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mais aucun n’a mieux fn allier le farcafme ou laplaifanterie à la raifon la plus fe'vère, n’a fu cou-vrir d’un voile plus ele'gant, une vérité' qu’ileût e'te' funefie de montrer toute nue.
Enfin, il elt le cre'ateur de la philofophie laplus confolante et la plus encourageante, decelle du perfectionnement inde'fini de l’efpècehumaine.
Condorcet occupera donc dans l’hiitoireune place unique, puisqu’aucun philofophe n’areuni à plus de connoiflances, une tète plusforte et plus faine.
11 avait tout lu et n’ avait rien oublie' ; ilavait lu deptiis les fabliaux jusqu’aux publicis-tes du onzième liècle; depuis le roman du jourjusqu’au recueil de l’academie des belles-lettres;il lifait avec un égal plaifir Eiüer et l’Ariolte,Hippocrate et Voltaire, les recherches fur lesricheffes des nations et la nouvelle He'loïfe;cette univerfalité de connaiflances, cette diver-iite' de goûts, cette mémoire prodigieufe, ceti art de tirer des re'fultats importans de l’ouvrage