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Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain / ouvrage posthume de Condorcet
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Sa fociete était douce; perfonne ne cachaitmoins fes connaiffances et n avait moins enviede les étaler; perfonne ne'tait ou plus timide ouplus embarrafle dans un cercle nombreux et nétait plus gai lorfquiL était avec quelques amis;il parlait alors comme il écrivait la chronique;alors on ne le quittait pas fans être plus inflruitet fans avoir lintention de devenir meilleur;perfonne ne fouflrait plus aife'ment la contradic-tion et navouait fes torts avec plus de franchife.Connaiflez-vous, lui difais-je un jour, les detailsde la brouillerie de Diderot et de Roufleau?Idon ; mais JDiderot était le meilleur des hommes ; etquand on Je brouillait avec lui, on avait toujourstort. il dais, vous?.... J'avais tort.

Tel a ete le fage que lhumanité a perdu,lorsquelle en avait le plus de befoin. Vous quilavez connu, vous le regretterez toujours; vousnaurez dautre confolaLion que celle de rendreauxfciences, à la philofophie, à la chofe publi-que, tous les fervices que vous pourrez lui ren-dre; et vous qui ne lavez vu quau travers des