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[Tome troisième - tome quatrième.]
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Chap. IX. LE PARAGUAI. 877

grossie par les pluies qui tombent des mon-tagnes du Perou.

L’air dupaïs de P draguai est doux, tem-père & fort sain : fans doute la quantité derivières, dont il est arrosé, ne contribuepas peu à cette température. Le terroir yest fertile en blé, en fruits, en coton, en-cannes de sucre, & abondant en pâtura-ges, où l’on nourrit quantité de bestiaux,& particulièrement des chevaux. II s’ytrouve aussi des mines d’or, d'argent, decuivre & de fer. Entre les plantes rares,qui s’y voient,il y en a une, nommée Co -,paribas, dont le suc est un baume d’une ex-cellente odeur , & un remede souverainpour les plaies.

Tout ce païs de Paraguaì n’est pas auxEspagnols seuls. II y a encore nombre dePeuples tauvâges, distinguez par des nomsbarbares, qui en font les prémiers & lesanciens habitans, & ce n’est même qu’avecbien de la peine que les Espagnols ont pûs’y établir. Ces peuples s’exercent desleur jeunesse au manîment des armes, &à la course. Leurs armes font l’arc & lafronde; h l’on dît qu’ils courent aussi vi-te qu’un cheval au galop. 11s n’ont quedes villages, & leurs habitations font delongues cabanes,soutenues par des halles,où plusieurs familles logent ensemble. LesEspagnols les accusent aussi de n’avoir au-cune connoissance de Dieu , & d’adorer leDiable, qu’ils regardent comme leur Sei-gneur.

Le Paraguaì est partagé en six Provin-ces:

Trois au Nord , Chaco, Paraguaì propre,

& Ontiveros.

Trois au Midi, Rio de la Plat a, Par an a,

& Uraguai.

I. La Province deChaco , située à ''Oc-cident du grand Lac, à’òù fort la rivièrede Paraguaì, est fort riche en or.

II. Le Paraguaì propre occupe les deuxcôtez de.fa rivière, & contient peu d’ha-bitations Espagnoles.

On y voit S. FE', VILLA-RICA &MARACAJU.

III. Ontiveros , nommé aussi Guayra,zn-tour de la Parana, est un bon pais. Ony remarque

GUAYRA la Capitale,ville médiocreavec un Siège Episcopal.

CIUDAD REAL, grande, bien bâtie& bien peuplée.

IV. Ri» de la Plata occupe toute la par-tie Occidentale du Paraguaì, depuis I’entrécde la dans le païs. jusqu’à son em-bouchure. C’tst aussi la partie la meil-leure & la plus peuplée de tout le Para-guai.

ASSOMPTION la Capitale de ía Pro-vince, est au cœur du païs, au bord duParaguat. Elle est la demeure d’un Gou-verneur, d’une Audience Roiale , & ct’uuEvêque.

BUENOS AIRES, bâtie Pan 15-40.est une bonne ville marchande,à I’embou-chure de la Plata. Ses rués font tirées aucordeau, comme toutes celles des autresvisles du nouveau Monde. Elle est lon-gue & étroite le long de la rivière. Le bonair qu’on y respire lui a fait donner le nomqu elle porte j & les saisons y font bien ré-glées. L’hiver y est fort pluvieux , lesvents font impétueux,& les tonnerresfré-quens. Les chaleurs y font excessives enEté. Ellesyferoientmême insupportables^fans un petit vent qui le leve tous les ma-tins. Les maisons n’y font que d’un seulétage ; ce qu’on observe sur toutes ces cô-tes, à cause des frequens trembkmens deterre, auxquels on y est exposé. Elle estdu restefortifiée assez légèrement. On voitde chaque côté de cette ville des plainesd’une vaste étendue, & extremement fer-tiles, qui font peuplées de bœufs, de va-ches, de mulets & de chevaux,tous errans& sauvages, & même de chiens sauvages ,qui y font fort dangereux pour les voiageurs.

Les bestiaux y lbnt à lì grand marché,qu’un cheval ne coute qu’un piastre,un hœufou unevache un demi piastre; lis ne con-teur même rien à ceux qui veulent fe don-ner la peine de les aller prendre dans les'Campagnes.

V. Parana autour de la rivière du mêmenom, a les Places suivantes,

S, IGNACE la Capitale, ITAPOA ou

l’INCARNATION, & s.MArÍa

D’IGUAZl.

r/ 1 kPT*' "u Urvaig n’a rien de con- 'fiderable, linon ò. òalvador fa Capitale,

Terres des Je fuîtes.

M. Frezier dans la Relation de son Poiage Tert« àb ss ss 3 à la Jtfanei,