Chap. VI. LA TERRE FERME. 867
Christophe Colomb , à causede la beauté de-sa situation, est sur la côte duNord,_vis-à-vis de Panama. C’est une belle ville,avec un bon port, & deux Châteaux, quiJe couvrent. C’est là qu’on débarque &qu’on embarque toutes les marchandises,qui viennent d'Espagne pour l ePerou, oud U Perou pour YEspagne. François DraakAnglois la pilla Pan 13-72. & depuis cetems-là elle a été encore pillée plus d’unefois par les Ennemis de Y Espagne. Elle futbâtie des ruines de la ville de Nombre deDins, ou Nom de Dieu, qui étoit à f. lieuesde là à l’Orient; mais qui fut abandonnéeà cause de fou air mal-sain.
Les Ecossais avoient entrepris d’établirune Colonie de leur Nation Pan 1699.dans le Golfe d'Uraba , à Pembouchuredela rivière de Darien. Ils y avoient déjàconstruit une petite ville, pour loger cinqcens familles, qu’ils avoient appellé New-Eâimbourg. Us avoient déjà fait allianceavec les Indiens du pais, & tiré une quan-tité passable d’or &d’autres marchandises;Mais les Espagnols regardant cette entre-prise, comme une invasion injuste u'unpais, qui leur appartenoit, s’y opposèrentde toute leur force, St par la voie de la Né-gociation, & par la voie des armes. Etcomme le feu Roi Guillaume , qui étoit a-lors en paix avec YEspagne, & qui ména-geoit cette Couronne, pour les raisons quechacun fait, ne voulut pas rompre avec El-le pour ce sujet, les Ecossais furent con-traints d’abandonner leur Colonie, & dechercher fortune ailleurs.
Ces habitans naturels de ce pais-là , quiHabitais. en occupent la plus grande partie, ont or-dinairement le teint olivâtre, & les che-vaux noirs, qui leur pendent jusqu’au mi-lieu du dos. Les hommes font droits,forts & bien faits; vifs, actifs, agiles St fortvites à la course. Mais les femmes fontpetites, ont la taille épaisse, & moins devivacité que les hommes. Les uns St lesautres sc peignent tout le corps, & fur toutle visage, où ils tracentgroflîérement di-verses figures d’oiseaux, de bêtes, d’hom-
tnes, d’arbres &c. Leur exercice ordinai-re est la chaste & la culture de la terre; oùleurs femmes scment le maïs. Leurs ar-mes font l’arc, la flèche ct le javelot. Lesgardons & les filles sont tous nus jufqu’à
l’âge de puberté, après quoi les uns & lesautres couvrent feulement les parties, quela pudeur ordonne de cacher. Quelques-uns d’entr’eux tiennent plusieurs femmes,&l’adultère est puni par la mort des deux cou-pables. La peine de la femme est le feu.
Le vol y est aussi puni de mort.
S. u. CARTHAGE'NE.
Le Gouvcrnemenu de Carthagène , est Bonissborné par deux Rivières, au Couchant parcelle de Darien óc a l’Urient par le Rio Gran-de , que quelques-uns appellent Madelaine ;
& qui la sépare de la S. Marthe ..
Ce Gouvernement a 80 lieues de largede l’Occident à l’Orient, & à peu près au-tant du Nord auSud, jufqu’aux frontièresde la Nouvehe Grenade.
C’est un païs riche en or, en baume,en poivre, eu émeraudes, & en diversesautres marchandises précieuses. Les ha-bitans s’apiiquentà percer Jes perles, qu’ony aporte des Iles.
CARTHAGE'NE > la Capitale de ce CaitbagíneGouvernement , est fur la côte , avec un Ca t’ it ’bon havre couvert d’une petite Ile. Et c’estcette rellemblance avec le port de Cartha-géne en Espagne , qui lui en a fait donner lenom. Cette ville est ornée d’une résiden-ce d’Evêque. Elle étoit remplie de bâtí-mens magnifiques, & de richesses prodi-gieuses, lorsque l’an 1697. les français lapillèrent après savoir prise par force, &la brûlèrent. Les Relations qu’on adon-nées de cette expédition ne peuvent assezdécrire la grandeur inconcevable du butinque les français y firent , & les millionsqu’ils en emportèrent.
§.in. S.MARTHE.
Le Gouvernement de S. Marthe, fur lamême côte, est à l’Orient du précédent,dont il est séparé par les rivières de RioGrande ct de S. Marthe-, ct est bornéàl’Oc-cideut par le Rio de la Hache. 11 a/O.lieuesde long de l’Orîent au Couchant, & à peuprès autant du Nord au-Sud , jufqu’auxfrontières de la Nouvelle Grenade.
Ses principales villes font,
S. MARTHE, la Capitale, la résidence Mar . t,1Kd’un Evêque. Elle est fur la côte ; son pori Cai>lt 'est assez bon, & le commerce y est pastà-blement florissant.
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