on y ‘trouve quelque peu d’or. Les habitans,qu’on nomme Esquimaux , sont cruels &anthropophages.
z. Le Nouveau Pals de Galles est cette re-tendue' de terre qui occupe les côtes Occi-dentales de la Baie de Hudfon , depuis larivière de Bourbon tirant au Nord. LesFrançois & les Anglais y ont construit quel-ques Forts fur les rivages de la Baie. Dureste ils n’y ont établi aucune Colonie.
3. Le Nouveau Danemarc est encore plusavant au Nord sons le méme Méridien,
& n’est habité que par des Sauvages sortbarbares.
Dans tous ces païs-là Pair est extrême- Qfialírez.ment froid; & le terroir stérile. On u’yvoit que des rochers, des montagnes, desprairies & de vastes forêts peuplées d’aui-maux íauvages, de differentes espèces, en-tr’autres d’Ours blancs, fort dangereux.
Les habitans se nourrislent de leur chasse Hibkws,& de leur pêche, se peignent le visage &le corps,habitent des cabanes couvertes depeaux d’animaux, & s’habillent aussi dede ces peaux : Quant à leur Réligionl’on n’eri fait autre chose, sinon qu’ilssontIdolâtres.
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