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vent que les ouvrages qui ont le plus mérité vo-tre eltimc et qui vous ont fait le plus refpecteret chérir leur auteur, étaient de ce Condorcet,que l’envie, la médiocrité, l’ignorance, le fa-nalifme, l’intrigue et les préjuges, vous ont lidéfiguré.
Cette tâche eft douce à mon coeur, c’est lareconnaiffance et 1’ amour de ma patrie qui mela donnent. Il eft deux perfonnes qui la rem-pliront mieux que moi. Mais, celui qui, pen-dant plus de douze ans, a vu à chaque inftantCondorcet, quia reçu de lui tous les servicesque le ge'nie dans fa maturité pouvait rendre àun homme tourmente' par les pallions et le be-foin de s’inltruire, celui-là ne peut garder lefdence fans trahir à-la-fois les devoirs les. plussacres.
Condorcet naquit en 1744, à Saint-Quen-tin, d’une famille diftinguee, comme on difaitalors : il eût pu, fans fe donner de peines, par-venir à des places que la majorité des Françaisappelait honorables ; il préféra les feiences. A