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ques possibles, ne peut empêcher de de'fendre haute-ment , dans ces deux langues, les droits de la raison,comme ceux de la liberté?
Mais si tout nous répond que le genre humainne doit plus retomber dans son ancienne barbarie;si tout doit nous rassurer contre ce système pusilla-nime et corrompu, qui le condamne à d’éternellesoscillations entre la vérité et l’erreur, la liberté et laservitude, nous voyons en même-temps les lumiè-res n’occuper encore qu’une foible partie du globe, etle nombre de ceux qui en ont de réelles, disparaîtredevant la masse des hommes livres aux préjugés et àl’ignorance. Nous voyons de vastes contrées gémis-sant dans l’esclavage, et n’offrant que des nations,ici dégradées parles vices d’une civilisation dont lacorruption rallentit la marche; là végétant encoredans l’enfance de ses premières époques. Nousvoyons que les travaux de ces derniers âges ont beau-coup fart pour le progrès de l’esprit humain; maispeu pour le perfectionnement de l’espèce humaine;beaucoup pour la gloire de l’homme, quelque chosepour sa liberté, presque rien encore pour son bon-heur. Dans quelques points, nos yeux sont frappésd’une lumière éclatante; mais d’épaisses ténèbres cou-vrent encore un imtnense horizon. L’ame du phi-losophe se repose avec consolation sur un petit nom-bre d’objets; mais le spectacle de la stupidité, del’esclavage, de l’extravagance, de la barbarie, l’af-
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