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Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain / ouvrage posthume de Condorcet
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des gouvernemens et des prêtres ne put empêcher lalangue française, devenue presque universelle, delàporter avec rapidité. Nous montrerons avec quelleadresse la politique et la superstition employèrentcontre elle tout ce que la connoisance de lhommepeut offrir de motifs pour se de'fier de sa raison, dar-gumens pour en montrer les bornes et la foiblessc, etcomment on sut faire servir le pyrrhonisme même àla cause de la crédulité.

Ce système si simple , qui plaçoit dans la jouis-sance dune liberté indéfinie les plus surs encourage-mens du commerce et de lindustrie, qui de'livroitles peuples du fléau destructeur et du joug humiliantde ces impôts répartis avec tant dinégalité', levésavec tant de de'pense, et souvent avec tant de barba-rie, pour y substituer une contribution juste, égaleet presque insensible ; cette the'orie qui lioit la véri-table puissance et la richesse des états t au bien-êtredes individus, et au respect pour leurs droits; [quiunissoit par le lien dune félicité commune les diffé-rentes classes, entre lesquelles ces sociétés se divisentnaturellement; cette idée si consolante dune frater-nité du genre humain, dont aucun intérêt nationalne devoit plus-troubler la douce harmonie; ces prin-cipes séduisans par leur générosité comme par leursimplicité'et leur étendue, furent propagés avec en-thousiasme par les économistes français. Leur suc-cès fut moins prompt, moins général que celui des